Star Wars Ascension


Faire face, et advienne que pourra - Eryndal

Star Wars Ascension » Au coeur de la Galaxie » La bordure extérieure » Malachor V

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  • Posté le Mer 14 Fév - 23:46

    Message n°6492 (1)

Je n’ai jamais eu autant de mal à canaliser ma colère. Elle déferle en moi avec la puissance d’une mer enragée. Je suis sur le point de perdre mon Maître et mon avenir se trouble d’un voile d’obscurité. J’ignore ce qui va m’attendre, désormais, et si la confiance que l’on m’a prêté pour cette mission sur Dantooine me sera ou non retirée. Mon Maître a commis une faute qui contrevient aux lois de Seigneur Daleth, et je serais chanceux de ne pas subir les éclaboussures de son déshonneur. Je suis révolté, et déçu.
Pour l’heure, les médias dévorent goulûment l’honneur de mon précepteur quand bien même l’enquête du Triumvirat vient à peine de commencer. Si Gaben m’a demandé de garder la foi envers notre Seigneur, je n’ai, pour l’heure, foi qu’en moi-même. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé audience auprès de la Main Noire. Je ne peux me résoudre à attendre la venue du Triumvirat comme un chien attend au chenil l’heure de son euthanasie. Quitte à souffrir, autant aller au devant de la souffrance. Je ne tiens pas à me cacher, d’autant que je n’ai rien à me reprocher. Et puis, c’est un acte de bonne foi qui me semble tout à fait légitime alors que Lord Davoros m’a demandé de ne pas interférer.
Peut-être aurais-je au moins plus de réponses auprès de Darth Sanguis que de mon Maître. Peut-être aussi me mènera-t-il directement face aux Exécuteurs, pour que je réponde à leurs questions. Quoi qu’il en soit, je m’y suis préparé. Malgré la violence de mes émotions, je ferai face en conservant mon sang-froid. »

— Notes de Lysander Vadith


Les portes de l’Académie s’ouvrirent sur l’Apprenti Vadith, dont le visage reflétait un mélange de gravité et de détermination. Alors qu’il amorçait sa marche dans le vaste hall d’entrée, le jeune homme fut frappé par la normalité des lieux. Ils n’avaient pas changé ; comment l’auraient-ils pu ? Les Sith, Acolytes, Apprentis ou Lords, vaquaient à leurs affaires comme chaque jour, mais pour Lysander, ce n’était pourtant pas un jour comme un autre. Il ne se dirigeait pas, comme il en avait l’habitude, vers les salles de méditation, d’entraînement ou encore vers la bibliothèque. Au lieu de quoi, il marchait jusqu’au bureau administratif, où il se présenta afin d’accéder à l’étage du Conseil.

C’était la première fois qu’il accédait à l’un des étages supérieurs de la pyramide. Dans d’autres circonstances, Vadith en aurait éprouvé une certaine curiosité. Aujourd’hui néanmoins, sa seule préoccupation était l’entretien qui allait se dérouler d’ici quelques minutes, et qui, l’espérait-il, éclairerait l’Apprenti sur son avenir.

Le fait d’avoir été annoncé par l’accueil du rez-de-chaussée n’épargna pas à Lysander le regard lourd de circonspection de la gratte-papier qui tenait le bureau d’accueil. Clairement, elle se demandait ce qui valait à un Apprenti de se trouver là et n’avait pas la moindre intention de lui donner autre chose que l’impression d’être un intrus. Cette charmante fonctionnaire était à des lieux d’impressionner l’Apprenti Sith, qui avait bien d’autres tuk’atas à fouetter.
« Apprenti Vadith. » s’annonça-t-il sans s’embarrasser d’un mot de politesse, eut égard à l’expression condescendante qu’elle lui renvoyait. « J’ai audience auprès de Darth Sanguis. Auriez-vous l’obligeance de m’annoncer ? »
Un silence un peut trop long ensuivit ses paroles solennelles. Puis, sans un mot à son attention, elle appuya sur un bouton de son comlink de bureau.
« Patientez ici. » ordonna-t-elle une fois qu’elle eut prévenu de son arrivée. Vadith hocha la tête et s’éloigna de quelques pas, profitant de ce moment d’accalmie pour faire le vide.

« Apprenti Vadith ? » L’interpelé se retourna presque dans un sursaut alors qu’un Chiss à la tenue sobre mais particulièrement soignée le sortait de sa méditation improvisée. « Suivez-moi. La Main vous attend. »

Que de cérémonie. Le changement d’atmosphère entre la précédente rencontre de Lysander avec la Main Noire et celle qui allait venir avait quelque chose de surréaliste. Il se demandait, d’ailleurs, comment il allait être accueilli. Cependant, il avança sans hésitation, se calant sur le pas de son escorte, jusqu’à ce qu’elle ouvre la porte du bureau d’Eryndal et lui cède le passage.
Vadith prit une discrète inspiration, puis entra. Les quelques pas qui le séparaient du bureau du Zabrak lui parurent infiniment long, mais, enfin, il se trouva face à lui.

« Darth Sanguis, je vous remercie de m’avoir accordé audience. »  salua-t-il en ployant littéralement le genou. Dès lors, il garda tête baissée.
« Je viens auprès de vous répondre des erreurs de mon Maître, dont l’apparente gravité a suscité l’intérêt des Frères et Sœur de l’Obscur. Je n’escompte pas, en venant vers vous, me soustraire à l’examen du Triumvirat, si celui-ci estime qu’il a lieu d’être, mais répondre aux interrogations qui, du fait de ma promiscuité avec Lord Davoros, sont susceptibles d’être nourries à mon égard. L’honneur ainsi que ma loyauté envers notre Seigneur Daleth me dictent de venir à vous plutôt que de me soustraire à mes devoirs. J’ignore pour autant la gravité de la situation, tout comme j’ignore quels soupçons pèsent sur mon Maître. Je peux néanmoins témoigner de l’homme qu’il est, ou du moins du précepteur. »
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La Main Noire
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  • Posté le Jeu 15 Fév - 13:01

    Message n°6509 (2)

Un long soupir s’échappe d’entre les lèvres de la Main noire alors que son faciès vermeil peint de ténèbres se fond dans l’ambiance lumineuse de ce bureau peu éclairé, dont les murs de marbre noir se couvrent du drapé à la fois caressant et funeste de lueurs rougeoyantes. Seuls les écrans holographiques émettent une froide et pâle lumière qui se déverse dans le reste de la pièce, inondant d’informations le regard de braise qui les fixe. Des cartes complexes s’affichent et s’animent, des données croisées se recoupent tandis que le Darth, sur un autre écran tactile, s’occupe déjà de préparer de prochaines missions pour étendre l’œuvre du Seigneur noir, une œuvre dont les rouages ne dorment jamais et dont les projets ne s’immobilisent pas à cause des autres affaires en cours. Même si les affaires en question sont du genre à vous bouffer l’esprit et à vous souffler toute bonne humeur au travail.

