Star Wars Ascension


As above, so below - [Lysander]

Star Wars Ascension » Au coeur de la Galaxie » La bordure extérieure » Malachor V

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  • Posté le Jeu 1 Mar - 19:35

    Message n°7255 (1)

Hôpital de Maloran

L’hôpital de Maloran semblait perpétuellement surchargé. Contrairement à la grande majorité des bâtiments du district, il n’avait pas la forme d’une aiguille se dressant aussi haut que possible, mais plutôt celle d’un bloc. Carré, efficace, compact. Un bâtiment utilitaire donc, la seule décoration étant les colonnes qui délimitaient les diverses entrées. Et c’étaient ces entrées qui donnaient constamment l’impression que le building s’apprêtait à exploser, une masse de gens jaillissant de ses entrailles comme du sang. Des files de personnes entraient et sortaient à chaque instant. Certains portant l’uniforme des soignants, mais la plupart ne venant que pour être soigné ou ausculté.

Dans les pires jours, des droïdes étaient réquisitionnés pour rétablir un semblant d’ordre et de calme en extérieur. Aujourd’hui, le flux humain semblait se réguler de lui-même, si bien que l’hôpital pouvait continuer de tourner à plein régime. Antor pouvait le constater depuis les fenêtres du troisième étage.

Le seigneur de district se déplaçait rarement jusqu’ici. Plus depuis un moment en tout cas ; ce n’était pas un endroit qu’il affectionnait particulièrement. Et il en avait rarement besoin. Même quand il s’agissait de venir collecter le bilan mensuel, dû au Lord qui gérait le district, il envoyait généralement quelqu’un d’autre le collecter, ainsi que le témoignage du directeur. Mais, une fois de temps en temps, il fallait se montrer. Il était venu seul, sans annoncer sa venue, et avait pu rencontrer le directeur immédiatement. En tant que Lord du district 3, surveiller les activités de l’hôpital faisait partie de ses plus hautes responsabilités. De la bonne tenue du bâtiment dépendait la vie et la santé de l’entièreté de la ville ou presque. Il prenait donc bien garde à ne pas se fier à ce que racontait la direction, même si jusque-là, ils n’avaient jamais rencontré de problèmes. Le bilan, selon la présentation, était toujours extrêmement positif. Mais il suffisait d’éplucher un peu les données pour retrouver les jours où le rendement avait baissé, où les malades avaient été trop nombreux, où les droïdes n’avaient pas été en mesure d’orienter les patients.

Des détails, mais qu’on ne pouvait ignorer complètement.

Sans avoir jeté un œil aux données, Antor se doutait qu’il retrouverait la même chose dans le Datapad que lui avait confié le directeur avant que leur petite réunion se termine. Une formalité, sans doute. Glissant l’objet dans une poche de son long manteau noir, Lord Anguis prit le premier escalier pour descendre jusqu’au rez-de-chaussée. Son droïde assistant et son landspeeder l’attendait non-loin de là. Mais plutôt que de se diriger vers la sortie, l’homme bifurqua brusquement dans un couloir du large hôpital.

S’il n’aimait pas l’endroit, Antor savait parfaitement s’y repérer. Et le bilan mensuel n’était pas la seule raison de sa présence ici aujourd’hui. Il aurait pu convoquer la direction, ou même faire ce meeting à distance. Mais les finances n’étaient pas la seule chose qu’il monitorait ici. Et la direction n’était pas son seul informateur.

Débarquant dans la zone réservée aux urgences, Antor offrit un sourire à la jeune humaine qui tenait l’accueil. Si une partie du personnel était automatisé, on préférait encore conserver des organiques à des postes clefs comme celui-là. Il fallait un œil humain – enfin, vivant – pour orienter les patients au mieux. Même si un droïde médical se trouvait sans aucun doute non-loin. Le voyant, elle sourit en retour et désigna un couloir, levant 3 doigts. Le Lord du district s’avança sans hésiter et entendit le clic de la porte qui se déverrouille en arrivant devant la troisième.

Lord Anguis rentra dans la petite salle d’examen comme si c’était chez lui. Immédiatement, son regard trouva le jeune homme qui était installée là, un vieux droïde médical penchée sur sa main. Celui-ci ne fit pas attention à l’intrusion, sa programmation lui intimant de regarder plutôt cette vilaine blessure.

« Lysander Vadith ? » demanda-t-il, laissant la porte se refermer derrière-lui. Restant devant, il croisa les bras dans son dos, affectant la curiosité la plus innocente.

« Qu’est-ce que vous vous êtes fait là ? »
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  • Posté le Ven 2 Mar - 1:11

    Message n°7277 (2)

Un grognement guttural échappa d’entre les lèvres de l’Apprenti Vadith. Son livre, qui venait de lui glisser des mains, heurta sourdement le marbre noir. Sarkin, qui, à ses côtés, passait en revue une carte holographique de la galaxie, tourna la tête pour le regarder d’un œil surpris. Puis, il baissa les yeux sur la main bandée de son ancien camarade de dortoir. Claquant de la langue d’un air réprobateur, il opina du chef.
« Bon. Maintenant, fais-moi voir. »
Si Sarkin tendait déjà impérieusement la main, Lysander lui retourna un regard méprisant tout en récupérant son livre de la main droite.
« Ce n’est pas l’endroit pour ça. Et je te serai gré de garder tes élans protecteurs pour ceux qui les réclament. »
Vadith n’avait pas fini sa phrase que, déjà, les bandelettes voletaient en douceur entre eux, laissant tout le loisir au Chiss de contempler les dégâts. Atterré, celui-ci recommença à hocher la tête de façon insupportable.
« Je suis soufflé de voir autant d’intelligence et de stupidité rassemblées en un seul et même esprit. Suis-moi, je t’emmène à l’hôpital.
— Sark’, ce n’est qu’une brûlure. Je me soigne.
— Tu as vu l’état de ta main ? Tu es inconscient, Vadith. Quitte à ne rien faire pour réparer ça, autant te la couper tout de suite au sabre laser. Partant ? »

Ce qu’il y avait à la fois d’agréable et de proprement insupportable chez l’Apprenti Sarkin, c’est qu’il était totalement inflexible. Si Lysander lui résistait la plupart du temps, dans ce genre de situation, ce n’était jamais lui qui avait le dernier mot.
Il avait une autorité naturelle, d’autant plus renforcée par son port gracieux et ses tenues toujours impeccablement coupées. Même lorsqu’il était, comme aujourd’hui, en bure traditionnelle, il avait toujours quelque chose de plus élégant que les autres. C’était cela, avec leur goût mutuel pour des connaissances boudées des autres Apprentis de leur âge, qui avait fini par unir deux Sith aux ascendances parfaitement opposées.

Déjà, Sarkin s’était élancé d’un pas assuré. Lysander aurait pu l’ignorer superbement, mais l’air frais circulant dans la bibliothèque vint lécher sa peau brûlée. La douleur, réveillée à présent que sa peau était à nue, le fit céder. Attrapant les bandages lévitant paresseusement devant son nez, l’Apprenti suivit son acolyte avec un air renfrogné.

Le landspeeder s’arrêta dans un ronronnement de moteur caractéristique. Sarkin fut le premier à poser pied à terre. Un petit sourire moqueur arqua ses lèvres indigos quand Lysander sauta souplement du véhicule avec cet air fermé. Typique. Il ne supportait pas être confronté à ses propres manquements, surtout de la part de quelqu’un qui ne faisait pas figure d’autorité.
« Heureux ? » demanda Vadith pour tout remerciement. Sarkin haussa les épaules.
« Si la douleur physique t’es d’une quelconque distraction, je ne suis pas là pour te juger. Cependant, je ne peux pas m’empêcher de me dire que ce n’est pas une solution. »
Ses yeux littéralement flamboyant restèrent fixés une longue seconde sur Vadith, jusqu’à ce qu’il se détourne dans un jeté de cape. « On se revoit plus tard. »
Le landspeeder s’éleva dans un vrombissement. L’instant d’après, il disparaissait à l’horizon.

Évidemment, en trois jours, la brûlure avait eu le temps de s’infecter. Pourtant, maintenant que le droïde médical lui avait injecté un anti-douleur, c’était le dernier de ses soucis. Il était plutôt contrarié par les paroles laconiques que lui avait lancé le Chiss avant de s’en retourner vers l’Académie. Lysander avait le sentiment que Sarkin avait touché une corde sensible. Pourtant, il ne comprenait pas vraiment en quoi.
Pensif, il contemplait le droïde remodeler avec soin sa peau quand quelque chose lui fit relever la tête vers la porte. Il n’eut pas le temps de sentir vraiment ce dont il s'agissait, que celle-ci cliqueta et s'ouvrit subitement.

