Star Wars Ascension


L'Attrait de l'Obscurité — Anhesis

Star Wars Ascension » Malachor V

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  • Posté le Sam 24 Fév - 20:46

    Message n°6933 (1)

Les pensées de Lysander coulaient sur son esprit comme l’eau s’emporte dans le courant d’une rivière. À la fois vives et puissantes, elles transportaient avec elles leur part d’émotions que l’Apprenti Sith sentait venir de loin, approcher, l’effleurer, l’immerger puis repartir sans s’arrêter. Ses deux sabres étaient allumés, un dans chaque main. Il entendait leur vrombissement léger et rassurant. Il était un réceptacle vide sans pour autant l’être jamais totalement, car si le flot se déversait, ininterrompu, il ne le submergeait pas. Rien n’accrochait son attention.
Il y avait la salle d’entraînement. Il y avait les quelques Apprentis qui étaient entrés, un peu plus tôt. Il y avait la porte, qui s’ouvrait parfois. Les regards qui s’arrêtaient de temps à autre et dont il sentait le poids à travers ses sens ouverts à la Force.

Les deux sphères d’entraînement s’agitèrent soudain, et Vadith réagit à l’instant où le canon de tir se braqua sur lui. S’il ne les voyait pas, ayant camouflé ses yeux derrière un masque sans verre, il les sentait comme si les droïdes causaient du remous dans la rivière. Le rayon laser du droïde vint mourir dans la lame rouge du premier sabre, mais l’autre sabre, quant à lui, s’opposa à un projectile beaucoup plus lourd et, surtout, plus inattendu.
Vadith se décala dans une pirouette pour éviter de prendre de plein fouet l’objet qu’il venait de trancher en deux, projeté sur lui avec une force fulgurante. Des ricanements vinrent troubler le flux tranquille en ondes saccadées. Le courant soutenu s’agita, soudainement irrégulier. Des rires imbéciles et reconnaissables.
« Pas mal, pas mal… Pour l’Apprenti d’un traître, doublé d’un fils d’esclaves. »
L’eau sombre s’agita d’une vague qui vint s’éclater entre les murs de son esprit. Brutalement, Lysander eut l’impression de saisir l’âpreté du monde réel au travers son corps, raide et courbaturé des entraînements auxquels il s’exerçait sans relâche, afin de canaliser le mélange de colère et de peur bouillonnant depuis des jours. Un soupir lui échappa, mais il s’efforça de se désintéresser de l’intrus. Il rajusta sa position, quand une voix, féminine cette fois, ajouta :
« Il est beaucoup moins loquace maintenant que tout le monde sait qu’il jouait les cafards dans la prison du District 5, tu ne trouves pas, Rikh ?
— Mon silence ne te donne pas pour autant l’occasion de briller, Jeza. »

Vadith donna un coup de poignet dans le bouton de son masque d’entraînement à l’instant où il entendit l’allumage de deux sabres laser. Son masque se rétracta, libérant sa vue juste au moment où Rikh et Jeza s’avançaient vers lui.
« Tu peux pas imaginer comme ça me fait plaisir de savoir que ton Maître va certainement se faire trucider par les frères de l’Obscur… Je n’ai jamais pu voir ta tronche en peinture, Vadith, je suis sûr qu’on nous remercierait de te faire disparaître.
— Vous voulez essayer ? Qui sait, l’association de deux incapables, ça vous donnera peut-être une chance. »

Sa hargne parlait avant lui. Rikh et Jeza étaient loin d’être deux incapables et si Lysander avait été d’un tempérament plus raisonnable, sûrement aurait-il évité l’affrontement. Cependant, il ne pouvait pas laisser passer les mots qui venaient d’être prononcés. C’était une occasion rêvée pour libérer la colère. Les sabres laser vrombirent, dansèrent sous les moulinets de poignets de leurs propriétaires, s’entrelacèrent dans un choc qui projeta des éclairs. Il n’y eut ni passe de sommation, ni échanges d’échauffement. Les trois Apprentis s’attaquèrent avec violence, cherchant à tout prix à s’écraser les uns et les autres.
Face à deux antagonistes, Vadith fut celui qui se retrouva le plus vite dans une situation inconfortable. Tel un chat entre deux chiens affamés, il esquivait, se contorsionnait, faisait des entrechats, tandis que ses sabres faisaient rempart pour les empêcher de monter au corps à corps. Il n’avait pas les bases nécessaires pour combattre efficacement en Jar’Kai, et il le ressentait tant psychiquement que physiquement. À la première occasion, il se débarrassa du sabre qu’il tenait dans sa main droite et fonça à l’attaque de Jeza. À l’instant où il bondit, une aura noire sembla investir son esprit. Alors que le Côté Obscur l’envahissait et prenait le contrôle de ses instincts, sa lame lécha le flanc de son adversaire qui s’était reculée trop tard. Un sourire carnassier glissa sur ses lèvres quand son cri de douleur résonna dans la salle d’entraînement.

À la façon dont sa tunique venait de s’ouvrir sur une chair ardente, Vadith sut que celle-ci serait hors-jeu assez longtemps pour qu’il s’occupe du cas de Rikh. Il fit volteface et, s’il vit la surprise qu’il attendait dans les yeux de son ennemi, il y vit plus de haine encore. Les deux Apprentis s’attaquèrent au même moment, mais Rikh avait sur Vadith un avantage qu’il ne possédait pas : une meilleure maîtrise de la projection. D’une seule impulsion, il projeta Lysander en arrière et, profitant du temps que lui octroya ce dernier en se réceptionnant, tendit la paume de sa main dans sa direction.
Lysander reconnut le pouvoir déferlant sur lui pour l’avoir déjà vu utilisé par son Maître. Les flammes de Force fondirent sur lui et, dans un réflexe désordonné, il tendit la main pour arrêter la forme ardente et bleutée qui vint mourir en léchant la tranche de sa main droite. La douleur de la brûlure fut telle qu’il se mordit la langue dans un hoquet de stupeur. Néanmoins, il avait retenu les flammes. L’effort lui crispa le visage, mais Vadith les força à se résorber.