A vrai dire, le zabrak regrettait presque les Sith renégats. Au moins leurs motivations étaient simples, dangereuses certes mais faciles à cerner et même s’il a fallu du temps, une organisation pareille ne pouvait que finir par sombrer avec ses desseins meurtriers. S’occuper des conneries de Sith qui se disent loyaux au Seigneur noir et nettoyer la merde comme on peut pour tenter d’éviter des émeutes dans les avenues de Maloran qui seraient bien capables de renverser la poignée de Sith qu’ils représentent face à la masse de cinquante-mille citoyens en colère, par contre… Non, ça, ça lui donne envie de se frapper la tête contre les murs, quitte à s’en briser les cornes. Qu’est-ce qui avait bien pu passer par la tête de Lord Dementis en condamnant ces trois pauvres types à la mort ? Qu’est-ce qu’il avait dans la tête depuis qu’il était Lord, surtout ?

Et plus le Triumvirat travaillait, plus des choses revenaient vers la surface. Les langues commencent doucement à se délier parmi le personnel et déjà on a retrouvé ceux qui ont été chargés de « nettoyer ». Qu’a-t-on fait des corps ? Voilà la question la plus importante que se sont posée les Frères de l’Obscur. Car pas de corps, pas de preuves, pas d’autopsie, pas de détermination des causes de la mort. Il leur fallait les retrouver à tout prix, pas seulement pour l’enquête mais pour les familles. Alors, quand on a su que c’était le service de nettoyage qui avait été chargé de faire la propreté des lieux à la sortie de Gaben, comme si tout était parfaitement normal… Disons que les choses risquent d’aller de mal en pis pour lui à ce rythme-là. Si ces pauvres employés n’ont rien dit, rien protesté, face aux corps sans vie de leurs collègues gardiens, ce n’est certainement pas par joie d’effectuer ce travail des plus répugnants. Contraints par la peur de subir le même sort, oui. Un tel climat ne s’était pas instillé du jour au lendemain ni par magie, c’est donc qu’il y a eu des antécédents devenus routine. Est-ce antérieur à l’arrivée de Gaben au poste de directeur ou relativement récent ? Autre axe de travail pour le Triumvirat…

Rien que d’y songer, Eryndal en est déjà agacé et, pas de chance, il n’a pas d’autre choix que d’avoir ses pensées qui vagabondent sur l’affaire étant donné son visiteur incongru du jour. Accorder des entrevues avec des apprentis ici, dans ce bureau, n’est guère dans les habitudes de la Main noire, mais les circonstances sont tout aussi exceptionnelles que la raison de l’audience. Alors qu’on lui annonce l’arrivée de Vadith, le zabrak se laisse reculer dans le dossier de son siège, attrapant son inséparable tasse de café pour s’accorder un court instant de pause entre deux batailles qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Au bout de quelques minutes, les portes finissent par coulisser, révélant la silhouette de l’apprenti et de son accompagnateur en ces lieux si solennels, où chaque bureau de Darth se voit accompagné du portrait sculpté du masque du Seigneur noir. Face au bureau, aucun siège n’est prévu pour les éventuels visiteurs et le regard d’Eryndal se pose sur l’apprenti qui pose le genou à terre. Attendant que la porte se referme, le zabrak efface d’un geste de la main les hologrammes qui veillaient jusque-là de leur faible lueur bleutée.

« Bonjour, Lysander. », se contente-t-il d’émettre en guise de bienvenue et de préambule, lui laissant alors tout le loisir de s’exprimer. La tête légèrement penchée sur le côté, les doigts du zabrak s’entrecroisent doucement à mesure que les mots s’échappent et s’enfilent comme des perles. Alors… il ne sait même pas ce qui est reproché à son maitre ? Eryndal se contente de hausser un sourcil de désarroi et finit par dire : « Alors… il n’a rien dit ? » Un soupir s’échappe d’entre ses lèvres : peut-être qu’au final il n’assumait pas tant que ça, ou qu’il n’en était pas si fier. Ou bien tout le contraire. Dans tous les cas, Lysander a le droit de savoir, il en va de sa légitimité d’apprenti. « Redresse-toi, on ne te demande pas de faire la poussière. », lâche-t-il en se penchant vers sa table de travail, posant ses coudes sur le bord du bureau. Une grimace tord un instant les lèvres de la Main noire tandis qu’en quelques gestes, il fait afficher sur un écran holographique les trois victimes, employés jusqu’alors comme gardiens de prison. Peut-être le garçon les a-t-il connus.

« Gaben Davoros a assassiné ces trois employés de sang-froid, pour, a-t-il dit, insubordination. Non content de s’improviser juge et bourreau en dehors de ses attributions de directeur du pénitencier, il n’a guère cherché plus loin pour expliquer le retard de leur intervention lors d’une bagarre qui a dégénéré entre détenus et dont la victime était Lord Canem alors en mission d’infiltration. » La mine sombre, le zabrak hausse les épaules avant de tourner son regard de braise en direction de l’apprenti. « La question n’est pas de savoir pourquoi les gardiens ne sont pas intervenus tout de suite. Même si on peut leur attribuer une faute professionnelle, celle-ci ne méritait certainement pas la mort en guise de blâme et, de toute façon, les lois concernant les droits des citoyens sont très claires à ce propos. » Si claires que, pour ce genre de comportements déviants, les peines appliquées par la justice sont très dures. Surtout quand la justice en question va s’incarner en Daleth en personne. « Outre le sort de ces trois malheureux, et les répercussions engendrées pour leurs familles, l’enquête porte aussi un intérêt croissant pour les conditions de travail des employés. La sphère de la justice s’étonnait encore récemment pour une recrudescence des cas de récidive, à croire que certains ont presque un abonnement aux séjours en prison. Cela ne serait même plus étonnant si un tel spectacle est donné… des gardiens qui ne sont pas estimés ni respectés par leur hiérarchie, ne risquent pas de l’être du reste de la population carcérale. C'est donc tout le système qui en pâtit. »

A ses mots, le zabrak s’enfonce dans un silence bien peu avenant. C’était maintenant au Conseil, à Daleth et à lui-même, avec l’aide des conclusions de l’enquête, de réparer toutes ces fichues dérives. Voire réformer le système. Quitte à mettre un citoyen au poste de directeur, par exemple. Bref, beaucoup de travail les attendrait, mais pour l’heure il se retrouvait avec l’apprenti du fautif face à lui. « Je sais que tu n’es pas responsable des actes de ton maitre et tant que rien ne peut prouver une éventuelle implication de ta part dans ces écarts, tu n’as rien à craindre du Triumvirat. Avec les éléments actuels, nous pouvons cependant estimer que de telles déviances ne sont pas apparues du jour au lendemain et que ces actes condamnables pourraient ne pas être les premiers. » Regard appuyé vers Lysander. L’apprenti du directeur de la prison fréquentait la prison, et d’une manière ou d’une autre, il aura pu noter le fonctionnement intrinsèque des comportements des employés. Il aurait peut-être quelque chose d’intéressant à révéler, même si pour l’heure, il lui faut déjà encaisser toutes ces révélations.





