Star Wars Ascension


De clémence et de souffrance - Rp solo

Star Wars Ascension » Au coeur de la Galaxie » La bordure extérieure » Malachor V

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  • Posté le Mer 14 Mar - 18:00

    Message n°7880 (1)

Année 517, mois 8, semaine 2


La justice était un concept abstrait de bien des façons. Un mot, une institution presque, chargée de punir les erreurs afin qu'elles ne se réitèrent pas. La justice n'avait ni visage ni odeur, mais elle avait pourtant une saveur, celle de l'équilibre. Douce impression d'un esprit qui sait pouvoir avancer grâce à des bases saines. D'un esprit qui sait qu'il sera toujours guidé dans son destin et dans son évolution afin de ne jamais s'y perdre. La justice était abstraite, mais dans la cité de Maloran, la justice était omniprésente et réelle. Emprunte de cette idéologie que Darth Daleth avait souhaité pour son Ordre Sith et qui était ainsi enseignée à l'Académie afin que chaque Sensitif pût prendre conscience de ses droits mais aussi de ses devoirs. De ses obligations et de ses pouvoirs. La justice était aussi la frontière ténue entre l'ordre et le chaos. La justice était une mince couche de glace, gracile mais déterminée, qui séparait les hommes des bêtes. Et aujourd'hui, Ashan priait pour que justice soit rendue …

Dans la Salle du Conseil Noir vidée de ses Darth qui y siégeaient habituellement, la jeune femme se tenait ainsi avec les membres des familles des deux autres victimes – la loque humaine lui servant d'oncle n'ayant pas souhaité se déplacer – et elle attendait. Elle attendait que le Seigneur Noir prît la parole afin d'ouvrir le procès, elle attendait que Lord Canem énonçât les fais reprochés à Lord Dementis. Séquestration, torture et assassinat de trois hommes. Trois gardiens de prison ayant sûrement échoué dans ce travail ingrat par défaut. Pour nourrir leurs proches. Pour vivre la tête haute comme les citoyens modestes qu'ils étaient. Aucun Sith n'était au-dessus des lois … de cette phrase violemment assénée par l'Exécutrice du Triumvirat. De ces mots qui résonnèrent longuement dans le crâne déjà tourmenté de l'apprentie, jusqu'à ce que leur avocat prît la parole à son tour. Rappelant que la peine de mort ne ramènerait pas leurs proches … mais Randajha la souhaitait quand même. Parce que même si le payement ne serait jamais suffisant, il serait toujours un acompte. Une punition exemplaire. Un moyen de protéger Maloran et ses habitants de tous ces connards qui pouvaient se terrer dans l'ombre.

La justice châtiait les criminels, mais elle protégeait aussi les innocents.

Mais lorsque Davoros prit la parole à son tour pour plaider sa cause, Ashan sentit aussitôt tous les muscles de son corps se crisper presque douloureusement. Ses dents grincer sous l'action de ses mâchoires trop serrées. Ses ongles se planter dans ses paumes déjà abîmées. Sa rage enflant de secondes en secondes. D'explications vaseuses et excuses méphitiques. Ainsi donc, Dementis avait cru que les gardiens faisaient partie intégrante de la rébellion ? Une thèse qui se défendait mais … mais dans ce cas, pourquoi ne pas les avoir simplement capturés puis ensuite remis à qui de droit pour des interrogatoires menés dans les règles établies par la loi ?! Pourquoi les avoir torturés ?! Et surtout – surtout – pourquoi les avoir finalement tués alors qu'il s'était rendu compte de son erreur ?! Pourquoi ?! POURQUOI ?!!!