« Brûle-le, Rikh ! » cracha Jeza entre ses dents.
Les flammes fusèrent de nouveau sur lui, mais l’Apprenti s’y attendait. Il se propulsa dans les airs, pour atterrir dans le dos de son adversaire. Sans se retourner, il fit pivoter son sabre dont la pointe caressa le dos de Rikh. Une noire satisfaction le submergea quand il sentit son assaillant mettre genou à terre en hurlant. Vadith fit volteface et braqua la lame carmine près de la nuque de son antagoniste.
Il y avait quelque chose en lui. Quelque chose qui le pénétrait, l’enivrait. Une force obscure, d’une violence inouïe. Il n’avait, de sa vie, jamais ressenti une telle séduction du Côté Obscur. Il avait le sentiment qu’une voix dans son esprit lui susurrait de trancher la tête de celui qu’il tenait à sa merci. Une fureur malsaine brillait dans son regard, alors que, figé sous la menace de son sabre, Rikh, dents serrées, n’osait pas bouger. Bizarrement, Jeza n’intervenait pas. Il la sentait, figée à quelques mètres de la scène, manifestement inquiète. Et cette Force, cette Force Obscure… Elle ne venait pas de lui. Pourtant, elle le happait, lui tournait l’esprit.

« Ne croise jamais ma route hors de l’Académie. »
La lueur rouge de son sabre disparut soudain. Vadith rangea son arme à sa ceinture et braqua un dernier regard meurtrier sur Jeza. Celle-ci ne le regardait pas, cependant. La twil’ek fixait plutôt une silhouette sur le pas de la porte, une silhouette qui lui faisait manifestement peur. Elle protégeait son flanc, haletante, mais n’osait manifestement pas faire un pas pour aller à l’infirmerie de l’Académie.
Lysander se retourna, et son regard tomba droit dans celui de lord Canem.
Cette Obscurité… C’était elle. Un frisson lui remonta l’échine. Pourtant, la colère occultait bien trop son esprit pour que Lysander ait la présence d’esprit de s’inquiéter, ou de craindre l’effet que l’aura d’Anhesis avait sur lui. Instinctivement, l’Apprenti se courba devant la sœur de l’Obscur. Le sang, agrégé à son cerveau, lui fit ressentir un léger vertige, et il resta courbé une seconde de plus que nécessaire, tandis que l’épuisement effritait la haine intense l’ayant animé un instant plus tôt.
« Pardonnez cette pathétique démonstration de force, Lord Canem. » murmura-t-il d’une voix grave et basse, presque ronronnante.
La douleur dans sa main vint à l'assaut de sa psyché, et il se redressa avec une grimace, sans regarder sa main droite, sévèrement brûlée sur l'extérieur.
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  • Posté le Sam 24 Fév - 21:35

    Message n°6935 (2)

Le Lord directeur avait outrepassé les limites à ne pas franchir. Pourtant étrangement peu étonné, Anhesis avait accusé la nouvelle sans même levé un sourcil. Elle avait voulu lui faire confiance mais bien vite la méfiance était revenu au grand galop et elle n'avait pas hésité une seconde à faire savoir sa façon de penser au Lord directeur. Mais à présent, découvrir qu'il avait massacré trois personnes et juste sous son nez, lui donnait la nausée. C'est dans ce genre de moment où la chienne trouvait son existence particulièrement morne. Certes on ne pouvait pas être partout à la fois, on ne pouvait pas sauver tout le monde, mais tout de même... La culpabilité enserrait son cœur comme un étau. Cette situation l'obsédait au plus au point et alors que le triumvirat était déjà en quête de preuve à user contre Gaben et à savoir si d'autres cadavres trainaient dans ses placards, l'exécutrice quant à elle avait eu la bête idée de vouloir garder un œil sur l'apprenti de Gaben. Eryndal lui était déjà sans doute passé dessus, mais qu'importe, elle devait voir ce gosse de ses propres yeux, savoir à quoi elle avait à faire et en bonne prédatrice qu'elle était, Anhesis avait rapidement trouvé sa proie....

Il était là, cherchant simplement à s’entraîner. Mignon garçon aux airs ronchon. La frustration se lit dans son regard et la colère dans ses gestes. Qu'est-ce qui le perturbe le plus, savoir son maître coupable de crime contre les innocents sous la protection du seigneur noir ou bien l'acharnement de ses comparses apprentis ? Les deux peut-être, un cumulent de choses sans doute. La chienne reste là à l'entrée de la salle, accroupie et les poings fermés. La femme est en appui sur ses jointures, les muscles tendue sous les tissus de sa tenue d'officine. Pas un mot, mais elle observe attentivement. Les gestes, les regards, écoutent les paroles. L'injustice cruelles dont font preuve ces gamins envers leur comparse qui se voit payer pour les crimes d'un autre. Ils accusent sans même se rendre compte que leur propre comportement ne vaut finalement pas mieux pas que celui de Gaben ou de la rébellion. Anhesis pourrait intervenir, là maintenant, tout de suite. Mais non, elle ne bouge pas, restant dans son petit coin sombre à fixer l'apprenti Vadith qui se débat, s'acharne pour conserver son honneur et sa dignité. Sans grand étonnement, il y parvient non sans y laisser des plumes. Un grondement sourd fait vibrer la gorge de la sinistre créature accroupie alors qu'on remarque enfin sa présence. Les lueurs des sabres laser cessent, les coups s'arrêtent. Le temps cesse d'avancer durant quelques instants. Lentement, la sombre femme se redresse, prenant une posture plus humaine bien que son dos voûté lui retire toute forme de féminité. Un pas après l'autre, ses pieds nus foulant les tatamis de la salle d’entraînement, elle s'avance et s'approche de la twi'lek en panique. Pitoyable petite chose qui voulait jouer de ses grands airs pour finalement finir terrorisé à la simple vue du réputé cerbère de la main noire. Une de plus....

« Toi et ton ami... Qu'est-ce qui vous donne le droit de juger du sort de l'apprenti Vadith ? »


Car elle n'avait pas seulement toute vue, elle avait aussi tout entendu de l'échange. Ces deux chatons n'avaient pas les griffes assez tranchantes pour savoir user du triumvirat comme moyen de pression. D'un geste vif, la main d'Anhesis attrape une des lekku de la femelle et tire vivement dessus, la faisant tomber au sol avant de plaquer son pied sur sa poitrine. Elle avait toujours détesté les twis'lek , simplement par jalousie. Eryndal avait donné trop d'importance à ces créatures, leur simple vue donnait des envies de meurtre à la farouche exécutrice. Elle tire un peu plus sur le lekku, pinçant les lèvres avec une moue d'agacement prononcé et murmure d'une voix sifflante, mielleuse et indéniablement menaçante.