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  • Posté le Jeu 15 Fév - 16:38

    Message n°6518 (3)

À l’ordre pour le moins bourru — et de fait typique — de la Main Noire, Vadith se releva et joignit les mains devant lui, demeurant silencieux face à la question rhétorique de Darth Sanguis. Lord Davoros avait toujours été avare en informations. C’était dans sa nature. Il philosophait volontiers sur les choses mais son attitude pouvait donner l’impression qu’aborder le concret lui paraissait vulgaire. Quand bien même cela était fondamental, dans des circonstances telles que celles vécues par les différents protagonistes.
Pour l’heure, le visage de l’Apprenti reflétait calme et sérieux, sans rien laisser paraître du volcan sous-jacent. Il se maintenait, droit sur ses pieds, immobile et le regard braqué sur Eryndal, prêt à entendre ce qu’il aurait à dire. Quand bien même il sentait que cela ne lui plairait guère.

L’attention du jeune Sith bifurqua sur l’écran qu’allumait la Main Noire et Lysander, qui était particulièrement familier du centre pénitentiaire, reconnut quasi immédiatement les trois gardes en question. L’un d’eux avait une fille, de ce qu’il se souvenait. Il l’avait entendu, lors d’une mission d’infiltration, se plaindre de son salaire qui ne lui permettait plus de maintenir l’inscription de celle-ci aux activités sportives qu’elle aimait. Une conversation de couloir, à priori inutile, à priori sans intérêt majeur, mais le genre d’information mineure que Lysander avait appris à mémoriser par réflexe, et qu’il avait coutume de rapporter à Lord Davoros. Et c’était, à cette heure, exactement le genre d’information qui éclairait un peu plus le contexte, lorsque le Darth parla d’assassinat pour insubordination.

Une ombre était passée dans les yeux de Vadith. Le mot était lourd, d’autant plus lourd que l’acte répréhensible ne valait pas la réaction. Insubordination. Cela voulait tout dire et ne rien dire à la fois. Une chance, Eryndal faisait moins de mystères que son Maître, et lui expliqua clairement les tenants et aboutissants du crime. À l’ombre succéda l’incrédulité. Ce ne pouvait pas être la seule raison. Comment Gaben, qui lui paraissait si imperturbable, pouvait avoir perdu ainsi son sang-froid ? Quelque chose clochait avec la vision qu’il avait de son Maître et du souci qu’avait ce dernier de remplir ses devoirs auprès de Darth Daleth. Il paraissait aberrant que celui qui n’avait de cesse de jauger la loyauté de son Apprenti envers le Seigneur Noir vienne subitement à ignorer les lois de celui-ci. Mais, comme il le prouvait présentement, Lord Davoros n’était pas infaillible. Son plus grand défaut résidait sûrement en l’implacable rigueur de son intransigeance. Ce pouvait-il que cette dernière ait momentanément consumé la raison de son Maître ? C’était la seule défense que pouvait amorcer Lysander, même si elle ne le satisfaisait qu’à moitié.

L’Apprenti déglutit, comme pour ravaler ses doutes avant qu’ils ne montent à la surface. Ce n’était pas le moment d’analyser les actes de Davoros. Son regard, qui fixait toujours le Zabrak mais sans plus le voir, fut traversé d’un bref soulagement quand, ramené à la réalité par les nouvelles paroles du Darth, il apprit qu’il ne craignait rien, pour l’heure. Néanmoins, l’intensité du regard que lui renvoyait Eryndal démontrait bien qu’il attendait une coopération active en retour.
Lysander prit le temps de rassembler ses pensées. Ce que venait de lui apprendre Eryndal était un gros morceau à ingérer, et il devait redoubler d’efforts pour ne pas avoir l’air totalement dépassé parce qu’il entendait.

« Je connais le centre carcéral dans le moindre détail. Des rondes des gardiens, leurs habitudes, les interstices où se glisser pour échapper à la surveillance de ces derniers. De fait, je connais également les hommes bien qu’eux ne me connaissent pas. Toby, Mako et… Dash. Le premier… Il avait une fille, je crois. Je l’ai entendu se plaindre que la raréfaction des primes rendait son quotidien difficile, au point qu’il ne pourrait plus renouveler l’abonnement sportif de cette dernière. »
Plissant les yeux, il tenta de se remémorer quelques bribes d’informations concernant les deux autres, mais rien de pertinent ne lui vint spontanément à l’esprit. « C’est le genre de plainte qu’il est devenu plus courant d’entendre depuis que les coupes budgétaires ont restreint les capacités financières du pénitencier. Aussi le climat, si on ait jamais pu dire qu’il ait été serein, est plus tendu ces derniers mois, mais je n’ai pas eu matière à soupçonner de tels actes de la part de Lord Davoros.
Il y a eu des démissions. Le cadre de travail instauré par mon Maître demande une force morale qui n’est pas accessible à tout un chacun. Son intransigeance lui attire à la fois crainte et défiance. Il attend de ses subordonnés qu’il ressentent le même honneur à servir Maloran que lui. »

Après un bref silence méditatif, il ajouta : « Je ne peux pas prendre sa défense, mais je suis complètement décontenancé. Je ne peux pas m’empêcher de croire qu’il doit y avoir une autre raison pour laquelle il a exécuté ces trois gardes, quand bien même l’acte n’est pas excusable. »
Peut-être le Côté Obscur l’avait-il dominé. Peut-être s’était-il laissé aller, une poignée de secondes, à ses pulsions, ses passions les plus obscures. Alors, plutôt que de contrôler la Force, la Force avait pris possession de lui. Ils n’étaient pas des saints, après tout, et seule la maîtrise rigoureuse de leurs émotions et de leurs passions permettaient aux Sith de ne pas sombrer dans la spirale de puissance et de passions vers laquelle le Côté Obscur les attirait constamment. Lui-même, en ce moment, n’avait-il pas envie de laisser surgir sa rage, sa frustration, les hurlements de fureur qu’il contenait derrière son visage fermé ? Mais lui n’était pas un lord. Lui n’était pas Gaben Davoros.
De toutes ces pensées, cependant, Lysander n’osa rien dire. Ce n’était pas son rôle de juger son Maître, quand bien même la déception lui laissait un arrière-goût amer.
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La Main Noire
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  • Posté le Dim 25 Fév - 0:43