Une interrogation violente qui agita son esprit déjà plus que troublé et lorsqu'en plus, Lord Canem intervint pour soutenir et défendre l'accusé, Randajha se figea soudainement. Le souffle court. Les yeux vaguement exorbités. Une souffrance sans nom enflant bientôt au creux de son âme lorsque Darth Daleth prit la décision d'arpenter le même chemin : celui du pardon, de la rédemption, et de la seconde chance. Condamnation bien mince que celle consistant simplement à être privé de son lien avec la Force pour quelque temps, là où tout un chacun pouvait être sommé d'aider le Triumvirat dans ses fonctions. Là où son père et les deux autres victimes n'avaient pas eu de seconde chance ni même de première puisqu'ils avaient été tués comme des chiens et que tout le monde semblait s'en foutre profondément !

Sortir, il lui fallait sortir !

Dans cette salle sombre où ses prunelles fixaient désormais Dementis sans vraiment le voir, Ashan avait littéralement l'impression d'étouffer face à cet affront, et sitôt que le procès fut officiellement clos, ce fut sans un mot qu'elle quitta le groupe des familles pour sortir à grands pas. Sans un mot. Sans un geste. Sans même un regard pour tous les présents. Sortir, elle voulait juste sortir. Sortir avant de faire une connerie qu'elle pourrait regretter, parce qu'elle n'avait clairement pas le pedigree de Davoros pour la protéger de ses égarements. De cette justice qu'elle avait espéré droite là où elle se révélait finalement biaisée. Bordel, mais comment avait-elle pu être assez stupide – assez naïve – pour imaginer qu'un Sith puissant comme lui pût être condamné … Question rhétorique qui se perdit dans la nuit fraîche de Maloran tandis qu'elle enfila les rues et les ruelles à grandes enjambées. Avançant comme un droïde, sans but précis autre que celui de s'éloigner de cette pyramide. De Dementis et sa tête sauvée. De Daleth et sa justice bien partiale.

Elle étouffait …

Et au détour d'une nouvelle ruelle, ce fut finalement une douleur violente qui la poussa à se stopper pour s'appuyer contre un mur, et son corps au supplice se plia brusquement en deux lorsqu'elle sentit un flot de bile acide remonter le long de son œsophage avant de se rependre sur le sol. Son corps vomissant cette injustice autant que son esprit qui bouillait tant de colère et de rage qu'elle avait l'impression qu'elle ne contrôlait plus rien. Mais avait-elle seulement contrôler quoi que ce fût un jour ? Ne s'était-elle pas simplement perdue dans ses illusions d'enfant ? Si, elle s'était perdue. Et ce fut une nouvelle nausée tâchant le bitume qui se chargea de le lui rappeler sans aucune concession, tandis qu'elle se laissa finalement glisser par terre. Se prenant la tête dans les mains tandis que ses ongles se plantèrent soudainement dans son cuir chevelu.

Assez … assez … assez … ASSEZ !! PUTAIN STOP !!

C'était à la fois si âcre et si violent que tous ses os semblaient trembler et grincer sous la puissance de son ire, mais ni les cris ni les larmes ne parvenaient à s'extraire de son corps. Même les vomissements s'étaient stoppés. Ne restaient plus désormais que ses ongles raclant la peau de ses bras pour arracher des lambeaux d'épiderme et de longues lignées de sang.

Elle se sentait trahie.
Elle se sentait souillée.

Elle y avait cru, mais elle n'y croyait plus. Elle se contentait de souffrir. De penser aussi que Darth Saevus ne devait pas être dans les bonnes grâces de son maître pour avoir écopé d'un exil pour un simple esclave tué, là où Dementis allait gentiment jouir de sa seconde chance malgré trois meurtres dans son sillage. Et le pire – le pire – c'est qu'en privant cet homme temporairement de la Force, Daleth la privait également de sa vengeance. Parce que jamais Ashan n'irait agresser quelqu'un incapable de se défendre.

Ni justice, ni vengeance.
Juste le sang et la bile.

Maloran n'était finalement qu'une putain, comme tout ces régimes et tous ces anciens Ordre Sith. Simplement cette putain-là disposait-elle de plus jolis atours afin de mieux cacher son jeu.