« Tu aurais dû rester avec tes paires... C'est-à-dire dans un bordel où tu aurais eu plus d'utilité qu'à l'académie. Maintenant lèves-toi et dégages d'ici avant que je ne t'arrache la peau pour m'en faire une descente de lit. Emmène ton abruti de copain avec toi ou sa tête trônera en offrande devant les portes du triumvirat. »

Elle retire son pied, relâche la twi'lek et la laisse filée sans un mot de plus. Elle aurait pu faire plus de mal c'est vrai, nettement plus, mais dans ce cas, aurait-elle valu mieux que ces deux idiots ? Ou même que Gaben ? Non, le triumvirat avait l'art, la manière et surtout la subtilité pour faire les choses, s'acharner sur les plus faibles n'avait jamais fait partie de leur principe et aussi bête et méchant soient ces deux gosses, ils n'en restaient pas moins le futur des sith et des membres de cette population. Par définition, si elle avait le droit de les punir pour leur comportement, devait avant tout primer leur protection. Seul avec l'apprenti de Lord Dementis, Anhesis pivote doucement sur elle-même, dardant son regard doré et flamboyant vers la silhouette du jeune sith qu'elle observe avec attention. Elle ne saurait dire s'il éprouvait réellement du remords face à sa prestation ou bien s'il agissait ainsi par peur. Les deux, peut-être ?

« Pathétique n'est pas le mot que j’emploierais, apprenti Vadith. »


Ronronne la femme qui fait un pas vers lui avant d'empoigner son bras. Elle observe la paume brûlée du jeune homme avant de glisser à nouveau son regard dans le sien.

« Tu n'as pas l'air d'avoir une haute estime de tes capacités... » Elle relâche son bras. « J'ai trouvé ton combat... Intéressant. » Elle se détourne de lui, s'accroupissant à nouveau et renifle l'air. « Je sais ce que c'est que d'être traité comme un paria... J'aimerais te rassurer en te disant que les choses s'arrangeront avec le temps, qu'il te suffira de faire tes preuves... Mais les nôtres sont cruels et ont la rancœur tenace. » Elle relève la tête, ses lèvres s'étirant en un frêle sourire carnassier. « Dis-moi apprenti... Qu'est-ce que tu éprouves en sachant ce que ton maître à fait... ? En sachant que ses actes ont indéniablement ruiné ton honneur et rendu ton avenir incertain ? Tu doit être en colère contre le triumvirat, je suppose... »




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  • Posté le Sam 24 Fév - 23:22

    Message n°6943 (3)

Quelle étrange allure… Cette allure qui l’avait surpris, il y avait des années de cela, sur le pas des portes du Triumvirat. Cette Sith au regard sombre mais ardent dont chaque passage précédait des rumeurs partagées entre la crainte et le mépris.
Elle s’avançait, courbée comme un prédateur, passant à côté de Vadith sans s’arrêter. Rikh, qui s’était retourné, avait éteint son sabre laser. Ses yeux jaunes oscillaient entre Lysander et Lord Canem, avant de s’arrêter définitivement sur elle lorsqu’elle empoigna par une lekku celle qui, selon les dires, était sa petite-amie.
La satisfaction gonfla le cœur de Lysander. Rien n’était plus jouissif que d’entendre les paroles de la Sœur de l’Obscur quand ces deux présomptueux avaient usé du Triumvirat comme d’une menace. L’ombre d’un sourire glissa sur ses lèvres quand, non sans un plaisir sournois, Vadith roula un regard rogue sur Rikh. L’Apprenti de Gaben ressentit une nouvelle vague de plaisir à voir Rikh croiser son regard et en éprouver un vif antagonisme.
Il y avait peut-être un peu de justice, dans ce bas-monde.

La menace de l’Exécutrice eut un effet immédiat. En un éclair, les deux trouble-fête avaient filé, sans s’octroyer l’audace de la moindre réplique. Un coup d’œil à la salle d’entraînement lui montra d’ailleurs que les deux-trois apprentis qui étaient restés pour observer le spectacle avaient eux aussi filé sans demander leur reste. Il était désormais seul. Avec Lord Canem. Et cette aura puissante, cette impression étrange et redoutable, qui l’enveloppait un peu plus à mesure qu’elle s’approchait de lui.
Vadith baissa les yeux dans un frémissement. La colère se disputait encore la première place de ses émotions, empêchant l’inquiétude de se manifester réellement. Pourtant, il observait, pour ne pas reculer, les petits pieds nus, noirs d’être livrés à la poussière de l’Académie et aux crasses de l’extérieur, s’approcher et s’arrêter juste devant lui. Il sentit la poigne ferme et légèrement froide d’Anhesis sur son poignet et ravala un exclamation de douleur quand le sang pulsa dans sa chair brûlée, tandis qu’elle élevait la main de Vadith à hauteur de regard. Lentement, les yeux de l’Apprenti remontèrent dans ceux de la Sith.
« Ce ne sont pas tant mes prestations que je regrette, que le vulgaire de la situation. Leur attitude n’est pas digne de leur rang. »

C’était un jugement sans concession, mais il l’assumait parfaitement. Lysander était las de toutes ces guerres intestines. Néanmoins, il savait très bien pourquoi Rikh et Jeza le détestaient autant. Ils ne lui avaient jamais pardonné le fait d’avoir tranché la main de l'Acolyte Jess et de s’en être tiré sans conséquence. L’Acolyte s’était vu octroyée une main mécanique, mais était morte avant d’avoir l’occasion de passer les épreuves pour devenir Apprentie. D’autres avaient saisi l’occasion pour la prendre à revers au détour d’une ruelle, un soir. Ils avaient compté sur le fait qu’elle ne maîtrise pas cette nouvelle main pour n’en faire qu’une bouchée. Une de moins dans le dortoir. Rikh ne lui avait pas pardonné. Si Jess avait été l’amie d’enfance de Jesa, elle avait surtout été la sœur de Rikh.
Pour autant, Lysander n’était pas responsable du choix risqué qu’avait fait Jess en tentant de l’attaquer en traître. Il aurait tout aussi bien pu lui trancher la gorge, mais il avait eu la faiblesse d’avoir pitié d’elle quand sa main était tombée sèchement sur le bitume, son sabre laser roulant jusqu’à une bouche d’égouts.

L’Apprenti Sith se détourna de ces souvenirs. Anhesis Al’Saalomon avait reprit une certaine distance et s’était accroupie, dans cette position étrange qui faisait hausser tant de sourcils. Les paroles qu’elle prononçait à son égard fit sourire intérieurement Lysander, tandis qu’il constatait qu’elle répondait parfaitement à ses pensées. Un sourire que se ravisa de montrer Vadith, d’autant que, sans transition, Lord Canem s’intéressa à ses propres rancœurs potentielles.