    Message n°6951 (4)

Du coin de l’œil, le zabrak aux airs revêches observe attentivement l’apprenti dont l’avenir est devenu incertain par la faute de son maitre. Que pourrait-il y avoir de pire, d’avoir son honneur bafoué par des actes qui ne sont pas les nôtres ? Son regard de braise braqué en sa direction, la Main noire ne dit rien mais n’en pense pas moins de tous les signes qu’il peut décortiquer sur le visage de Lysander. Choqué, décontenancé. C’est ce qui transpire le plus de l’aura du jeune homme. Enfoncé dans son siège dans une posture qui semble détendue voire dédaigneuse, c’est pourtant avec toute son attention qu’il écoute chaque mot de son interlocuteur. On en revient donc à un problème de fric, songe-t-il en retenant un soupir agacé. « En effet, c’est embêtant. », commente-t-il sur la question de la suppression progressive des primes pourtant bien utiles pour de nombreuses familles qui peuvent dès lors profiter des loisirs proposés par Maloran. La vie n’est pas tous les jours faciles, mais il va sans dire qu’en créant cette société, le Seigneur noir a toujours eu à cœur de mettre le peuple au cœur des préoccupations des dirigeants.

La mine assombrie par les tatouages noirs qui modèlent son visage, le colossal zabrak esquisse une légère grimace contrariée en méditant sur les paroles de Lysander qui ne vont pas sans rappeler une brève entrevue qu’il avait eue avec Gaben autour d’un verre ou deux. Des questions budgétaires qui s’étaient immiscées dans la conversation, comme si c’était de la faute du district ou pire, du Conseil noir. Non, le Seigneur noir n’est pas du genre à faire des coupes pour le plaisir de faire des coupes, sans réfléchir aux conséquences ni aux manières d’améliorer le système et la situation. « Le taux d’imposition a été abaissé, il est vrai ; ça ne veut pas dire que le Conseil noir a lâché l’avenir du pénitencier dans la nature. Toutes les clés ont été données à l’infrastructure pour être tôt ou tard capable de subvenir à ses propres besoins. » A quoi servaient alors les combats d’arène qui généraient tant de paris et par conséquent, des gains non négligeables ? La mine de métaux rares juste sous le pénitencier n’était pas seulement une punition pour les prisonniers, mais un élément de ressource financière important, tant pour la prison que Maloran tout court. « Si vous ne savez pas gérez des finances, il fallait le dire tout de suite. », grince le zabrak en se pinçant l’arête du nez. Il ne manque plus qu’un scandale financier avec quelqu’un qui a détourné des fonds, pour couronner toute l’affaire.

Un léger rire rauque et moqueur s’échappe de la gorge du Sith alors que son regard se perd sur l’étendue de son bureau. « Servir Maloran ? Ces gens, les citoyens, ils ne sont pas là pour servir Maloran, ils sont Maloran. Ils sont l’âme de la création du Seigneur noir, ils sont la preuve vivante qu’il a réussi ce qu’aucun autre Sith n’a réussi à faire depuis tous ces millénaires : une société juste qui s’épanouit, loin d’un régime de terreur duquel ils en seraient les esclaves. Ce sont aux Sith de se montrer dignes de Maloran, pas l’inverse. » Les mots sont acides mais passionnés, fiévreux, d’une dureté qui empêche toute réplique. Parce que ces mots sont vérité et justesse, parce que c’est cela, l’héritage de Daleth. Un héritage qui offre une chance à ceux qui ailleurs, n’en auraient aucune.

Relevant les yeux en direction de Lysander qui a repris la parole, les lèvres du Darth se pincent légèrement, se parent de cette grimace peu convaincue qu’il est si habituel d’apercevoir sur le visage de rouge et de noir. Il doute que qui que ce soit puisse prendre la défense du Lord directeur et il doute encore plus que Daleth soit d’humeur à excuser… ceci. Trop de morts avaient déjà pavé le chapitre des Sith renégats, et ces trois-là étaient ceux qui faisaient déborder le vase. « La justice s’intéresse aux faits, apprenti Vadith. Je crois être le mieux placé pour en vouloir à ces trois types de ne pas être intervenus immédiatement pour éviter que Lord Canem soit passée à tabac. Mais plutôt que de les exécuter eux, j’aurais plutôt passé mes nerfs sur les agresseurs. Et de quoi ils ont écopé, eux ? Trois jours d’isolement. Des vacances de plaisance au vu des profils ; un présumé violeur et un écorcheur d’esclaves qui ne manquent sûrement à personne. » Une ombre colérique passe dans l’ardente lueur de ses iris jaunes. Trois jours d’isolement pour ces fils de pisseuse, et la mort pour des gardiens sous-payés. « C’est ma femme et mon gosse qui ont presque fait les frais de l’incompétence du seul mec payé et missionné pour la protéger pendant SA PUTAIN DE MISSION ! ET PLUTÔT QUE DE FAIRE SON BOULOT CORRECTEMENT, IL SE DÉFOULE LES NERFS SUR DES CITOYENS, ET ENSUITE ON VIENT ME CAUSER DE PROBLÈMES DE FRIC ?! ELLE EST OÙ LA RAISON, NOM D’UN CUL DE JEDI ? »

La Main noire a explosé sans prévenir et, avec l’emportement soudain et fatal du zabrak, alors même que ses poings s’abattent sur la table de travail, ce sont les dossiers entassés sur les coins du bureau qui volent d’un bout à l’autre de la pièce. Les éclats de sa voix de plus en plus forte rebondissent sur les murs, et sans doutes que des bribes peuvent être entendues dans les pièces à côté, résonner dans les couloirs et se frayer un chemin dans les terreurs nocturnes des curieux qui n’ont pas à trainer dans les parages. Le regard plus brûlant que jamais, la mâchoire serrée, le zabrak expire pourtant d’un calme inquiétant.





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  • Posté le Dim 25 Fév - 15:34

    Message n°6999 (5)

La réponse du Zabrak à propos des finances aurait pu faire pincer des lèvres l’Apprenti Vadith s’il n’avait pas, en ce moment, une parfaite maîtrise de lui-même et de son attitude. Montrer son désaccord ou la moindre marque qui pouvait être interprétée comme de l’insolence n’allait pas servir ses intérêts et, bien qu’il n’en pensait pas moins, il s’abstiendrait de dire qu’il n’avait, pour sa part, aucun droit ni devoir sur l’économie du centre pénitentiaire.
Pour l’heure, Darth Sanguis avait manifestement choisi de l’associer à son Maître. Ce n’était manifestement pas une bonne nouvelle, mais cela n’étonna pas plus Lysander. C’était certainement le premier d’une longue série. Si son nom venait à être, lui aussi, jeté en pâture à la communauté, nul doute qu’on lui prêterait les mêmes prétendus défauts qu’à Lord Dementis.
Une vague de colère l’irradia, mais il la repoussa, au moins aussi bien que la passion envahit subitement Eryndal.