Lysander se redressa instantanément et darda un regard impérieux sur l’importun. Qui pouvait bien se permettre de débarquer ainsi, sans frapper, en pleine intervention ?
Le premier élément de réponse frappa Vadith. Une cape parfaitement coupée voleta souplement tandis que son porteur s’immobilisait. Puis, les yeux inquisiteurs du jeune Sith remontèrent jusqu’à un visage qu’il ne mit qu’un instant à reconnaître.
« Lord Anguis ? » salua-t-il dans un souffle d’étonnement.

Qu’est-ce qu’Antor Varss pouvait bien lui vouloir ? Il n'avait croisé le Seigneur du District guère plus de fois qu’on pouvait les compter sur les doigts d’une main. Il avait le souvenir d’un homme charismatique, doté d’un phrasé raffiné dont le timbre noble caressait l’oreille. En revanche, ce timbre de voix si agréable avait jusqu’alors été destiné à son Maître plutôt qu’à lui. Une ombre méfiante traversa ses prunelles brunes.
« Rien qui vaille la peine de s’inquiéter, je vous remercie, répliqua-t-il avec un mélange de douceur et de fermeté.
— En vérité, mon programme d’analyse m’indique qu’il vous faudra au moins cinq jours…
— Merci, ZBO. » coupa l’Apprenti. « Vous… il hésita une brève seconde, visiblement incrédule, vous me cherchiez ? »
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  • Posté le Ven 2 Mar - 12:23

    Message n°7291 (3)

Le seigneur Sith s’autorisa un léger sourire en constatant l’étonnement dans le regard et le souffle du jeune homme. Il ne pouvait pas vraiment s’attendre à une autre réponse. Si le Lord du district 3 se rendait encore, par moment, à l’Académie, ce n’était jamais pour frayer avec les jeunes étudiants. C’était cependant au cours de ces petits détours qu’il avait eu l’occasion de croiser l’apprenti Vadith. Son visage lui était familier, surtout parce qu’il avait apparemment le don d’être là chaque fois que Varss se rendait à la bibliothèque.

Il n’avait pas posé de question, que ce soit au jeune homme ou aux gérants, mais l’explication lui semblait évidente. Lysander passait simplement un temps beaucoup trop long dans les rayons poussiéreux. Ce qui devait sans doute lui apporter quelques remarques de la part de professeur ou d’autres élèves. Un détail qui ne pouvait manquer de rappeler quelques souvenirs à Antor, pas toujours agréable.

Jusque-là, cela dit, il n’avait jamais fait que très peu attention au jeune homme, tout comme à tous les apprentis de l’Académie. Antor ne s’intéressait que trop peu aux individus, et il ne s’était encore jamais mis en recherche d’apprenti. Cependant, il y a quelques jours, depuis que l’arrestation de Davoros avait été rendue publique, il connaissait un regain d’intérêt.

Intérêt à peine perceptible dans les billes noires qui étaient fixées sur Lysander. Le jeune apprenti semblait, comme beaucoup d’autre, vouloir assurer que ses blessures n’étaient rien. Du coin de l’œil, Antor avisa rapidement la main ; ça semblait peu étendu, mais le droïde appliquait une reconstruction de la peau, alors ça n’était pas bénin. Un nouveau sourire, presque doux, effleura les lèvres du seigneur Sith.

« Uniquement cinq jours ? Il a raison, ZBO, cela ne vaut pas la peine de s’inquiéter » remarqua-t-il, apparemment à l’attention du droïde. Une chaise, d’ordinaire réservée aux médecins, se détacha du mur où elle avait été déposée pour venir se positionner derrière Antor.

Relevant un peu sa cape, le seigneur du district 3 s’installa souplement. Son attention revint au jeune homme.

« Pas tout à fait. Je venais participer à une réunion de la plus haute importance. » commença-t-il, la touche d’ironie dans son ton calme impossible à ignorer. « Quand j’ai appris qu’un apprenti s’était présenté ici. »

Tout cela n’était qu’un demi-mensonge, et c’était bien pour ça que le Sith n’eut aucun mal à le déclarer comme s’il s’agissait de la plus pure des vérités. Son regard brillant retomba alors sur la peau que le droïde s’efforçait de remodeler.

« La plupart des apprentis préfèrent soigner leur blessure à l’infirmerie de l’Académie. En vitesse et discrètement, de préférence. » Un sourire creusa le coin de ses lèvres, il avait des souvenirs suffisamment vivides de l’Académie pour être sûr de son fait. « Blessure d’entrainement ? » enchaîna-t-il, passant brusquement à l’interrogatif. Son ton resta neutre, simplement curieux. Il ne cherchait pas à tendre un piège au jeune homme.

Pour l’instant, il voulait juste apprendre.
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  • Posté le Ven 2 Mar - 16:09

    Message n°7304 (4)

Une grâce doucereuse se dégageait d’Antor Varss, autant lorsqu’il parla sur ce ton dépourvu de la moindre aspérité, que lorsqu’il s’installa aussi confortablement qu’il l’était possible ici. Apparemment, le Seigneur de District avait décidé de rester. Surprenant. D’autant plus surprenant qu’il niait avoir eu l’ambition de le trouver. En tout cas, le trouver lui en particulier.

Si Lysander restait silencieux et considérait à présent Lord Anguis avec autant d’affabilité qu’il en recevait, sa méfiance, elle, s’était accrue. La situation n’avait rien d’habituel. Le Sith recherchait forcément quelque chose, mais déterminer quoi était une autre paire de manches. Vadith doutait qu’un lord de sa stature ait du temps à perdre au chevet d’un Apprenti blessé.
En attendant, Varss cherchait manifestement à l’endormir en détournant le sujet sur sa blessure de guerre. Rester sur la défensive face à un homme de sa réputation serait sûrement contreproductif, alors, l’Apprenti se résigna à satisfaire la curiosité de son invité surprise.

« Si l’on peut dire… répliqua Lysander en accompagnant sa réponse d’un sourire ironique. Disons que la méthode rapide et discrète n’a pas fait ses preuves pour cette fois.
— Ainsi qu’une négligence évidente des soins quotidiens élémentaires à appliquer sur une brûlure de ce type. » compléta mécaniquement le droïde médical, auquel on n’avait pourtant rien demandé.
« J’ai mal estimé les dégâts causés par des flammes vivantes. Heureusement, celles-ci n’ont fait que m’effleurer. » corrigea Lysander, tout en feignant d’ignorer ZBO.
« Votre réunion devait être particulièrement décisive pour que vous en veniez à trouver de l’intérêt aux déboires d’un modeste Apprenti ? »

Un sourire aux lèvres et le ton plus léger, Lysander scruta son vis-à-vis, camouflant juste ce qu’il fallait de sa curiosité.
L’attitude d’Antor Varss était sincèrement intrigante. Alors que seuls les mouvements de ZBO perçaient le court interlude de silence, Lysander en vint à se demander si ce n’était pas bel et bien lui qui avait attiré Anguis ici. Après tout, ce n’était pas la première fois qu’il attirait malgré lui l’attention depuis l’ouverture de l’enquête concernant son Maître. En témoignait l’état piteux de sa main, dont l’auriculaire, rouge vif et rabougri, focalisait une majeure partie de l’attention du droïde médical.

Était-il en quête d’informations concernant Davoros ? C’était probable, mais le Lord pouvait bien obtenir toutes les informations qu’il voulait sans concéder l’ombre d’une attention à l’Apprenti du courtisan. Puis, il y avait dans cette ambition quelque chose de vulgaire que Vadith ne voyait pas coller à l’image de cet homme. Pour autant, il savait bien que c’était là un à priori personnel, sur un individu dont il ne connaissait presque rien. Et qui semblait encore plus doué que lui pour camoufler ses intentions.
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  • Posté le Ven 2 Mar - 19:07

    Message n°7318 (5)

L’apprenti Vadith se méfiait de lui. Il le cachait admirablement bien cela dit, Antor n’en aurait eu aucune idée s’il ne se fiait qu’à ce qu’il voyait. Mais Lord Anguis avait été un apprenti aussi. Il se souvenait très bien que l’Académie encourageait toujours une dose équilibrée de saine paranoïa. Le jeune homme devait nécessairement se demander ce qu’un Lord de district pouvait bien trouver d’intéressant à la situation. Et, en parallèle, il devait prendre garde à ce qu’il racontait pour ne pas manquer de vexer quelqu’un de trop haut placé.

Pour l’heure, Lysander parvenait à faire tout cela avec une certaine aisance. Et ce malgré le fait qu’Antor avait débarqué à l’improviste. En pleine milieu d’une visite médicale. Démentis avait un bon apprenti.