« Contre le Triumvirat ? »
La voix de Vadith, douce, un rien surprise, s’éleva à peine. Tentant d’éluder la douleur et l’aigreur qu’il ressentait en pensant au procès à venir, il s’agenouilla, puis s’installa en tailleur sur le tatami. Autant par désir de rester à la hauteur du Lord, à qui il devait le respect, que parce qu’il était physiquement éprouvé. La station debout était moins propice, par ailleurs, au retour de son calme.
« Serait-il raisonné et raisonnable d’éprouver de la rancœur envers une institution qui ne fait qu’exécuter son devoir ? »
Son visage reflétait une parfaite maîtrise, mais son aura bouillait encore.
« N’ai-je pas plus de raisons d’en vouloir à mon Maître ? Je suis en colère, oui. Mais en colère contre les circonstances. » Et de la façon dont Maloran s’est abreuvée du scandale, pensa-t-il. « Lord Dementis a certes fauté, mais il est un Maître intransigeant, qui ne supporterait pas que je m’élève contre l’Ordre de notre cité. Je n’ai aucun droit de jugement sur l’enquête du Triumvirat. »

D’un geste lent, Lysander retira le masque qu’il portait encore, rétracté au-dessus de son arcade sourcilière. Il le posa sur le sol puis éleva sa main valide, un peu tremblante, vers son sac qui gisait un peu plus loin. Celui-ci vibra mollement, mais avec un effort, il parvint à l’attirer à lui. Il en tira une bouteille d’eau et une serviette, qu’il humecta longuement avant de la poser sur la brûlure libérant une chaleur insupportable dans tout son bras.
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  • Posté le Ven 9 Mar - 18:30

    Message n°7659 (4)

Leur attitude n'est pas digne de leurs rangs.
La réplique fait froidement sourire Anhesis dont le regard reste rivé sur Lysander comme un prédateur fixerait un bout de viande . Malgré elle, la femme esquisse un sourire, ses ongles griffant les tatamis alors qu'un rire léger outrepasse ses lèvres pâles.

« Bien au contraire... C'est justement digne de leurs rangs. » Affirme la créature avant de s'approcher un peu plus, penchant la tête sur le côté et susurre sur le ton de la confession. « Après tout... Les apprentis sont poussés vers une vie de rivalité, non ? » Elle se mord la lèvre dans un ricanement. « Ils ne font que ce que l'on attend d'eux... mais toi, petit garçon... oui toi... » Elle siffle sans se défaire de son sourire. « Tu es plus intelligent, hein ? Tu ne joues pas le même jeu... Et tu as d'autres... préoccupations. »

Anhesis voute le dos, lâchant un nouveau rire vibrant de folie, sifflé et grogné avec autant enthousiasme qu'un chien qui serait occupé à dévorer un morceau de viande. Elle étouffe un couinement, secouant la tête et détourne le regard. La femme n'a pas l'air très seine d'esprit, loin de l'image que l'on pouvait se faire d'un membre du triumvirat, radicalement différente de l'attitude qu'elle avait eu quelques instants auparavant face à la twi 'lek. Pourtant elle est bien plus attentive qu'il n'y paraît, attend que le jeune homme donne son avis sur Gaben et tout le drame qui tournait autour de son histoire. De leur histoire. Car indéniablement, Lysander était pris dans ce maelstrom démentiel suite aux actes de son mentor et n'en sortirait pas indemne.

« Une institution... qui exerce son devoir... » Elle rit envers, renâclant comme une bête. « Une... institution ? »  Elle secoue la tête, remuant, gigote, incapable de tenir en place. « Le triumvirat n'est PAS une institution. Il n'appartient qu'à son maître... » Susurre Anhesis en dardant son regard vers l'apprenti. « Il est une extension de lui, de sa volonté... Nous faisons notre devoir, oui, mais parce que nous sommes les seuls à comprendre Daleth, ce qu'il a construit et ce qu'il attend de l'avenir... Et toi petit garçon, qu'est-ce que tu veux de l'avenir ? »

Minaude la femme qui ne détourne plus le regard. Soudainement elle cesse de bouger, se fait de marbre. Plus de rire idiot, plus de sourire. Pas même un battement de cils. Il n'y a rien, comme une machine qui viendrait subitement à se mettre en veille. Silence de plomb, menace pesante. La créature bondit soudainement, plaquant l'apprenti sur le sol et reste à accroupi au-dessus de lui. Le grognement qui secoue sa gorge est totalement inhumain alors que les mains griffues de la femme enserrent le col de Lysander, tirant lentement sur le tissu.

« Petit garçon... Tes mots sont du poison. » Murmure-t-elle en approchant son visage du sien, sa longue chevelure d'ébène formant un rideau malsain autour de son visage au teint cireux. « Il n'y a aucun rapport entre les actes de ton maître et le fait qu'il soit intransigeant avec toi... Il a tué par trois fois, des gens dont il avait la responsabilité... »

Ses lèvres s'entrouvrent, dévoilant une denture prête à se refermer sur le visage du pauvre Lysander qui s'est défait de son masque, sa protection. La bête se fait plus menaçante et elle n'aura aucun scrupule à lui arracher la gorge avec les dents, boire son sang à même sa jugulaire.

« Vous ne comprendrez donc jamais... ? Quand comprendrez-vous ce que le seigneur Daleth attend de nous ? » Elle feule, gronde. « Daleth n'est pas un destructeur, c'est un bâtisseur. Et son peuple est le reflet de son âme... Mais ton maître piétine son œuvre et toi tu parles du triumvirat comme d'une vulgaire institution. » Ses poings se resserrent sur le tissu, elle le secoue alors que son faciès se crispe avec férocité. « Tu es ignare, petit garçon... Autant que l'est ton mentor... Il n'est pas intransigeant avec toi, il est négligent. Il ne t'apprend pas les bonnes choses et toi aussi un jour, tu en payeras le prix. » Et encore, le poids de son corps disparaît alors que la femme libère l'apprenti de sa poigne. Elle redresse dans un crissement de tissu, l'enjambe et s'éloigne d'un pas alors que son regard mauvais scrute la grandeur de la salle d’entraînement.

« Vilain petit garçon, qui finira mangé par les ténèbres... »

Chantonne-t-elle doucement. Alors que la tempête semble passé, soudainement le corps de l'exécutrice pivote et sa main s’abat avec violence sur la joue, le bruit de la gifle magistrale et puissamment dosée, résonne dans la pièce alors que la voix grave de la femme siffle de plus belle, le sérieux étriquant ses lèvres.