Une passion qui emporta Darth Sanguis au-delà de toute attente. Le Zabrak parut soudain encore plus colossal qu’il ne l’était déjà. Une lueur d’inquiétude passa dans les yeux de Lysander, lorsqu’il vit l’ombre menaçante de la colère irradier les prunelles du Sith.
Si une part de lui comprenait la colère de la Main Noire, l’autre part se trouva totalement décontenancée face à l’explosion soudaine à laquelle il dû faire face.
Sa fierté, cette vaniteuse bravache, l’empêcha de reculer ne serait-ce que d’un pas lorsque, tout à coup, les dossiers s’envolèrent et la voix tonitruante du Zabrak heurtèrent les tympans de l’Apprenti. Ses doigts se serrèrent pourtant contre ses mains jointes et le pli de sa bouche s’allongea, crispé.

Qu’est-ce que c’était que ce discours. Lui reprochait-on de rapporter ce qu’il entendait ? Ce n’étaient-là que des faits, des faits auxquels Vadith ne pouvait apporter aucune justification.
Mais plus que la colère d’un Sith qui avait craint pour la santé de sa compagne et de son enfant à venir, c’était le discours que lui avait fait Eryndal à propos de la société de Maloran qui avait le plus heurté les oreilles de Lysander, quand bien même il ne l’avait pas hurlé, celui-là.

Une société juste. C’était cela, le but de Maloran ? Le regard baissé sur ses bottes, Lysander se remémora sa petite enfance. En esclave. Quelle justice ? À l’heure actuelle, ses propres parents trimaient sous les coups de leur Maître. À moins qu’ils ne soient morts, depuis le temps. Vadith n’en avait aucune idée, il n’avait jamais repris le moindre contact avec eux. Pour la simple et bonne raison qu’on lui avait fait ressentir, depuis toujours, ses ascendances comme honteuses. Parce que tout était bon, entre Acolytes, pour rabaisser, dépasser, écraser celui qui était autrefois un camarade, et qui était devenu un rival à abattre. Parce qu’il était un survivant. Parce que le monde était cruel, et parce que cette société florissante était gangrénée par les guerres intestines, qu’on avait à cœur de faire éclore dès l’âge le plus tendre. C’était une situation dont Vadith s’accordait, quand bien même les rancœurs qu’il conservait du temps où il était Acolyte avaient tendance à le fatiguer plus qu’à l’animer comme à cette époque. Mais, pour quelqu’un qui était passé sans transition du statut d’esclave à celui de Sith en devenir, ne pas sourciller lorsqu’on lui parlait de société juste relevait du défi. Maloran la superbe était érigée sur les ossements des premiers esclaves, lesquels avaient été autrefois des êtres libres arrachés à leur planète d’origine, pour être enfermés à tout jamais sur une planète inhospitalière, privés de la vision des étoiles. Vadith, pour sa part, n’avait aucune complaisance vis-à-vis de la réalité de la cité Sith. Pour autant, il n’avait aucun problème avec la dureté de cette réalité.

Pouvait-il se permettre de le rétorquer à la Main Noire, de lui rappeler qu’il se souvenait très bien de ce que signifiait être esclave à Maloran quand bien même il avait été arraché très tôt à sa famille ? Que cette ascendance marquait encore au fer rouge sa personnalité et ses ambitions ? Il n’y avait pas plus basse extraction que la sienne. C’était ce qui le motivait d’autant plus à se distinguer.
Quant aux citoyens de Maloran, ils avaient manifestement le beau rôle. On n’attendait peut-être pas même d’eux la moindre compétence dans leur office, ne put-il s’empêcher de penser avec mauvaise foi. Pour autant, les citoyens n’étaient pas des brebis sans défense, quand bien même l’absence d’armement plaçait indubitablement la population sous la coupelle des Sith. Malgré l’absence de blaster, malgré les lois et le Triumvirat, le bon peuple trouvait des biais détournés pour commettre des actes assez atroces pour finir dans les arènes du District 5.
Rien n’excusait qu’on exécute trois gardes incompétents plutôt qu’on envoie aux arènes ceux qui avaient passé Lord Canem à tabac. Pour autant, Lysander comprenait mieux l’idée que les citoyens aient des devoirs envers leur cité et envers ceux qui leur offrait protection, et avenir, que l'idée qu'extraits de leur condition d'esclaves, ils n'avaient plus rien à donner aux Sith.
Aussi se trouvait-il partagé entre la honte, lui brûlant le ventre à se voir maculé par la faute de Davoros, et l’incrédulité face à la ferveur de la Main Noire. Une poignée de secondes s’écoula, infiniment longue tant le silence paraissait lourd après l’éclat du Zabrak.

« Je ne fais que traduire ce que je sais, Darth Sanguis. Je cherche à comprendre une situation qui me dépasse, car je n’imaginais pas Lord Dementis capable d’un jour contrevenir aux lois de la cité. Il est le premier à me rappeler mes devoirs et à mettre à l’épreuve ma loyauté envers notre Seigneur Daleth. » murmura sagement Lysander tandis qu’un document tombait mollement à ses pieds, dans un petit soupir délicat de papier. « Je ne vous exprime pas mon avis, mais ce que j’ai perçu de mes derniers passages au centre. Mon Maître pense que chacun doit contribuer, selon sa position et selon ses moyens, au bien de la cité. Il a refusé de m’expliquer les raisons de son geste, comme il n’a pas souhaité répondre lorsque je lui ai demandé ce qu’il s’est passé ce jour-là. Alors, tout ce que je sais, c’est que les gardiens ne se sentent pas traités à leur juste valeur. Pour le reste, je ne peux faire que des suppositions qui n’ont donc pas la moindre valeur. Cependant, il y a peut-être des questions que vous aimeriez me poser, en tant qu’Apprenti de Lord Dementis. Je souhaite coopérer dans cette enquête, car j’espère moi aussi faire le jour sur ce qui s’est produit ce jour-là. »