Lord Anguis n’écoutait que distraitement les explications concernant la blessure de Lysander. C’était intéressant, mais ce n’était pas pour cela qu’il était venu. En fait, l’homme restait parfaitement immobile sur son siège. Seul ses yeux semblaient bouger, passant de Lysander au droïde quand ce dernier prit la parole, puis revenant sur la main. Des flammes, oui. Cela expliquait le piteux état de l’appendices, mais ce n’était pas si handicapant que cela. Quoique… Antor se prit à penser que les autres apprentis pouvaient prendre avantage du moindre instant de faiblesse. Mais Lysander avait déjà un maître, il n’était plus soumis à la même compétition, en tout cas pas tant qu’il n’aurait pas d’autre apprenti rival.

Cela n’empêchait pas quelqu’un de tenter de le tuer, cela dit. Les rancœurs s’avéraient parfois tenaces.

« Contrôlées par quelqu’un d’autre, j’assume ? » Ce n’était presque pas une question. Mal contrôler ses flammes causaient en général des dégâts autrement plus important. S’il n’avait été qu’effleurer, c’était sans doute du fait de l’attaque d’un autre apprenti. Donc Antor n’était pas si loin que ça avec ses suppositions.

Au trait d’humour du jeune homme, Lord Anguis ne cacha pas un sourire, ses yeux brillant quelques secondes d’une lueur amusée. « Essentielle. »

La question était implicite mais Antor prit un malin plaisir à ne pas donner de réponses immédiates. Il laissa son regard dériver de nouveau sur le droïde, comme s’il évaluait sa loyauté. Quand ses yeux revinrent à Lysander, il avait croisé les mains au-dessus de ses cuisses. Il faisait mine de peser ses mots avec soin, de considérer sa prochaine phrase avec prudence. Tout en sachant très bien qu’il ferait exactement l’inverse : se montrant le plus direct possible.

« Tu es bien l’apprenti de Gaben Davoros, n’est-ce pas ? » le ton avait changé, subtilement. Jusque-là resté dans le domaine de la conversation banale, Lord Anguis avait laissé poindre un véritable intérêt. Ce ne serait sans doute pas une surprise pour Lysander, mais il pouvait tout de même évaluer un peu sa réaction. « C’est la raison derrière ta main ou ce sont deux incidents indépendants ? »

Ainsi que sa réponse.
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  • Posté le Ven 2 Mar - 21:09

    Message n°7326 (6)

Avait-il besoin de répondre ? Un sourire de circonstance ferait l’affaire. Lysander estimait avoir été assez explicite sur le fait qu’il avait fait les frais d’un autre Apprenti. Clairement, il n’avait pas envie de s’étaler sur le sujet. Cependant, il ne pouvait se permettre de le montrer à quelqu’un du rang de Lord Anguis.

S’il se méfiait parfois, s’il n’aimait tout simplement pas les manières de certains Lord, ou si un visage ne lui revenait pas, Vadith ne le montrait jamais. Pas à ses aînés, en tout cas. Le respect n’était pas qu’une question de savoir-vivre, c’était une question de survie.
Chatouiller l’égo d’un Sith pouvait être très dangereux, et si Lysander avait un objectif, c’était de parvenir à atteindre ses desseins en étant le moins dérangé possible. Et, pour éviter de l’être, il fallait se garder de susciter des haines trop envahissantes. Celle que lui vouait Rikh en était la preuve. Sans cette haine, il ne serait pas là, à vivre ce fâcheux contretemps… doublé d’une scène pour le moins surprenante.

Lysander observait, donc. Il observait cet homme qu’il ne connaissait pas, pourvu de cet air qu’on aurait presque pu qualifier d’innocent. Un sourire flottait encore à ses lèvres quand les yeux sombres du Lord revinrent du droïde à lui, un sourire qui se figea soudain tandis que l’éclat détaché sur ses iris mourut subitement.
Le coin de sa bouche frémit, imperceptiblement, lorsque la deuxième question fit monter d’un cran la tension qu’il ressentait. Sa main droite, jusqu’alors sagement posée sur sa cuisse, vit ses doigts se rétracter légèrement, puis se détendre.
C’était donc bien ça.

« Si ça l’était, ce ne serait plutôt qu’un prétexte. La rancœur attend la moindre occasion pour se révéler. » finit-il par répliquer.
Sa voix était devenue plus grave, presque monocorde. Il se maîtrisait néanmoins, bien qu’il était clair qu’il n’aimait pas le chemin que prenait cette rencontre soit disant inopinée. Tournant un instant la tête vers le non-organique qui continuait, imperturbable, son œuvre, il profita de ce moment où le contact visuel était rompu pour étouffer sa colère naissante.
Non comptant d’être un sujet sensible, la régularité avec laquelle il revenait dans les discussions ces derniers jours mettait le sang-froid de l’Apprenti à rude épreuve.
Contrairement à Rikh et Jeza, Varss n’était cependant pas en train de l’agresser. Vadith ignorait ce qu’il pouvait bien penser de tout cela, mais n’était pas franchement certain d’avoir envie de le savoir. Surtout pas pendant qu’il était en train de se faire charcuter par ZBO.

Peu importaient ses désirs et ses craintes, cependant. Antor Varss était bien là devant lui, l’épiant d’un regard brillant. Lysander ramena son attention sur le Sith, s’efforçant d’afficher un air plus ouvert, souriant presque :
« Dites-moi, Lord Anguis. Que puis-je pour vous ? »
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  • Posté le Lun 5 Mar - 12:52

    Message n°7473 (7)

Nul besoin d’être sensible à la Force pour percevoir le subtil changement d’attitude qui venait de se jouer dans la petite salle. N’importe qui pouvait remarquer le ton de l’apprenti, plus mesuré. Quoique, certains Sith se fiaient tellement à leurs connexions mystiques qu’ils en oubliaient purement et simplement d’en croire leurs yeux et oreilles. Antor n’était pas de ceux-là, bien sûr, même s’il devait admettre s’être perdu plus d’une fois dans la Force, tentant de percevoir ce que ses autres sens ne pouvaient pas lui donner.

Pour l’instant, cela dit, il prenait surtout bien garde à ce qu’allait ajouter le jeune homme. Qu’un apprenti ait utilisé l’occasion pour tenter de se débarrasser de Lysander n’était certes pas une grande surprise. Ce n’était donc pas ce qui intéressait le Lord du district 3, mais bien la première question, confirmation de ce qu’il savait déjà. Et surtout confirmation que l’apprenti était apte à en parler. Volontaire en tout cas.

Cela ne lui plaisait manifestement pas, mais après tout Antor aurait ressenti la même chose à sa place.

« Honnêtement ? » commença-t-il, écartant les mains, paumes bien écartées. « Sans doute pas grand-chose. Sinon rien. »

Ce n’était pas une insulte de sa part. Mais c’était vrai. Il aurait été étonnant de toute façon qu’un apprenti puisse vraiment apporter quelque chose à un Lord de district, autrement qu’en le servant directement. Et Antor n’était pas là pour demander une chose pareille. Il n’avait pas pour habitude d’employer les apprentis de toute façon.

Néanmoins, cacher que sa visite était intéressée aurait été stupide. Et futile. Lysander n’était pas un imbécile et il venait encore de le prouver, cherchant immédiatement à couper à travers le voile de mensonge pour en venir directement à ce qui les intéressait tous les deux. Malheureusement pour lui, les intentions d’Antor n’étaient pas suffisamment basses pour être résumées simplement. Ce qu’il venait chercher ici n’était pas un service ou un objet, c’était plus compliqué que ça.

« Je suis curieux, simplement. » l’admission était d’autant plus facile que c’était une vérité plutôt connue, au sujet de Lord Anguis. « Je connaissais un peu ton maître. Je n’irais pas jusqu’à prétendre que j’étais son ami, ou même un allié. Mais je le respecte. » Antor prit bien garde à ne pas employer le passé. « Ta situation est… relativement inédite. Je m’interroge sur ce que tu ressens. Et si tu as eu des nouvelles de Davoros. »

La dernière remarque apparaissait un peu étrange, d’autant plus que c’était manifestement ce qui intéressait le moins Lord Anguis, de toute la diatribe qu’il venait de lâcher.
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  • Posté le Mar 6 Mar - 23:00

    Message n°7553 (8)

Lysander arqua un sourcil au-dessus d’un regard où se lisait une pointe d’incompréhension. Était-il surpris de la réponse de Lord Anguis ? Oui et non. En dehors du contexte, Vadith n’était pas étonné de n’avoir rien à apporter à un lord de District. Cependant, puisqu’il était là devant lui, bien installé et manifestement pas prêt à prendre congé de lui, l’Apprenti se demandait bien ce qui motivait Varss.