« Pour les circonstances. »

Claque sèchement Anhesis qui ne quitte plus Lysander des yeux. Les circonstances... Il avait un toupet et un ego surdimensionné ce garçon, pour parler des circonstances. Mais quelles circonstances ? Gaben avait torturé et tué trois citoyens sans n'avoir aucune raison valable. la seule chose à blâmer dans cette histoire, c'était leur bêtise à croire que tout leur était dû sous prétexte qu'ils étaient des sith.




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  • Posté le Lun 12 Mar - 21:58

    Message n°7807 (5)

L’expression animale sur ce visage pourtant humain avait de quoi faire froid dans le dos, mais Lysander le soutint avec calme, quand bien même il n’était pas d’accord avec ce que lui répondait l’Exécutrice. En tant qu’Apprentis, Rikh et sa copine auraient dû avoir d’autres préoccupations plus importantes que s’acharner dans une haine futile. Ils n’étaient plus des Acolytes, désormais, ils n’avaient plus besoin de lutter entre eux pour survivre et figurer parmi les derniers à respirer encore au sein de leur dortoir. Cependant, des années d’inimitiés ne s’effaçaient pas comme ça. Il fallait bien l'admettre.

L’Apprenti sourcilla. Le sous-entendu ne ressemblait pas à un compliment, bien au contraire. Il n’osa rien répondre, l’observant avec un mélange d’étonnement et de méfiance renâcler, couiner, se secouer comme une bête qu’on aurait piqué sans qu’elle ne s’y attende. Il restait délibérément immobile, tenant sa main blessée dont il oubliait quelque peu la douleur pourtant intense tant l’attitude de la femme face à lui focalisait toute son attention.
Le peu qu’il lâcha tira une nouvelle salve de rires et de gesticulations. Instinctivement, Lysander se tendit. Pas une institution ? Qu’est-ce qu’était alors le Triumvirat ? La réplique d’Al’Saalomon manqua de tirer une grimace à l’Apprenti. Certes, il n’ignorait pas que les Frères et Soeurs de l’Obscur avaient juré allégeance à leur Seigneur Noir. Comme tous les Sith, par ailleurs, mais leur cas était… plus particulier. Cependant, Lysander n’ignorait pas non plus que les Exécuteurs avaient des devoirs auprès des citoyens de Maloran. N’était-ce pas ce qui amenait Lord Canem ici ?

Manifestement, cette dernière avait pris les mots qu’il avait choisi comme une insulte. Il ne comprenait pas pourquoi, mais une petite voix aigre dans son esprit lui chuchota que c’était certainement parce que seuls Anhesis et ses deux Frères pouvaient comprendre. Les lèvres serrées, il laissa s’installer un silence de plomb. Pris dans l’étau du regard de Lord Canem, il n’entendit bientôt plus que son cœur battre lourdement. Elle l’éprouvait. Elle tentait sûrement de lui faire dire quelque chose qui révélerait des intentions pernicieuses. Après tout, son Maître avait tué trois innocents. Il s’y était attendu, mais il n’était pas prêt à affronter l’aura menaçante du Triumvirat.

Soudain, un cri de douleur transperça le silence. La main brûlée de Lysander heurta le tatami dans un petit bruit sourd, mais qui libéra une telle onde de douleur que le visage de l’Apprenti se déforma. Il se mordit la lèvre, qui avait déjà le goût de sang, tandis qu’un grondement roula dans sa gorge alors qu’il tentait de reprendre ses esprits. Lorsqu’il rouvrit les yeux, il vit le regard fou de Lord Canem vrillé sur lui, à quelques centimètres à peine de son visage. À peine a-t-il le temps de se remettre qu’elle tente de le secouer, agrippant le col de sa tunique, acharnée, hystérique, ainsi accroupie au-dessus de lui à lui déblatérer toutes sortes d’accusations, à commencer par celle d’avoir Gaben Davoros pour Maître.

C’en était trop. Sa main valide enfonça ses ongles dans le tatami pour l’empêcher de faire un geste inconsidéré qui lui coûterait très, très cher. Enceinte. Elle était enceinte. Et pas de n’importe qui : de la Main Noire. Elle avait beau être une Sith aguerrie qui ne craignait rien de lui, la créature à l’intérieur de son ventre était pour sa part loin d’être achevée. Si, à l’instant où il le pensait, cela ne lui inspirait plus aucune sorte de compassion, Vadith se rappela que Lord Canem avait assez souffert afin de ne pas se laisser submerger par la haine qui montait en lui.
Enfin, elle le libéra de son poids et, tandis qu’elle chantonnait comme une petite fille, Lysander serra les dents de plus belle et ferma les yeux, engourdi par la colère qui aurait fait trembler sa main si elle n’était pas agrippée au tatami. Prenant une inspiration, il se redressa finalement, étouffant un soupir douloureux quand une nouvelle pulsation irradia sa main gauche. Doucement, il s’installa sur un genou pour prendre appui sur sa jambe droite, avec d’infinies précautions pour ne pas trop bouger son bras. Mais c’était sans compter sur la douce attention de son interlocutrice, qui lui envoya sans prévenir une gifle tonitruante, laquelle lui fit tourner la tête.

Lysander ne bougea pas. Il avait cessé de respirer. La sensation de chaleur sur sa joue était un détail négligeable. En revanche, la brûlure de l’humiliation, elle, était aussi insoutenable que celle élançant son bras gauche. Ses yeux se rouvrirent lentement et il observa la sphère d’entraînement qui gisait au sol. Elle n'avait pas pu la ranger, tout à l'heure. Il se focalisa sur cet objet insignifiant, puis inspira.

Ah, comme il rêvait de quitter cette planète. Comme il rêvait de s’élever dans un vaisseau spatial au-dessus de la calotte glaciaire de Malachor V pour voir de ses yeux les milliards d’étoiles et de planètes scintillantes, promesses d’aventure, d’exploration, de mystères et d’exotisme. Comme il rêvait de s’émanciper des jugements de valeur qu’on lui portait de part sa naissance ou par celui qui l’avait choisi pour Apprenti. Était-il responsable de l’un ou de l’autre ? Non, mais cette créature sordide et hystérique n’en avait cure. Son jugement était déjà fait, et, quoi qu’il dirait, elle retournerait ses propos comme elle venait de le faire. C’était donc cela, la Justice de Maloran. Gaben avait peut-être bien fait de commettre un triple homicide. Cela avait la vertu de lui ouvrir les yeux. Peut-être pas dans le sens où son Maître l’aurait voulu, cependant.