Se taisant, Lysander quitta du regard Eryndal pour observer une feuille tanguer sur le rebord du bureau. Elle semblait hésiter entre rester à sa place et plonger à corps perdu vers le sol, peut-être elle aussi impressionnée par la colère qui exsudait encore de son propriétaire. L’instant d’après, l'Apprenti s’était ressaisit, observant fixement dans les yeux la Main Noire, le dos droit et le menton légèrement relevé.
Il ne perdrait pas son aplomb, pas même si c’était sa tête qui menaçait de voler à la suite des affaires d’Eryndal. Il éprouvait assez de honte comme ça, inutile de s’ajouter celle de trembler pour des fautes qui n’étaient pas les siennes. L’aigreur de l’injustice macérait dans sa bouche comme un relent de pitance mal digérée. Lui aussi, avait envie d’exploser, mais il refusait de dévoiler aussi clairement ses émotions face à un Sith qui avait certainement la position de décider de son destin.
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  • Posté le Dim 25 Fév - 17:35

    Message n°7008 (6)

Une longue inspiration vient soulever les épaules massives du zabrak qui, bien que toujours assis au fond de son siège, semble plus imposant encore que d’habitude. La colère gonfle cette aura qui l’entoure et qui déforme la réalité perçue par les sens faillibles des mortels. Sa voix tonitruante aurait encore de quoi débiter après toutes ces journées, ces semaines de tension accumulée non seulement à cause de cette affaire, mais par la mission d’Anhesis, celle qu’il avait lui-même menée avec Darth Saevus, et toutes celles secrètement organisées pour étouffer enfin la rébellion dans l’œuf qu’elle tentait de briser. Pour un concours de gueulante, Eryndal pourrait probablement sortir vainqueur sans effort, parce que jusqu’ici il n’avait guère eu l’occasion d’ouvrir la soupape qui aurait dû l’empêcher d’exploser. Considérant le jeune apprenti d’un regard noir, il accueille ses piteuses excuses d’une grimace désapprobatrice.

Personne n’imaginait Lord Dementis accusé d’autant de sang sur les mains, et tous n’ont pas arrêté de le répéter depuis des jours d’interrogatoire au point où même le Triumvirat commençait à s’en agacer. Pire, plus que tout, Daleth et Eryndal en sont probablement les plus désarçonnés, et les plus en colère. Comment la personnalité d’un ancien Jedi qui s’ignore, aurait pu à ce point tourner vers… vers la personnalité d’un meurtrier de sang froid ? Le Seigneur noir a été formel : seuls les souvenirs ont été effacés, la psyché elle, avait été laissée intacte lorsque des Sith ont récupéré le corps presque sans vie du Chevalier. Dans l’histoire de Maloran, Gaben Davoros n’était pas une exception, d’autres Jedi avaient autrefois subi le même sort… la même expérimentation, si l’on peut envisager cela sous un angle plus froid. Certains s’étaient vus réattribués leurs souvenirs au fur et à mesure parce qu’ils en faisaient la demande. La réaction n’avait pas toujours été aisée, d’après ce que disent les rapports que le zabrak a pu consulter. Colère, sentiment de trahison, incompréhension, ou encore gratitude, sentiment de plénitude et recherche d’une nouvelle spiritualité qui saurait lier deux philosophies pourtant si incompatibles en théorie.

Cela n’est certainement pas le sujet à aborder ici et pour toute réponse, Eryndal lâche un grondement féroce roulant dans sa gorge. « J’ai pas besoin qu’on me traduise ce qu’on m’a déjà répété depuis ces derniers jours. Tout le monde semble capable de chouiner sur des coupes budgétaires alors que ça n’a aucun foutu rapport avec le meurtre de trois gardiens. Je commence à en avoir marre qu’on vienne sous-entendre que ces gars l’ont mérité parce qu’ils étaient soi-disant incompétents. MON CUL OUI ! Les holo-vidéos sont formelles : ils étaient déjà occupés au réfectoire, une fois le malaise du détenu géré, ils sont passés à la machine à café. Il lui faut quoi pour être efficace, à Davoros, des putains de robots ?! Pourquoi n’y avait-il pas de gardien plus proche, occupé à surveiller directement le couloir ? Voilà la question. » Il lâche un soupir agacé, se penche en avant pour se soutenir sur les coudes. « Ah, on va encore me sortir cette excuse bidon des coupes budgétaires… Une excuse qui ne devrait même pas exister, la prison est pleine aux as avec les gains des paris de l’arène ! Malgré les démissions, les effectifs des emplois sont restés stables, il y a eu des embauches, alors je répète, pourquoi personne n’était affecté à la surveillance d’un fichu couloir alors que c’était pile un horaire où la circulation des détenus le nécessitait ? »

Par principe, un directeur est toujours responsable des fautes de ses acolytes, pour n’avoir pas distribué correctement ses consignes, ou pour ne pas avoir donné les bonnes consignes. Peu importent tous ces prétextes à la mords-moi-le-nœud, ils aboutissent au final à la même conclusion : la faute n’est pas à incomber aux trois bonhommes. Et Eryndal supporte de moins en moins que les Sith – pas forcément Lysander – qui puissent être proches du fonctionnement de la prison tentent de renverser cette vérité : les trois gardiens sont les victimes de l’affaire judiciaire, et Gaben Davoros est l’accusé principal. Point. « Tu veux coopérer ? OK. Se poser les bonnes questions au lieu de répéter ce que les témoins ont déjà rapporté, voilà ce qu’un Sith doit faire. Utilise ta tête, Vadith, si tu veux devenir Lord un jour. Tant que Davoros n’ouvrira pas la bouche pour expliquer ce qui lui est passé par la tête en tuant les gardiens, il est inutile de se perdre en conjectures sur les raisons de l’acte, si raison il y a. De toute façon, le Seigneur noir finira par le découvrir, s'il le souhaite. L’ambiance au sein du personnel était très mauvaise, je crois avoir compris, merci bien. »

Un soupir agacé ponctue le discours du Darth. « Mais à quoi d’autre peut-on s’attendre quand on baisse les salaires et que les conditions de travail deviennent moralement pénibles ? Avant de les exécuter, Lord Dementis a d’abord fait enfermer les trois gardiens dans des cellules qui devraient plutôt servir à des détenus. Est-ce déjà arrivé ? Est-ce que c’était fréquent ? Est-ce que c’est étonnant alors que les prisonniers ne respectent même pas ceux qui doivent les surveiller ? Et à continuer de subir ce genre de pression, qu’est-ce qui aurait fini par arriver indubitablement ? Nous sommes peut-être des Sith, mais ça ne nous donne pas tous les droits sur ceux sans qui certains Lords grabataires ne pourraient même pas se torcher tous seuls. Un incident aurait fini par arriver, fatalement. Une grève, des démissions si massives que la prison n’aurait même pas pu combler ses effectifs. On a eu droit à pire : l’étincelle qui aurait pu se faire soulever Maloran contre nous si elle avait été bien utilisée. Contre les Sith. A peine un millier de péteux contre cinquante mille citoyens en colère. Ce n’est que parce que le peuple aime le Seigneur Daleth qu’ils n’ont pas encore bougé. Ce qui nous amène à la question la plus importante qui peut résoudre cette histoire de fric : à qui aurait doublement profité cette situation extrême ? »

La réponse à cette question rejoindrait les trouvailles du Triumvirat une fois qu’ils auraient terminé d’éplucher les fichiers de comptabilité de la prison. Et c’est bien désolant de constater qu’à courir après les prisonniers qui pourraient avoir des liens avec les Sith renégats, le directeur n’ait pas été capable de voir ce qui se tramait sous son propre nez. Voilà la double faute de Gaben : avoir tué et avoir été négligeant et naïf de croire qu’il pouvait tout contrôler. Une autre question peut également se poser, concernant directement Lysander : a-t-il été lui aussi coupable de négligence bien que de manière moindre, dans le cas où son maitre l’aurait associé de près au fonctionnement interne de la prison.