Alors qu’il se formulait la question, le Sith donna l’impression de lui répondre directement, quand bien même Lysander n’avait rien dit à haute-voix. « Hm. » marmonna Vadith pour tout commentaire.

Ainsi, il était simplement curieux. Lysander aurait aimé avoir son rang pour lui dire yeux dans les yeux ce qu’il pensait de sa curiosité. Il l’écouta néanmoins, ses lèvres fermement closes tandis qu’il scrutait son vis-à-vis comme s’il cherchait à lire à travers les apparences.
Son sourire, un rien figé, s’évanouit à peine lorsque Varss se lança dans une explication qui laissa Vadith encore plus dubitatif. C’était bien la première fois qu’on s’interrogeait sur ce que lui pouvait ressentir… D'ailleurs, qu’on le lui demande aussi directement lui inspira une certaine gêne, laquelle le força à détourner un moment le regard.

« Hélas, le Triumvirat n’est pas du genre à donner des nouvelles de ses prisonniers. Ni à accorder de droits de visite. » ironisa Lysander.
Ce qui aurait pu apparaître comme de la raillerie était plutôt la manifestation de son malaise et de sa frustration. Que devenait son Maître, à présent ? Vadith n’en avait aucune idée. Ou plutôt, aucune n’était réjouissante. L’image de Davoros, soumis au supplice par les Frères de l’Obscur lui traversa l’esprit. Il retint une grimace.

Lysander laissa sciemment s’installer le silence. Il n’était pas certain de devoir répondre à la première question d’Antor Varss. Pourtant, un pressentiment lui faisait sentir que la réponse avait un réel intérêt pour l’homme en face de lui. Pourquoi ? Il n’aurait su le dire. À le voir, assis devant lui, l’air serein, mais ses yeux rivés sur lui, Lord Anguis avait l’air d’attendre quelque chose. Que le jeune homme satisfasse sa curiosité, peut-être. Lysander aurait plutôt qualifié cela comme de l'indiscrétion suspecte. Chercherait-on à lui faire dire quelque chose qu'il aurait à regretter ?

Sentant les yeux du Sith toujours sur lui, Lysander observait le travail qu’accomplissait ZBO sur sa main. Il n’en était qu’à la moitié de la reconstitution, aussi le jeune homme serait encore piégé ici pour un petit moment.
L'ombre d'un sourire ourla ses lèvres, tandis que le coin de ses yeux se plissait, matois. Puisque Lord Anguis n’était pas décidé à révéler ses intentions, Lysander ne lui donnerait pas satisfaction aussi facilement. D'autant qu'il était tout sauf certain de ses intentions. Doucement, l'Apprenti ramena son attention sur le Lord.

« Le tribunal se trouve bien dans votre district, n’est-ce pas ? Les juges doivent se réjouir de n’avoir pas à traiter une affaire aussi sensible qu’un Sith accusé de meurtres. J’imagine qu’ils ne se plaignent pas de voir leurs Seigneurs régler leurs affaires entre eux… »
Déblatéra-t-il sur son ton le plus badin. Bien évidemment, il ne pensait pas à un traître mot de ce qu’il venait de dire. Néanmoins, Lysander cherchait autant à s’épargner une réponse introspective qu’à découvrir l’avis du Seigneur de District sur la question. C'était au tour de Lysander d'être curieux. Allait-il lui servir le même genre de discours que la Main Noire ou trouverait-il à redire de l’ingérence du Conseil Noir sur cette affaire pénale ? D’ailleurs, Gaben aurait-il le droit à une défense ? Lysander se posait sincèrement la question. Il avait le sombre sentiment que les dés en étaient déjà jetés. Restait à savoir si Davoros serait exilé à la manière de Saevus, condamné à mort ou la Force seule savait quoi.
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  • Posté le Mer 7 Mar - 12:51

    Message n°7573 (9)

Encore une fois, il n’y avait pas besoin de lire dans les pensées pour deviner que le jeune homme ne trouvait pas son histoire convaincante. D’autant que Lysander ne faisait guère d’effort pour le cacher. Cela aurait pu passer pour de la défiance, mais Antor préféra y voir une forme d’intelligence, peut-être de sagesse. L’apprenti paraissait fatigué de jouer aux jeux de dupe, et c’était certainement là-dedans que le Lord de district avait cherché à l’entraîné. Il ne pouvait pas vraiment en vouloir à Lysander de lui résister.

Le peu qu’il révéla, cela dit, n’était guère surprenant. Antor aurait été étonné que le jeune homme soit plus informé que lui au sujet de ce qui arrivait à son maître. C’était tout de même particulier. Le lien entre maître et apprenti, s’il se résolvait assez souvent dans le sang, restait puissant. Ce n’était sans doute pas l’objectif du Triumvirat que de punir Vadith pour les péchés de Davoros, mais la frustration née de cette situation n’était que plus perceptible. Lysander la cachait sous une forme de moquerie, mais la tension était palpable.

Lord Anguis ne pouvait pas réellement compatir. S’il s’était trouvé à la place de l’apprenti, il aurait sans doute eu un grand sourire à la simple idée des tortures auxquelles seraient soumis son ancien maître. Clairement, le lien qui unissait Lysander au sien était tout autre. Peut-être finirait-il par le tuer aussi, mais ce ne serait pas pour les mêmes raisons. Antor n’insista donc pas.

Le silence n’était que rarement inconfortable pour lui. Il s’y sentait assez bien, profitant du moment pour rassembler ses pensées. Dans le cas présent, c’était aussi l’occasion de voir ce que le jeune homme allait ajouter. Il n’avait pas besoin de lui poser de questions pour sentir qu’il allait finir par dire autre chose. Rien n’assurait que ce soit intéressant, mais il était venu pour lui parler après tout. Mieux valait donc écouter ce qu’il avait à dire.

Ce fut plutôt surprenant. Il ne s’attendait pas à être interrogé, pas de façon aussi directe en tout cas. Et certainement pas à ce sujet. Mais plutôt que d’afficher un temps de recul, Antor se fendit d’un rire amusé, se détendant brusquement.

« Penses-tu ? Si quelqu’un choisissait de se faire soigner ailleurs que dans cet hôpital, tu penses que j’apprécierais qu’il soulage mon district de travail ? » Le Lord écarta les mains, l’air de prononcer une évidence. « Ou me sentirais-je vexé qu’il trouve meilleur ailleurs ? »

Les mots étaient prononcés avec un tel calme, un tel humour en fait, qu’il était difficile de les voir comme une critique acerbe. Même la frustration que le Lord de district prétendait ressentir ne se sentait pas. Il avait plutôt l’air de plaisanter.

« Au-delà de la fierté professionnelle. Je crains également que des citoyens n’apprécient pas. Que le Conseil intervienne dans les affaires qui concernent uniquement les Siths est déjà… exceptionnel. Mais les victimes de ton maître n’étaient pas Siths. » Les yeux d’Antor s’étrécirent, sans que son sourire fin ne disparaisse. « On peut difficilement parler d’affaires entre Lord, tu ne crois pas ? »
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  • Posté le Dim 11 Mar - 20:39

    Message n°7744 (10)

Pour la première fois depuis l’arrivée de Varss, Vadith eut l’air amusé de la réaction de son vis-à-vis. Évidemment, tout ça ne devait pas particulièrement plaire à la Cour officielle de Maloran, et peut-être pas plus au Seigneur de District qui veillait au bon fonctionnement de l’appareil judiciaire, quand bien même celui-ci n’avait pas l’air contrarié. Mais, plus intéressant, ce qu’ajouta le Lord à ce sujet faisait écho à ce que pensait Lysander lui-même.

Peut-être y auraient-il des citoyens qui se féliciteraient de voir le Seigneur Noir prendre la peine de se déplacer pour juger un Sith qui avait failli à ses devoirs de protection, mais combien pourraient aussi se sentir lésés ?
Estimait-on le cas trop grave pour être jugés par de « simples » citoyens ? Les juges n’en avaient-ils pas les capacités ? Pensait-on que les magistrats manqueraient de recul ?