Son regard était toujours détourné sur le droïde lorsqu’il se décida à se lever. L’Exécutrice verrait-elle comme de la provocation qu’il ne lui prête pas plus d’attention ? Après tout, elle venait de le traiter comme un moins que rien sans aucune raison logique, à ses yeux. Il n’avait plus aucune envie de lui donner la moindre marque de respect. Aussi marcha-t-il d’un pas lent, tranquille malgré la tension qui se dégageait de son aura, puis il attira dans sa main le droïde d’entraînement qu’il rangea soigneusement sur la première étagère.  
« Qu’est-ce que vous cherchez, Lord Canem ? Si c’est une raison de m’amener dans vos geôles, ne vous embarrassez pas d’autant de stratagèmes pour me forcer à dire quelque chose de répréhensible, faites donc. Ma parole ne vaudra rien contre la vôtre, et il n’y a pas de témoin, alors allez-y. Là-bas, vous aurez largement les moyens de me faire dire tout ce que vous aurez envie d’entendre et qui vous persuade un peu plus que je ne suis pas digne de Maloran. »

Allait-il au devant de vrais ennuis ? Sûrement, mais à cet instant, seule sa colère et sa frustration parlaient. Il aurait pu envoyer valser le monde entier, et lord Canem avait beau être ce qu’elle était, il avait beau sentir ce frisson désagréable lui parcourir le dos sans relâche, ou encore cette aura malsaine lui tourner autour, il ne pouvait se retenir. Il avait de toute façon le sentiment d’avoir perdu avant même d’avoir pu se battre, mais ce n’était pas pour autant qu’il ne conserverait pas sa dignité. Triumvirat ou pas. Il ne supportait tout simplement pas cette injustice.
« Frappez-moi, humiliez-moi, rien de ce que vous ferez ne m’atteindra davantage que les circonstances actuelles. Oui, les circonstances. Car Lord Davoros a contrevenu à toutes les leçons qu’il m’a données. Car l’un des gardiens était le père d’une amie. Car je connaissais ces hommes, et car je n’ai su sentir ce qui se profilait alors que je croyais connaître la prison. Tout comme je croyais connaître mon Maître. Mais, tout ce que je sais, Lord Canem, c’est que je ne sais rien. Je suis ignorant, en effet, mais cela n’est pas pour moi une honte. C’est une fierté, et c’est un moteur. Un moteur qui m’a toute ma vie durant poussé à en apprendre davantage, à découvrir, à douter. Il s’était retourné, sa voix enflant à mesure de son discours, non pas de rage mais d’une conviction et d’une foi inébranlable. Et je doute. Non seulement de mon Maître, mais de l’avenir, de mon futur, et de Maloran elle-même. Je crois au contraire que, plutôt que de m’emmener vers les Ténèbres, le doute est le sentiment le plus sain que je puisse ressentir dans ma situation. Et quand bien même il est en moi, je persévérerai, je lutterai, contre vents et marées, contre les calomnies, contre le mépris, contre tout ce qui tente de m’arrêter. Car, ce pourquoi je vis, ce pourquoi je transpire, saigne et souffre, c’est la Force. Elle est la raison de tous mes sacrifices, car je ne serai sinon pas digne de l’honneur qu’Elle m’a fait à la naissance. »
Face à Anhesis, dos à l’étagère et plus pâle que quelques minutes auparavant, il reprit son souffle. Sa poitrine se soulevait plus rapidement et sa respiration était bruyante, sans être haletante.
« Je suis né ici, à Maloran, et c’est l’Ordre Sith qui a fait mon éducation et m’a orienté à travers la Force. Vous avez raison : je ne suis pas ici pour m’acharner dans de petites rivalités d’Apprentis ou pour défendre mon Maître de ses propres défaillances, mais pour prouver à Maloran que je mérite la place qui m’a été donnée malgré ma piètre naissance. »

Lysander tremblait. D’émotion ? Réalisait-il la façon dont il venait de s’adresser à la Soeur de l’Obscur ? Ou était-ce cette douleur qui resurgissait, lancinante, impitoyable, maintenant que son emphase retombait lourdement, confrontée au silence lourd de menaces ? Vadith vacilla légèrement, puis s’adossa à l’étagère, avant de détourner les yeux, épuisé.
La colère avait au moins eu le mérite de s’essouffler. Elle laissait cependant le jeune Apprenti dépité par son dangereux élan de sincérité.
L'Obscurité avait atteint un point culminant avant qu'il ne parle, et s'était dégagée de lui avec force, donnant l'impression qu'elle était sur le point de l'emporter dans son tourbillon de rage. Il avait bel et bien perdu son sang-froid, si cela avait été ce qu’espérait Lord Canem. À présent, cependant, il était aussi calme qu'un terrain fraîchement dévasté par un cyclone fulgurant.
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  • Posté le Lun 12 Mar - 22:39

    Message n°7812 (6)

La tension monte d'un cran, la folie s'accumule, insidieuse dans l'esprit de Canem. À bout de nerfs, elle aussi est épuisée. Elle n'a pas eu un instant de repos depuis son entrée en prison et ce, malgré sa condition. Lentement, elle lève la main, observant sa paume rougit sous la force de la gifle qu'elle a asséné au pauvre apprenti et qui déjà, tente de faire entendre sa voix, se disculpant des faits qu'on lui rabâche depuis l'arrestation de Gaben.

« Tu as raison. »


Murmure finalement la femme qui a retrouvé son calme. Anhesis pivote doucement, détaillant Lysander dont la colère et l'épuisement son palpable. Elle ne saurait dire ce qui le lie à cet apprenti mais la douleur qu'elle voit dans ses yeux, cette haine, fait écho en elle, réveillant quelque chose qu'elle semblait avoir tenté de refouler il y a longtemps.

« Regarde moi, Lysander. »

Ordonne l’exécutrice avant de s'approcher de lui vivement. Non ce n'est pas pour le frapper ni l'accuser. Elle le force à se tourner, le prend par les épaules et chercher à capter son regard.

« Tu ne comprends pas ? Ce n'est pas de tafaute. » Siffle-t-elle avant de prendre le visage du garçon entre ses doigts, le secouant doucement. « Tu n'as rien à justifier auprès de qui que ce soit ! Réveille-toi ! Gaben est le seul à devoir payer pour ses actes, ses choix ! Tu es son apprenti mais tu n'as pas à te justifier de quoi que soit... »

Dans un long soupir, les mains Anhesis glissent le long des joues du sith, soutenant son regard. Elle n'a plus la même attitude, le fixe même avec une pointe de tristesse avant de murmurer doucement.