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  • Posté le Ven 2 Mar - 23:42

    Message n°7330 (7)

Bien. Lysander arrivait manifestement pile au bon moment. Avait-il vraiment eu une bonne idée en venant de lui-même jusqu’à l’office de Darth Sanguis ? Si son Maître l’avait félicité pour sa volonté, il n’était plus très certain que faire amende honorable soit bien utile. Prenant une inspiration, il écouta sans broncher l’éclat, cette fois moins violent mais non moins sulfureux, d’Eryndal. Le visage fermé et le regard de plus en plus sombre, il tentait lui-même de ne pas céder à la colère.

Un sentiment d’injustice, doublé de son égo froissé, lui donnait l’envie d’exploser lui aussi. Était-il responsable de ce qui se passait ? Excusait-il d’une façon ou d’une autre le geste ? Non. Certes, il pouvait bien l’admettre : la mort de trois gardes ne le plongeait pas dans des abîmes de désarroi. Ce qui le faisait, en revanche, c’était de n’avoir aucune réponse à ses questions. C’était de se sentir impuissant. C’était de voir la tempête approcher en sachant pertinemment qu’il n’y avait nul part où se réfugier. C’était aussi l’hypocrisie qu’il y avait de la part de Gaben à louer les lois de Maloran pour y contrevenir.
Il fallait bien l’admettre. Eryndal avait raison. Rien n’excusait le crime de Lord Dementis, surtout pas au vu des circonstances qu’étaient en train de lui expliquer Fahde’Vysh.

Le visage jusqu’alors fier de Lysander se décomposa lentement. Il baissa les yeux quand Eryndal demanda si ce phénomène s’était déjà vu et s’il s’était répété, se remémorant le souvenir douloureux de sa propre réclusion. Il avait sincèrement cru mourir dans cette cellule, où seule sa détermination lui avait permis de sortir.
Il écouta le reste des questions du Sith sans toutes les assimiler. Il fallait dire qu’elles étaient nombreuses, et complexes. Face aux questionnements de la Main Noire, Lysander se sentait étouffer, incapable de savoir quoi répondre.

Car, la réponse était évidente. Un tel fiasco profiterait à la rébellion, mais c’était complètement absurde de croire Davoros lié à elle. On ne parlait seulement plus de lui, cependant, mais du climat général qui s’était renforcé de mois en mois. Un climat qu’il avait malgré tout contribué à développer.
Une question le taraudait. Pourtant, il n’était plus très sûr de devoir la poser. Se mordant la langue, Lysander observa la Main Noire avec hésitation.
« À un réseau opportuniste, ou particulièrement bien organisé au contraire. »
Un réseau qui ne pouvait décemment pas venir du bas de l’échelle, mais plutôt d’au-dessus de Gaben Davoros et qui, manifestement, avait les moyens de perturber l’économie du pénitencier. Car la réalité que lui présentait Eryndal et celle qu’il vivait lors de ses missions d’observation du centre était clairement différentes. Il y avait donc un problème, soit de gestion, soit de détournement. Mais si quelqu’un s’amusait à prendre dans les caisses de la prison par cupidité, laisser s’installer les prémices du capharnaüm en train de se produire était du suicide.

« S’il y a eu quelqu’un d’autre pour réunir les conditions à un tel chaos, son acte a eu pour seul dessein de déséquilibrer une institution sans laquelle Maloran peut difficilement perdurer. » finit-il par répondre. « ...Et s’il y a eu manipulation, elle est bien plus insidieuse et dure depuis longtemps. Ce n’est plus dans les geôles qu'il faut chercher, mais dans les hautes-sphères. »
Et quelqu’un d’assez habile pour manipuler dans l’ombre. Car, si l’on partait de ce postulat, il fallait savoir comment dérégler, petit à petit, des rouages jusqu’alors bien huilés. Où appuyer, quelle minuscule pièce retirer pour que le système ne s’effondre pas, mais s’effrite assez pour semer la discorde à l’intérieur la machine. Jusqu’à ce qu’elle se désagrège, infonctionnelle.
Comme le lui avait concédé Gaben, quelque chose, au pénitencier, lui avait échappé. Si son Maître avait soupçonné quoi que ce soit de cette ampleur, il l’aurait forcément signalé au Conseil. Se pouvait-il qu’une machination de plus grande ampleur ait pris corps sans que lui ne le soupçonne ?

« Je n’ai ni les attributions, ni les compétences pour en savoir assez sur ce qui se trame — ou se tramait — avec la rébellion et les dissensions divisant l’Ordre Sith. Je ne peux qu’émettre des suppositions sur un événement qui n’a peut-être été qu’une immense opportunité donnée à nos antagonistes. Que quelqu’un, ou que plusieurs entités, travaillent à saboter les rouages du District ne me semble pas plus improbable que ça au vu de ce qui couve depuis des années. Tout ce que je peux vous apprendre de plus, c’est que j’ai pour missions régulières de vérifier — ou plutôt d’éprouver — les sécurités de la prison pour prévenir toute faille de sécurité. L’avantage d’avoir une agilité à toute épreuve, ou presque. Ou plutôt l’inconvénient, car être envoyé éprouver les canalisations et autres chemins étriqués n’avaient rien d’une partie de plaisir. Or, j’ai découvert une faille quelques jours avant le début de la mission d’infiltration de lord Canem. Il s’agissait d’une dégradation, susceptible de mettre à mal le système de détection. Il est probable que cette zone ait été renforcée provisoirement au détriment d’une autre. Voici un potentiel début d’explication concernant votre première question. Quant aux autres… La seule personne que je sais de source sûre avoir profité des joies d’une mise en cellule se tient devant vous. Si Lord Davoros a étendu ce genre d’épreuve à des employés, nous sommes effectivement heureux de n’avoir pas subi de plaintes, puisque cela relèverait davantage du pénal que du droit du travail. »
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  • Posté le Lun 26 Mar - 0:06