« J’imagine que le Conseil Noir trouve inapproprié que des citoyens jugent un Sith ? » questionna-t-il, pour répondre à la question que venait de lui poser lord Anguis.
« À moins que les lois de Maloran soient différentes selon qu’on soit Sith ou citoyen. »

Lysander marqua une courte pause, sentant qu’il s’approchait de plus en plus près d’un terrain miné. Si la réponse d’Antor l’avait mis en confiance, il ne pouvait s’empêcher de craindre que ce qu’il dirait se retourne contre lui. Aussi, tandis qu’il hésitait, il prit un air à la fois inquiet et ignorant, pour ne pas avoir l’air de porter la moindre accusation. Il ne se souvenait que trop bien du comportement de lord Canem ou encore de la Main Noire.
« Enfin, l’on m’a cependant fait comprendre à plusieurs reprises que je n’entendais rien de l’œuvre de notre Seigneur Noir. Comment pourrais-je donc entendre quoi que ce soit à la Justice ? »

Son court aperçu du tempérament d’Antor Varss rendait Vadith sûr qu’il ne serait pas dupe de l’air contri qu’il prenait en ce moment, mais la curiosité restait plus forte que la prudence, malgré ses nombreux déboires des derniers jours. Après tout, si on voulait lui faire avouer quoi que ce soit qui lui desserve, ne serait-il pas déjà parti rejoindre son Maître dans les sous-sols du Triumvirat ? Il imaginait fort mal Lord Canem charger Varss de ses basses besognes. Qu’avait-il à voir là-dedans ?

En revanche, qu’est-ce qu’Antor recherchait, voilà qui était intéressant.
Il n’avait certainement pas amené le sujet pour rien, et Lysander comptait bien mettre en application le dernier conseil de son Maître : écouter et observer. Le savoir était la meilleure des armes. La Main Noire et sa compagne ne reflétaient pas le mode de pensée des autres Sith. Ils étaient d’un autre univers, d’une autre sphère, bien trop proches du pouvoir et du Seigneur Noir pour être les portes-paroles des Lord. Manifestement, ils étaient tous deux insatisfaits de ce que pensaient les Lords de l’œuvre de Darth Daleth. Mais que pensaient-ils ? Lysander n’avait pas vu que de la satisfaction sur les visages, lors de l’exécution publique de la rébellion. Quelque chose clochait définitivement, dans la société de Maloran.
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  • Posté le Mer 14 Mar - 19:41

    Message n°7887 (11)

« Elles le sont. » Antor avait répondu presque immédiatement, et sans la moindre hésitation. S’il n’était pas juge, il avait suffisamment côtoyé l’appareil judiciaire de Maloran pour reconnaître quelles étaient les différences entre la justice appliquée aux Siths et celle appliquée au citoyen. Tout le monde pouvait faire cette différence en fait, mais cela ne voulait pas dire que tout le monde l’appréciait. Et, s’il faisait tout de même un petit effort pour le cacher, Varss était de ceux qui n’appréciaient que moyennement.

« Le Conseil Noir et le Triumvirat peuvent prendre le relais dès qu’une affaire quelconque concerne un Sith, à leur bon vouloir. Evidemment, cela peut aussi être du ressort de notre Seigneur Noir. Puisque ces deux entités représentent sa volonté. » expliqua-t-il plus doucement. Le ton était docte, mais pas méprisant. Il se doutait que Lysander avait appris cela il y a bien longtemps, mais des piqûres de rappel périodiques n’étaient jamais une mauvaise idée. D’autant dans le cas présent, où le jeune homme était plus qu’impliqué. Cependant, Antor avait aussi pris soin de rester neutre, sans laisser poindre un jugement de valeur dans sa voix.

On n’était jamais sûr de qui nous écoutait.

Le Lord de district ne pouvait tout de même pas rester neutre éternellement. C’est en entendant l’apprenti parler de la vision du Seigneur Daleth qu’Antor ne put résister à un sourire amusé. Mais aussi compréhensif. « Tu n’es pas le seul, mon jeune ami » souffla Lord Anguis, sans rien ajouter.

Il se releva d’un coup, parcourant simplement la distance qui le séparait du droïde occupé à travailler sur la main de Lysander. Inspectant la blessure d’un rapide coup d’œil, il se tourna vers le robot. « En auras-tu bientôt terminé, ZBO ? »

« Quelques minutes, Lord Anguis. »
« Bien. L’apprenti Lysander pourra rester un peu plus longtemps ici, il a besoin de repos. »

Le droïde n’argumenta pas, malgré la stupidité de l’argument. Il était tout de même programmé suffisamment bien pour ne pas discuter les ordres d’un lord de district. Antor ne pensait pas sincèrement que le robot puisse enregistrer leur conversation, mais il n’aimait pas prendre de risque. Et il savait déjà que les salles de l’hôpital ne présentaient aucun risque à ce niveau. Il retourna donc sagement s’asseoir, relevant légèrement sa cape au moment de le faire, et attendit.

Quand le droïde sortit enfin de la salle, Lord Anguis tourna le nez vers la porte pour s’assurer qu’elle était bien fermée, avant de revenir à Lysander. Ses yeux sombres brillaient de curiosité, un sourire amusé peint sur ses lèvres.

« Penses-tu ne pas l’entendre, ne pas la comprendre ou ne pas être d’accord ? » questionna-t-il d’un ton étonnamment joyeux. « Ils sont nombreux à ne pas la comprendre entièrement, y compris parmi les plus proches du Seigneur Noir, je le crains. Quant à ceux qui ne sont pas d’accord… Je suppose que nous savons tous ce qui leur est arrivé. »

Antor n’avait pas suivi la rébellion avec beaucoup d’attention, tant que l’on ne venait pas le solliciter et tant que cela ne menaçait pas son district. Mais il n’était pas difficile d’imaginer ce qui était arrivé aux derniers membres de cette cabbale. « Qu’en est-il de ton maître ? Dans quelle catégorie se situerait-il « ? »
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  • Posté le Ven 23 Mar - 1:53

    Message n°8251 (12)

Ce n’était pas juste. S’il le pensait, Lysander ne le manifesta pas pour autant. Tout au plus se contenta-t-il d’un bref haussement d’épaules. Il ne prit d’ailleurs pas même le parti de répondre à son invité surprise. Au lieu de quoi, il repensa de nouveau à Lord Canem, à ce qu’elle lui avait dit après son impressionnante petite crise.

La façon dont elle avait présenté le procès à venir l’avait déstabilisé. Il avait automatiquement pensé à une de ces mythologies anciennes et lointaines qu’il avait étudié, où l’âme d’un mortel était jugée à l’aune de son vécu, afin de passer ou non les portes de l’Au-Delà. Le cœur du défunt était, selon cette religion, pesé à l’aide d’une balance et d’une plume, et si le cœur s’avérait plus lourd que la plume, l’âme était tout bonnement dévorée par un monstre reptilien. C’était parfaitement manichéen. Bien ou mal. Éternité ou destruction. Pouvait-on pourtant mesurer les bonnes et les mauvaises actions ? Pouvait-on excuser un crime s’il était compensé par un acte de charité ? Cette question allait manifestement faire débat dans le procès à venir, et Vadith attendait voir ce qui ressortirait de cela.

Mais, alors qu’il se faisait ces réflexions, une remarque de Lord Anguis lui fit froncer les sourcils. Du repos ? Lysander posa un regard à la fois interloqué et méfiant sur Varss. Il resta muet, partagé entre la suspicion et la curiosité jusqu’à ce qu’enfin, le droïde s’en aille, non sans lui avoir donné quelques instructions doublées d’une ordonnance.

Quand bien même Lysander était particulièrement curieux de savoir ce qui poussait son vis-à-vis à faire tant de mystères, le jeune homme prit le temps d’observer sa main avec une admiration non feinte envers les prouesses du droïde médical. Il tenta, un peu maladroitement, de solliciter son auriculaire qu’il n’avait pu bouger depuis plusieurs jours, et celui-ci parvint à lui obéir avec force tremblements. Les tendons étaient raides et douloureux, mais rien qui ne se réparerait pas avec quelques exercices.
Voir sa chair si bien réparée lui tira même un sourire satisfait, lesquels étaient plutôt rares ces derniers jours. Et c’était avec ce même sourire qu’il accueillit le regain d’attention de Varss sur lui.