« Tu n'as rien à prouver apprenti Vadith... Tu as ta place à Maloran comme n'importe qui d'autre, ne laisse jamais personne te faire croire le contraire. Est-ce que c'est clair ? »

Voilà donc ce qui l'avait touché chez lui, ce même sentiment d'insécurité, le rejet. L'abomination qu'elle était n'avait de cesse d'être pointé du doigt malgré les nombreux efforts qu'elle offrait pour remonter dans l'estime des gens. Anhesis avait beau travailler, sauver des vies, préserver les citoyens... Elle restait aux yeux des leurs, une indicible créature qui n'inspirait que la crainte et le dégoût. Pour eux, elle n'avait aucun honneur. Mais force était qu'elle avait compris une chose, l'honneur était surfait. Elle avait appris à vivre et se détachant du jugement d'autrui. Lysander devait parvenir à en faire de même. Dans une gestuelle probablement inattendue, la chienne lui crochète la nuque et le tire à elle, venant le serrer dans ses bras. Elle-même ne sait pas trop pourquoi elle éprouve le besoin de le réconforter mais elle essaie.

« Oublie les Lysander... » Chuchote la créature à son oreille, sa main frottant doucement le dos du garçon d'un geste étrangement maternel. « Ce ne sera pas facile, je le sais mieux que personne... Mais cela ne veut pas dire que tu dois traverser cela seul... »

Finalement, elle le relâche, reculant le visage pour capter à nouveau son regard. Elle se voyait en lui au même âge, perdu et effrayé, incapable de savoir vers qui se tourner si ce n'est vers ce maître qui était à l'origine de ses tourments.

« Ne t'enferme pas dans la solitude en croyant que la force est ton seul pilier. Ce n'est pas vrai... Ce n'est pas parce que tu ne vois pas ceux qui veillent sur toi, qu'ils n'existent pas. Crois-tu vraiment que ma présence ici soit dans le seul but de t'humilier ? Te punir alors que tu n'as commis aucun crime ? »
Sourire las. « J'ignore si je dois me vexer de l'image négative que tu as de moi et du triumvirat ou m'en amuser... » Soupir. « Je venais juste chercher la vérité, Lysander. Maintenant il y a une chose que tu dois me dire... » Elle lève la main, prenant son menton entre ses doigts aux ongles longs et crochus. « Je veux que tu me dises si tu crois qu'il y a encore de l'espoir pour ton maître. Je dois savoir s'il a simplement agi par malveillance ou bien si tu penses qu'il y a encore quelque chose de bon en lui. Personne ne le connaît aussi bien que toi. Juges-tu que Démentis doivent être sauvé ? »




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  • Posté le Mar 13 Mar - 21:41

    Message n°7851 (7)

Tu as raison.
Cela tombe entre eux sans prévenir, effritant subitement la lourdeur de l’atmosphère. Si Lysander ne ramena pas pour autant son attention sur Lord Canem, il redressa légèrement le menton, interpelé. Avait-il bien entendu ? Au vu du comportement précédent de la Sœur de l’Obscur, l’Apprenti s’était attendu à tout sauf à ça. Il s’était imaginé une répartie acerbe à propos de son arrogance, de la prétention qu’il avait à aspirer à des ambitions supérieures à celles de devenir un courtisan envié, comme pouvaient le rêver certains Apprentis. Il s’attendait à voir Al’Saalomon lui bondir de nouveau dessus, aussi se tendit-il instinctivement lorsqu’il sentit Anhesis approcher, même s’il ne sentait plus cette aura prédatrice l’auréoler. Les mains de l’exécutrice se posèrent sur ses épaules et, surpris par ce contact inattendu, il releva ses prunelles sombres sur elle.

Pas de sa faute ? Bien sûr, que ça ne l’était pas. Pour autant, ce sentiment qui lui rongeait les tripes n’était pas frais de la veille. Il était d’autant plus exacerbé aujourd’hui qu’il avait été déshonoré par les agissements de son Maître, mais ce désir d’appartenance était ancré plus profondément en lui. Le souvenir flou d’une scène familiale passa, fugace, sur l’écran ininterrompu de ses pensées, mais ces visages aujourd’hui méconnus s’évanouirent aussi vite qu’ils étaient apparus. Évaporés, tandis que les mains bizarrement douces de l’Exécutrice se posèrent le long de ses joues. Un geste qui le déstabilisa d’autant plus qu’elle posa assez justement les mots sur un ressenti plus ancien, ancré en lui comme quelque chose qui allait au-delà de sa naissance.

Tout cela frôlait trop dangereusement le sentimentalisme, mais au moment où Lysander allait se recroqueviller comme une huître et chercher à rompre ce contact gênant avec la Sœur de l’Obscur, celle-ci lui crocheta subitement la nuque et l’entraîna contre lui. Une exclamation étouffée lui échappa et il se retrouva avec une Lord Canem dans les bras, la joue de celle-ci atteignant difficilement son épaule tandis qu’elle tentait de lui chuchoter à l’oreille.
Cette proximité étrange le gênait tant que ce fut à peine s’il osa respirer. D’ailleurs, il était assez clair à son absence de réaction et à son maintien rigide qu’il n’avait pas coutume de recevoir ce genre de marque d’attention.

Qu’était-il arrivé à cette femme ? Tandis qu’elle le relâchait, Lysander baissa les yeux sur cette Sith qui attirait un mélange de curiosité malsaine, de peur et de mépris. S’il y avait des gens lunatiques, elle était tout bonnement hors compétition. Elle avait beau avoir la réputation d’être d’un tempérament profondément changeant et imprévisible, l’imagination de Vadith n’avait pas soupçonné à quel point. Son esprit était-il altéré ? Il luisait dans son regard, alors même que sa folie prédatrice d’auparavant avait disparu, quelque chose d’inquiétant et douloureux.
S’interrogeant sur les souvenirs potentiellement terribles enfermés dans l’écrin chatoyant de ces deux billes fixées sur lui, c’est à peine si Lysander prêta attention aux nouveaux visages que les paroles de la Sith firent surgir dans l’esprit de l’Apprenti. Sarkin, qui n’était peut-être pas loin d’ailleurs, tant il passait de temps à la bibliothèque de l’Académie. Randajah, qui disjonctait définitivement du cerveau passé le litre d’alcool dans le sang. Et puis enfin, Davoros, l’inflexible Lord Dementis, qui monopolisa définitivement son attention alors que Lord Canem l’interrogeait en lui prenant le menton.