Ah, voilà qui était beaucoup plus direct ! À peine eut-il assimilé la question à son sujet que Lysander s’entendit rire. Antor Varss imaginait-il que son Maître ait pu avoir quelque accointance avec la rébellion ? Il connaissait vraiment très mal Davoros.
« Excusez-moi, Lord Anguis… Le seul fait d’imaginer mon Maître avoir la moindre opposition avec le Seigneur Noir me fait rire. »
Vadith se racla la gorge pour s’efforcer de reprendre son sérieux, non sans jeter une œillade d’excuse à l’attention de son aîné.
« Lord Davoros est sans l’ombre d’un doute fidèle au monarque et respecte les lois de Maloran. Du moins les respectait-il jusqu’alors. »

Il marqua une pause, sondant l’homme devant lui, comme s’il mesurait ce qu’il pouvait dire ou non à présent qu’ils étaient seuls. Cependant, il pouvait tourner sur Anguis son regard le plus scrutateur, il n’en saurait jamais plus sur ce qu’il avait derrière le crâne. Pour le savoir, il n'y avait qu'un moyen. Oser parler.
« Quant à moi, je me contente de conserver un doute raisonnable. C’est le choix que je trouve le plus sain et le moins hypocrite. Moins hypocrite qu’un homme veillant à mon inébranlable loyauté envers notre Seigneur pour se prendre subitement pour le bras armé de la Justice. »

Vadith avait presque craché cela. Il se rendit compte à l’instant où il se taisait du mépris qui s’était manifesté en trémolo dans sa voix et détourna un regard agacé. Il mettait dans ses paroles plus de sincérité et d'ardeur qu'il ne l'avait prévu.
« Je ne doute pas de l’intérêt qu’il y a à ne pas réitérer les erreurs des Sith du passé. Néanmoins, j’ai parfois le sentiment… » Lysander s’interrompit, réalisant qu’il s’engageait sur une pente trop glissante. « N’avez-vous pas l’impression que Maloran est tiraillée par un paradoxe insurmontable ? »
Était-il le seul à ressentir une dichotomie au sein de la société de Maloran ? Était-ce ses origines qui le poussaient à conserver autant de distance vis-à-vis de l’idéologie Malorienne ? Non… Si ses grands-parents eux-mêmes avaient été capturés et constitués esclaves sur Maloran, il n’avait pas la moindre motivation revancharde. Cependant, il ne saisissait pas pourquoi on encourageait à tant de violence entre Apprentis Sith, quand celle-ci risquait, plus tard, de mettre la société en péril. Deux codes de conduite distincts menaient manifestement à des erreurs de type triples homicides. Maloran était constitué de deux mondes qui se côtoyaient sans jamais vraiment pouvoir profiter d'une réelle harmonie. C'était, en tout cas, ainsi que Lysander ressentait sa position au sein de la cité. C'était peut-être là, qu'était né son désir de quitter Malachor V. Outre son insatiable envie de découvertes.
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  • Posté le Sam 24 Mar - 1:08

    Message n°8297 (13)

Antor ne connaissait pas si bien que ça Davoros. S’il avait eu affaire à lui plusieurs fois dans le cadre de leur travail respectif, il ne s’était jamais intéressé tant que ça au bonhomme. Pas par malice, bien sûr. Mais simplement parce qu’il ne pouvait pas connaître tous les Lord Sith qui peuplaient la cité, ou en tout cas il ne voulait pas essayer. De fait, il ne s’étonna pas vraiment de voir que le jeune homme semblait trouver absurde qu’on puisse l’imaginer comme un rebelle. Lysander connaissait sûrement son maître bien mieux que ne pouvait le prétendre Lord Anguis.

En fait, le seigneur du district 3 avait tendance à penser que les apprentis étaient souvent les mieux placés pour connaître leur maître. Il en avait fait l’expérience personnellement. Il faisait donc toute confiance à Lysander sur ce point. Antor lui fit même un petit signe de la main, écartant le rire et la répartie comme étant sans importance. Il n’avait pas besoin de s’excuser.

Non que cela change grand-chose. L’aliénation ou non de Lord Dementis ne l’intéressait pas véritablement, le Sith n’ayant posé la question que pour voir ce qu’en penserait l’apprenti. Heureusement, Lysander avait sans doute compris cela, puisqu’il enchaîna sans qu’Antor n’ait besoin de relancer.

Sa réponse fit cependant sourire doucement le Seigneur Sith. Un « doute raisonnable » donc. Une bien jolie expression pour dire que l’on n’était pas complètement d’accord avec tout ce qui se passait dans la cité. En soit, rien de bien étonnant à cela. Le jeune homme avait sans doute de plus en plus de raison de douter de ce qu’on lui avait enseigné. Que ça soit l’Académie en général, ou son maître en particulier. Mais pas du Seigneur Noir, bien sûr que non.

Personne ne doutait du seigneur noir.

Antor le laissa finir, un sourcil progressivement haussé alors qu’il concluait sur une question. « Un paradoxe tu dis ? » reprit-il, songeur. « Je dirais plutôt une impossibilité. »

Son regard un moment perdu se focalisa de nouveau sur Lysander, perçant. « Tu es un apprenti, jeune homme. Combien d’autres apprentis as-tu tué ? Mutilé ? Blessé ? Ou simplement piétiné sur le chemin de la simple survie ? » La question était très clairement rhétorique. Antor avait été élevé dans la même Académie, il comprenait parfaitement ce qui s’y passait. En fait, il en avait un souvenir très clair. Ce n’était pas que du combat et des massacres. Mais c’était quand même beaucoup de ça.

Antor n’attendit donc pas de réponse. « Par notre éducation, nos traditions et même par ce que d’aucuns appellent le côté obscur, nous sommes des armes. Des combattants. Des guerriers. » Le seigneur sith tendit une main, un petit éclair brillant circulant une seconde entre ses doigts, puis un autre, plus intense. « Et l’on ne peut s’attendre à ce qu’un loup ne garde un troupeau, n’est-ce pas ? » L’intensité lumineuse n’avait cessé de croître, jusqu’à donner l’impression d’un flash chaque fois qu’un éclair perçait le bout de ses doigts.

Antor referma enfin la main. « On ne peut être le bras armé d’une planète quand celle-ci n’affronte personne. Et donc… L’arme se retrouve sans objectif, sans but. » Il poussa un petit soupir. « Je ne peux prétendre connaître ce qui a animé ton maître, mais je ne peux exclure cette simple explication. »
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  • Posté le Sam 24 Mar - 20:29

    Message n°8342 (14)

Voilà une façon de penser qui était plutôt radicale. Pourtant, parler d’impossibilité n’était peut-être pas totalement faux. Une moue intéressée transforma l’expression de Vadith tandis qu’il attendait de comprendre ce que Varss entendait derrière cela.
La question de son interlocuteur lui rappela aussitôt la main coupée de Jess, son hurlement couvrant durant d’interminables secondes le brouhaha lointain des landspeeders, alors que le sabre laser — son sabre laser — se pointait vers la poitrine de l’Acolyte. Il aurait pu l’achever, ce soir là. Il ne l’avait pas fait, mais sans lui, peut-être serait-elle encore en vie. S’en sentait-il responsable ou coupable ? Absolument pas. Elle avait eu la réponse à son acte, et si elle était morte et lui en vie, c’était bien qu’elle n’avait pas été de taille à devenir ce à quoi on la formait.

La démonstration de son interlocuteur avait quelque chose de théâtral qui aurait pu faire sourire si Lysander n’y trouvait pas assez de pertinence pour méditer les propos. Des propos pour le moins dangereux s’ils étaient entendus, et l’Apprenti comprenait mieux pourquoi Antor Varss avait attendu d’être seul à seul pour les professer. Lysander lui-même ne savait pas réellement comment les prendre. Il ne connaissait quasiment rien de cet Antor Varss, et un raccourci facile aurait pu lui prêter des intentions pour le moins néfastes.
Néanmoins, la rationalité du Sith lui plaisait. Il trouvait écho à ses propres pensées dans les paroles d’Antor et, quelque part, cela le rassurait. Cela signifiait qu’il n’était pas en train de perdre pied.

« Je ne peux pas y prétendre plus que vous. » répondit Lysander. « Lord Dementis estime cependant comme une mission et un honneur de veiller à la protection du troupeau. »
Pour sa part, il s’imaginait mourir d’ennui à la tête de la prison. Si, d’après ce qu’il savait, Davoros avait suivi les traces de son Maître, Lysander pour sa part n’en avait aucunement l’intention.
« C’est exactement cela que je ne comprends pas. L’on m’a dit, il y a quelques jours de ça, que le Seigneur Daleth est un bâtisseur. Si on peut imaginer les citoyens comme des maçons — en tout cas les premières générations — que sommes-nous pour notre part ? Nous ne formons pas même les remparts de notre cité, puisque nous demeurons cachés depuis des siècles. Nous n’avons rien à défendre. Nous n’existons pas aux yeux du monde. »

C’était cela, le problème. Antor avait magnifiquement mis le doigt dessus. Lysander ignorait quel était son but, où était son destin. Jamais il n’aurait pensé qu’un Lord de la stature d'Anguis semble partager ou au moins comprendre ces tergiversations.
« Je suppose pourtant qu’un homme tel que vous ne s’est pas résigné à traverser ce monde sans lui chercher de sens. »
L’espérait-il en tout cas. Car, pour sa part, il n’escomptait pas se résigner à devenir un simple courtisan, piégé dans la routine du quotidien comme un pion au milieu d’un jeu dont il n’entendait rien. Sa quête de sens allait bien au-delà de Maloran. Le monde le fascinait, et il répugnait l’idée d’en rester à l’écart pour le reste de son existence.
En cela, sa mission sur Dantooine était une opportunité unique.
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  • Posté le Lun 26 Mar - 19:41

    Message n°8446 (15)

Antor prenait toujours d’infinies précautions quand il s’agissait de partager ce genre d’avis. Ce n’était cependant pas par peur de rencontrer des opposants à cette idée. Elle n’avait rien d’exceptionnelle, ou de particulièrement anti-régime. Il s’agissait de relever une absurdité bien présente, que presque tous les Sith pouvaient ressentir au plus profond d’eux-même. On ne pouvait pas à la fois puiser dans les recoins les plus sombres de ses émotions, les plus brutales et les plus agressives, et se comporter comme un chien bien dressé.

Ce n’était pas pour rien que les Anciens Siths pratiquaient fréquemment l’assassinat au sein même de leur ordre. Et c’était bien cela qui avait poussé l’Académie à perpétuer la tradition. Et personne ne la remettait en question pour cette même raison. Ou peut-être parce qu’oser toucher à cette tradition les ferait un peu trop ressembler aux Jedi. Et s’il y avait bien une chose que les Sith haïssaient de toutes leurs âmes, c’était l’idée de ressembler aux Jedi. L’ancien ordre était méprisé au sein de Maloran, alors même qu’une grande majorité de Sith n’en avaient jamais croisés.

Mais donc, Antor se protégeait surtout de ce que les Sith les plus fanatiques pourraient penser de pareilles discussions. En entrant ici, il n’avait presque aucun doute sur le fait que le jeune Lysander partagerait son avis. Et, même si ce dernier faisait de son mieux pour rester prudent, c’était manifestement le cas.

« Un homme tel que moi ? » Antor sourit à la flatterie grossièrement dissimulé. L’apprenti était intelligent, prenant ses précautions pour mettre le Lord dans de bonnes dispositions. Le genre de chose qu’Antor avait dû faire également quand il était à sa place. « Qui te dit que je ne suis pas un humble Lord, tout à fait satisfait de mener le troupeau comme il se doit ? »

Il avait écarté les bras, affichant un temps un air tout à fait sérieux. Mais même lui ne pouvait pas maintenir une façade aussi grotesque bien longtemps. Il éclata de rire, comme si la simple idée que ça puisse être vrai était absurde. Puis, reprenant doucement contenance, il ajouta d’un ton parfaitement posé.

« Nous trouvons tous notre but, à notre façon. Certains se portent volontaires pour les missions hors de notre planète, trouvant leur bonheur dans l’exploration… Et dans une certaine liberté vis-à-vis des lois de Maloran. »

Nul besoin de percevoir à travers l’espace pour deviner que ceux qui choisissaient de quitter Maloran aussi souvent que possible profitaient de leurs excursions à loisir. Bien sûr, ils étaient soumis à une obligation de discrétion, mais au-delà de ça… qui irait vérifier ce qui se passait exactement sur ces planètes lointaines ? Tant que la mission était accomplie. Antor ne pouvait s’empêcher de sourire à l’intention du jeune homme, alors même que cette déclaration ne le visait pas particulièrement.

« D’autres, comme moi, trouvent leurs places ailleurs. Je sers le district 3. Je sers le Seigneur Noir, comme chacun d’entre nous. Mais, comme nous tous, j’ai un autre maître, bien plus demandant. » Le sourire du Sith devient presque tendre, comme évoquant une amante ou un être cher. « Je sers la Force. »

Merveilleuse façon de répondre sans donner la moindre information précise. Mais il savait aussi que le concept ne serait pas étranger au jeune homme. Restait à voir comment il le prendrait. Tous les Sith de l’Académie n’avait pas la même vision de la Force. Tantôt, on la percevait comme une énergie dans laquelle on puisait, tantôt comme un outil qu’on utilisait. Rarement, comme une puissance qui maniait les Sith en tant qu’outils eux-mêmes.
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  • Posté le Jeu 29 Mar - 20:44

    Message n°8559 (16)

La méfiance originale de Lysander s’amincissait au fil des réactions de son interlocuteur. L’éclat sceptique face au silence, plus le sourire qui ourla ses lèvres lorsqu’il vit Anguis rire, trahissaient d’ailleurs que, plus qu’une prémice de confiance, Antor Varss gagnait en sympathie.
Il choisissait bien ses mots, si bien d’ailleurs que le jeune homme ajusta sa position sur le fauteuil où lui avaient été prodigués les soins, trahissant plus volontiers son intérêt pour le Lord.

Un détail dans la façon avec laquelle Lord Anguis s’exprimait plaisait tout particulièrement à l’Apprenti Vadith. Car, quand beaucoup de Sith se contentaient de parler du Côté Obscur, Anguis, lui, parlait de la Force. Par ailleurs, la façon dont il avait parlé de l’Obscurité un moment plus tôt laissait à penser qu’ils avaient plus que leur scepticisme en commun.

« La Force… » commenta, presque songeur, l’Apprenti.
Il laissa passer un silence.
« Voilà qui déplairait à certains instructeurs de l’Académie. L’un d’eux m’avait trouvé bien présomptueux de me faire la réflexion que la Force m’avait choisi. Pourtant, je le trouve bien plus de croire qu’on peut la plier à notre volonté sans finir par en payer le prix. La domination finit toujours par se voir opposer une résistance proportionnelle à la pression exercée sur la force oppressée. Il m’a répondu qu’il n’y avait qu’un Jedi pour vouloir se ranger à une volonté supérieure. »

Nul n'était besoin de préciser qu'il n'était jamais remonté dans l'estime de cet instructeur, et que Lysander lui-même s'était bien gardé de porter davantage de crédit à un Lord qui balayait par le seul mépris une pensée contraire à la sienne.
N’était-ce pas, pourtant, une leçon qu’il y avait à tirer des leçons des anciens Sith ? L’Ordre actuel avait gardé leur adage, mais les mots tenaient plus de la vieille rengaine, aujourd’hui, que de la philosophie du Conseil Noir. Cela faisait partie du paradoxe que soulevait Varss, après tout. On éduquait les jeunes Sith à voir la Force comme une arme, un flux à briser comme on brise l’esprit du plus faible pour en faire son pantin. Cela ne révélait-il pourtant pas qu’il n’y avait pas de côté ? Pas d’ombre, pas de lumière. Uniquement la Force, et la volonté de celui capable de la percevoir, choisissant de s’associer à elle ou de briser son courant pour s’approprier sa puissance.
Son attention qui s’était égarée revint à Antor et il réprima un léger sursaut, réalisant qu’il venait de se perdre en palabre.
« Enfin, je me perds en tergiversations. J’ai récemment lu un ouvrage de Zarek Sartori qui réfute sur 300 pages les raccourcis d’esprit sur le Côté Obscur et le Côté Lumineux. Cela remet en perspective bien des prétentions, autant d’un côté que de l’autre. »
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  • Posté le Ven 30 Mar - 22:53

    Message n°8602 (17)

Antor fronçait les sourcils. Il était très familier avec les divers courants de pensées qui avaient court à l’Académie, particulièrement ceux qui méprisaient la Force par-dessus tout. Considérer cette puissance comme un vulgaire outil était sans doute ce qu’il y avait de plus stupide dans l’esprit du seigneur Sith. Aussi, et malgré les années, il n’avait jamais réussi à s’habituer complètement à l’existence de cette idée. Bien sûr, en temps normal, il prenait bien garde à dissimuler ses véritables pensées derrière le masque charmant qu’il arborait presque toujours. Mais aujourd’hui, cela n’avait pas d’intérêt. Surtout quand le jeune homme faisait montre de la même méfiance teintée de mépris vis-à-vis de ce point de vue.

Il lui concéda un petit sourire. « Je n’aime pas non plus cette notion de volonté. Je ne pense pas qu’il y ait un objectif précis derrière la Force. C’est une… force fondamentale. La gravité ne désire pas t’attirer au sol, elle le fait. Tout comme elle maintient les planètes autour d’un soleil. La Force ne désire pas plus, elle oriente inlassablement vers un point. Un point d’équilibre, dirait certains. Je préfère conférer mon ignorance à ce sujet, un peu comme Zartori. »

Le lord du district 3 se redressa d’un coup, faisant quelques pas autour de son siège. Il était comme revigoré. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas eu l’occasion de discuter de la Force ainsi, et c’était le genre de discussion qu’il préférait avoir calmement. Et en petite quantité. Il savait combien il pouvait être passionné par moment, et ce n’était pas une facette qu’il tenait à montrer si facilement. Pour l’apprenti, cela dit, il pouvait faire l’effort d’en montrer quelques brins.