Son Maître était-il perdu ?
Qui était-il, pour le savoir ? Était-il vraiment celui qui connaissait le mieux Davoros ? Pouvait-il avoir cette prétention ? Parfois, il avait le sentiment qu’il ne savait rien de son Maître. Mais pourtant…
Relevant les yeux un moment, Vadith se remémora leur dernière rencontre. Il se rappela son dernier geste, le geste presque parental qu’il avait eu. En rentrant chez lui, Lysander avait posé le casque de Gaben sur sa table. Il n’avait pas bougé depuis et trônait, comme une relique, au milieu de son modeste appartement.

« Personne n’est à l’abri de se perdre dans les ténèbres, n’est-ce pas ? » murmura soudain l’Apprenti de Dementis, baissant de nouveau les yeux sur Anhesis. « Je soupçonne que c’est ce qui est arrivé à mon Maître. Un bref instant. Le temps de commettre l’irréparable. »
Les paroles de Gaben lui revinrent. Il avait fait des mystères de ses motivations, mais quelques indices laissaient croire à son Apprenti, maintenant qu’il y repensait, que quelque chose l’avait poussé à outrepasser les lois qu’il respectait comme des préceptes sacrés.
« Ce que je sais de lui me laisse croire qu’il craint bien davantage la déception de notre Seigneur Noir plutôt que la perspective de sa propre mort. Comme je l’ai dit à Darth Sanguis, j’ignore quelles motivations l’ont poussé à commettre un acte pareil. Ses explications ne me sont pas destinées, mais je ne peux pas croire que sa loyauté soit une mascarade. Comme je vous le disais, Lord Davoros m’a toujours convié à respecter et protéger les citoyens. Si l’opportunité lui est donnée d’expier sa faute, je suis sûr qu’il la saisira. »
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  • Posté le Mer 21 Mar - 17:01

    Message n°8177 (8)

L'ambiance semble nettement moins tendue et même Canem semble être plus sereine. La bête a laissé place à la femme, chose qui est sans doute la bienvenue pour un apprenti qui la côtoie pour la première fois. Il est clair qu'Anhesis n'est pas la créature la plus facile à approcher, à comprendre et encore moins à dompté. Mais elle est ainsi faite. Sans sourciller, elle écoute Lysander dont la première question résume à merveille l'intensité des récents événements.

« Oui, là encore tu as raison. »
Admets la chienne avant d'esquisser un pâle sourire qui se veut rassurant. « C'est d'ailleurs là toute la complexité de la vie à Maloran. L'obscurité est là, on ne la voit pas mais elle est présente. En tant que sith nous l'utilisons à notre avantage, il faut savoir se faire maître de l'obscurité sans jamais s'y soumettre. » Elle hausse les épaules. « C'est à mes yeux, la tâche la plus difficile que les sith doivent affronter et elle ne cesse jamais tant que les sith existent. La source de notre pouvoir est aussi notre plus grand fardeau car le pouvoir ne vient jamais seul, Lysander. Le prix à payer peut-être parfois plus intense encore que le pouvoir lui-même. »

Il y a un moment de flottement dans le discours d'Anhesis dont le regard se perd dans le vide. Elle écoute encore et toujours ce que le jeune homme pense de son mentor, car son avis est bien plus crucial qu'il ne l'imagine. L’exécutrice a besoin de savoir si Gaben a encore une part de bonté en lui ou bien s'il est perdu comme l'a été Ténébris et bien d'avant lui, tout juste bon à finir entre les griffes du triumvirat.

« Je crois que... Lord Démentis s'est perdu, comme tu le dis. Bien qu'il n'y ait aucune excuse à son geste... Je pense que cet acte est isolé. » Anhesis soupir, glissant son regard vers l'apprenti. « Il a sauvé mon bébé, tu sais... C'est d'autant plus difficile pour moi de rester impartiale dans cette histoire. Mais c'est mon boulot... La plupart des gens ignorent ce que représente le triumvirat, ils ne cherchent pas à comprendre, trop craintif... mais lors de ce procès, mon travail sera de soumettre au seigneur Daleth autant de fait possible suite à l'enquête de mes confrères et moi-même. » Elle croise les mains dans son dos. « Je devrais énoncer les mauvaises actions comme les bonnes... Car crois-le ou non mais les bonnes choses comptent tout autant et c'est sans doute ce qui lui sauvera la vie. »

Anhesis lâche un profond soupir, venant masser sa nuque d'une main. Il n'était pas facile pour elle de discuter de cela, les apprentis étaient les premiers à ne pas comprendre l'utilité du triumvirat, ce qu'il représentait et l'enjeu qui allait avec leur rôle. Tout était toujours si compliqué avec tout le monde. La chienne émet un vague couinement de fatigue et murmure.

« Tu sais, petit... Tout le monde commet des erreurs, même le conseil noir, même le triumvirat... Toi aussi tu en commettras. On le fait tous à un moment ou un autre, comme ton maître vient de le faire... Tuer n'est qu'une forme de malveillance parmi d'autres, parfois l'on peut tuer par nécessité, par obligation ou juste pour le plaisir... Quoi qu'il en soit, une erreur reste une erreur. Mais c'est en faisant des erreurs qu'on apprend et en vivant avec cette forme de modestie, nous sommes d'autant plus dignes de l'enseignement du seigneur noir. Personne n'est parfait et Daleth n'attend pas de nous que nous le soyons. Ce qu'il veut, c'est que nous utilisions notre pouvoir de façon intelligente, avec sagesse, en commençant par aider ces gens à survivre sur une planète gangrenée par l'obscurité. »


La voilà qui s'éloigne doucement, léger sourire flottant sur ses lèvres pâles. Anhesis inspire longuement. Leur échange touche à sa fin, la chienne avait eu ce qu'elle voulait et à présent il ne restait plus qu'à retourner près de son maître pour souffler à son oreille les brides de pensées d'un apprenti égaré.

« Tu es un bon garçon Lysander... Tu sais, si jamais il te prend l'envie d'être utile... Le triumvirat enrôle des apprentis parfois pour les aider dans leur enquête. Cela nous permet d'avoir une paire de bras supplémentaire et les apprentis sont payés et gagnent en expérience. Réfléchis-y, peut-être que cela t'aidera à mieux te focaliser sur les œuvres du seigneur Daleth et ce que nous essayons de protéger. »
Un dernier regard vers lui, toujours ce sourire bienveillant aux lèvres. « Au revoir Lysander, merci pour ton honnêteté ! Bon courage pour la suite et surtout travaille bien, d'accord? C'est important les études, sinon tu vas devenir comme moi ! » Clame la femme dans un rire plein d'insouciance avant de disparaître de la pièce sans un mot ou un regard de plus.




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