« Zartori est un auteur intéressant, bien qu’un peu verbeux. Cela dit, si tu as supporté 300 pages de sa part, tu peux sans doute t’orienter vers Har’ich’nar’vich. Les traductions sont… Intéressantes. Je te conseille d’en essayer au moins 2. »

S’appuyant des deux mains sur les dossiers de sa chaise, Antor prit soudain un air beaucoup plus sombre et son ton se fit plus grave. « Prends bien garde d’avec qui tu partages ces tergiversations, Lysander. Tant que ton maître sera sous la menace de ce procès, les autres apprentis n’y verront qu’une faiblesse à exploiter. »

Puis, comme se souvenant qu’il avait autre choses à faire, l’homme se redressa, cherchant dans ses pensées. Il s’y perdit pendant quelques secondes avant de revenir à l’apprenti. « En attendant que ce soit terminé, prépares toi au pire à chaque instant. Je suis sûr que tu as ce qu’il faut pour t’en sortir très bien. »
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  • Posté le Lun 2 Avr - 14:40

    Message n°8714 (18)

Le point de vue que lui opposait Antor était autrement plus pertinent que le mépris qu’il s’était vu opposé par le précepteur dont il avait fait mention. Vadith eut un petit soupir en réfléchissant à la comparaison. C’était plutôt pertinent, pourtant, le jeune homme n’arrivait pas à s’en satisfaire. Il était clair, cependant, que l’histoire avait prouvé de nombreuses fois que la Force aspirait à un équilibre. Pourtant, ne courait-il pas de vieilles légendes où des êtres vivants et pensants, Sith ou Jedi, avaient été le moteur d’un retour à l’équilibre ?
« La différence entre la Force et la gravité, c’est qu’elle ne se manifeste pas également à tous les êtres vivants, et fluctue à l’intérieur de notre corps quand la gravité reste une puissance extérieure. » Qu’elle soit pure énergie ou un flux aussi immatériel et insaisissable que la pensée, la Force était nécessairement influencée par les êtres pensants qu’elle traversait. Selon Vadith, cela lui donnait une forme de volonté, une sorte de conscience tout du moins, bien qu’elle devait être sans commune mesure avec celle d’un individu. Quand celui-ci était unique et indivisible, la Force, elle, avait davantage l’aspect d’un « Tout ».
Il se rappela ce vieux texte de philosophie trouvé complètement par hasard au fil de ses pérégrinations sur l’holonet, assimilant les utilisateurs de la Force comme des pendants inaccomplis de la Force, de purs esprits en puissance, voués dans leur mouvement à rejoindre l’inaltérable Flux, dans lequel ils retrouveraient leur véritable état. Une théorie soutenue par une croyance selon laquelle les sensitifs étaient assimilés par la Force leur de leur mort physique.

Un sourire répondit à celui d’Antor quand ce dernier lui proposa une nouvelle piste de lecture. Un auteur dont Vadith avait déjà entendu parler, et qu’il avait par ailleurs eu l’occasion de lire qu'en infime quantité.
« Ses traductions ne sont pas faciles à trouver. Je ne suis tombé que sur des fragments, jusque là. Il se pourrait cependant que certaines bénéficient d’un accès restreint. Il paraît que certains textes ne sont pas laissés en libre accès aux Apprentis, afin de ne pas leur brouiller l’esprit avec des courants idéologiques susceptibles de troubler leur apprentissage… »
Vadith aurait pu être mécontent de cette couche de protection qu’on infligeait aux Apprentis — ou peut-être à l’Ordre Sith en lui-même, qui aurait été bien en peine de gérer des esprits jeunes, inexpérimentés et contestant pourtant le savoir de leurs précepteurs — mais au contraire, les restrictions donnaient aux lectures grappillées et aux savoirs effleurés d’autant plus de saveur. D’autant qu’il savait pertinemment que tous les Apprentis n’avaient pas forcément le recul ou la distance pour apprécier certains textes à leur juste valeur.

Alors que le sujet s’immisçait dans son esprit, Varss, qui s’était levé, lui donna un conseil inattendu. Ce n’était pas tant la nature de cet avertissement qui surprit Lysander que le fait d’en recevoir un. Depuis tout ce temps, il le savait. Sarkin comme lui avaient pu constater que leur passion pour les choses de l’esprit pouvaient être perçue comme une faiblesse, mais le Chiss comme l’ancien esclave étaient encore là aujourd’hui, preuve que s’ils avaient une faiblesse, ce n’était certainement pas celle-ci. Cependant, il prenait ce conseil comme, si ce n'était une marque d'estime, au moins une marque de reconnaissance. Au vu des derniers jours difficiles qu'il avait passé, Vadith appréciait tout particulièrement.

Imitant la gravité de Lord Anguis, l'Apprenti opina, puis se leva.
« Il est vrai qu’on n’est jamais sûr de connaître ses amis. »
Certains ennemis se cachaient particulièrement bien. Une chance, ceux de Vadith n’étaient pas aussi retors, en témoignait sa main. Quant aux autres, à l’exclusion de Sarkin, il ne se voyait simplement pas discuter de ces sujets avec eux. Il imagina sans mal l’ennui d’Ashan face à tant de verbillage.
Vadith s’inclina poliment pour saluer son aîné.
« Merci pour cet échange, Lord Anguis. »

Lysander réalisa qu’il s’était assez facilement laissé emporter par le cour de la conversation. Au point qu’il en avait oublié de chercher à comprendre les intentions du lord Sith derrière cette attitude pour le moins inhabituelle. C’était rare qu’il voie sa méfiance endormie si facilement en face d’un inconnu. Aussi, l’ombre d’un sourire apparut-elle en réalisant qu'Antor Varss devait particulièrement bien porter son nom de Lord. Cela, en plus de ses choix de lecture, rendait en définitive Varss plutôt sympathique.
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  • Posté le Mar 3 Avr - 23:28

    Message n°8749 (19)

Antor connaissait bien les mêmes rumeurs au sujet des textes interdits. Il les savait aussi exactes, même si la réalité n’était pas aussi romancée que ça. Les textes en questions étaient surtout des documents anciens, fragiles, voire lié à des holocrons. Autant de chose que personne ne voulait laisser à la portée de novice. Bien sûr, même parmi les sphères plus élevées, on murmurait des choses sur l’existence de texte caché pour d’autres raisons. Contenu hérétique, texte écrit par des Jedi ou des Sith dont l’allégeance au côté obscur était douteuse, sinon inexistante. Antor lui-même n’était pas certain que ces rumeurs soient vraies. Cela dit, il prenait un certain plaisir à les voir courir sur le campus.

Non seulement, elles stimulaient la curiosité des élèves pour les textes Sith, chose qui n’était pas toujours facile à faire, mais en plus elles maintenaient une dose saine de doute chez les Apprentis. Doutes sur ce qu’on leur enseignait, sur ce qui disait leur maître et, potentiellement, doute sur ce que système voulait dire. Cela dit, cette dernière étape était plus que rare, l’endoctrinement commençant en général très jeune. Une bonne partie de ses conversations avec de jeunes apprentis avait pour but de déterminer à quel point cet endoctrinement était implanté et, chez Lysander Vadith, cela ne semblait pas si élevé.

Aussi, Antor se demanda s’il devait vraiment commenter cette mention de textes secrets, ou s’il gagnerait plus à simplement sourire et laisser son jeune ami interpréter ça de son côté. Finalement, le lord du district 3 ne dit rien, laissant un vague rictus soulever un coin de ses lèvres.

Voyant le jeune homme incliner la tête, Antor opina légèrement. Son avertissement était général, et il se doutait que Lysander n’avait pas réellement besoin de lui pour savoir ça. Cependant, ça lui indiquerait toujours qu’il y avait des gens autres que des apprentis qui savaient ce qui se passait du côté de l’Académie, et qui n’en étaient pas forcément fan.

« Jamais sûr de rien. C’est encore la meilleure stratégie, Lysander. » Il sourit, poliment. « Ce fut un plaisir. Remets-toi bien. »

Il aurait pu ajouter quelque chose, comme lui dire qu’il suivait son parcours après le procès ou qu’il lui souhaitait bon courage pour subir les conséquences dudit procès. Mais le seigneur Sith se contenta de déverrouiller la porte, sortant d’un pas souple, traversant les salles de l’hôpital comme si l’endroit était à lui.
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