    Message n°8419 (8)

Reste calme. Il y a comme une ampoule rouge qui clignote dans la tête du zabrak, dangereusement, pour lui rappeler qu’il ne sert à rien de perdre son calme en cet instant. Que l’apprenti n’a pas à payer pour les erreurs des autres, ni pour ses journées privées de sommeil, à devoir carburer au café avec plus d’intensité encore qu’à l’habitude. Quand a-t-il profité de deux heures de sommeil consécutives pour la dernière fois ? A vrai dire, il ne s’en souvient même plus. Et ça n’a aucune importance face aux tâches monumentales qui l’attendent. Eryndal inspire doucement, ses narines frémissent, le silence retombe dans la pièce sans que le calme ne soit revenu pour autant. Et il hoche doucement la tête à la réponse sensée de Lysander, puis ne peut s’empêcher de commenter dans un soupir : « Si l’on pouvait se passer de prison avec le système actuel… » L’espoir était-il vain ou était-il devenu cynique ? En tout cas, le jour où cela arriverait, ils n’auraient même pas besoin de convaincre la galaxie et encore moins de la conquérir pour qu’elle adopte l’égide des Sith.

Les coudes posés sur sa table de travail, il croise les mains face à son menton tout en reposant son regard de braise sur le jeune homme. Pas de doutes qu’ils tenaient là les prémices d’une stratégie de la rébellion qui avait bien failli fonctionner, s’ils n’avaient été traqués et arrêtés entretemps. L’ambition du chaos les rassemblait et Eryndal se désolait de constater que ces Sith n’avaient d’autres préoccupations ou projets que de subvenir à leurs propres appétits de pouvoir. Mais pour en faire quoi après, là est toute la question, à laquelle il n’a pas trouvé de réponse. Pas la moindre en quinze ans. « Le docteur McBee a bien réussi à faire ce qu’elle voulait sous le nez de tous… être l’intermédiaire ou l’instigatrice de ce foutoir ne lui aurait pas été impossible, qui sait. » Il finit par hausser les épaules. « La vérité sortira, qu’elle nous plaise ou non. »

Et en parlant de vérité, voilà qu’il en apprend de nouvelles de la bouche de l’apprenti. Si le visage du zabrak reste de marbre, les mâchoires quelques peu crispées par la tension qu’il cumule depuis ces derniers jours, au fond il se sent bouillonner d’une nouvelle envie de hurler de rage. Une faille de sécurité ? Mais pourquoi il n’était pas au courant ? Si le zabrak n’avait jamais été jouasse concernant la mission d’infiltration d’Anhesis, pour des raisons trop personnelles pour être valables d’un point de vue professionnel, au moins, avec cet argument, il aurait largement pu rabattre le caquet de tout le monde. Serrant son menton entre son pouce et l’index en étouffant un grognement exaspéré – c’est du passé, même s’il ne peut s’empêcher de le ressasser et de ruminer en songeant qu’il avait eu raison tout de même de bouder –, le Darth lève les yeux au ciel d’une mine renfrognée. Conclusion : quel abominable fiasco dans l’enchainement de ces événements.

Ce n’est pas le summum. En apprenant que Lysander avait lui aussi goûté aux joies de la cellule, le zabrak sent ses lèvres se pincer en une fine ligne désapprobatrice. On voit toutes sortes de maitres Sith à Maloran, des cruels, des vicieux, des timbrés, des patients, des violents, des inconscients, mais des pédagogues, il faut croire qu’ils se font particulièrement rares. Lui-même ne l’est pas particulièrement, du moins est-ce là sa propre estime, connaissant très bien les limites de sa patience… qui sont faciles à atteindre. Dans un soupir, il se masse le front avant de se lever pour emporter sa tasse et se resservir du café. Pas forcément la meilleure stratégie pour retrouver son calme. En revenant, c’est dans un rapide haussement de sourcils assez agacé qu’il retrouve place dans son siège. « Je vais en effet oser espérer que son comportement de mentor n’est pas le même que celui de directeur, bien que la moralité de ceci soit somme toute très douteuse. »

Sirotant une gorgée de café chaud, il relève son regard vers Lysander. « Je n’ai pas mon mot à dire dans la pédagogie de chacun tant que ça n’outrepasse pas les directives de l’Académie, mais… » Haussant les épaules de son air bougon, il termine : « Que cette… épreuve t’ait apporté quelque chose ou non, je n’approuve pas. C’est un aveu d’échec pour le maitre… qui a toujours des conséquences pour l’apprenti. » Un aveu d’échec qu’il avait vécu lui-même en poussant un jour Anhesis du haut d’un vaisseau en plein vol. Repoussant sa tasse sur le côté, il esquisse une grimace en observant le fond de la pièce, songeant aux différents éléments qu’il vient d’apprendre. Peut-être pas une mine de trésors, mais c’est déjà beaucoup pour avancer et pour comprendre certaines choses. « Merci d’être venu, Lysander. » Reportant son attention sur le jeune homme, il étouffe un soupir avant d’esquisser un maigre sourire d’excuses. « Je suis désolé d’avoir pu paraître… à cran, alors que tu es celui qui doit être le plus perturbé par cette histoire. Que tu veuilles des réponses, c’est légitime. Et tu les auras. » Bientôt, avec un peu de patience. Désignant la porte d’un geste de la main, il conclut : « Tu es libre de ton temps, Apprenti Vadith. »





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  • Posté le Mer 18 Avr - 13:25

    Message n°9350 (9)

McBee… Vadith n’aimait pas cette femme. Il la méprisait encore plus à présent qu’elle s’était révélée être de la rébellion. C’était purement personnel. Pour avoir eu l’immense plaisir de goûter aux joies des geôles du District 5, Lysander était passé entre les mains de cette femme. À l’inverse de Lord Canem, il n’avait pas subi l’injection qui l’avait coupé de son lien avec la Force, car en tant qu’Apprenti, son visage n’était pas connu. Malgré tout, elle avait trouvé le moyen de lui coller une telle dose de calmants pour « l’empêcher de faire du grabuge » que Vadith avait cru ne jamais s’en remettre. Il y avait fort à parier que ce soit-disant médecin ait aimé ce petit pouvoir dont elle jouissait à la prison, et qu’elle en avait profité à loisir.

Ce genre de détail ne les avait pas alerté pour autant. Il en fallait bien plus pour être soupçonné de traîtrise, et nombreux étaient les femmes et les hommes qui jouissaient à l’excès du peu de pouvoir qu’on leur accordait. Les anciens Sith étaient d’ailleurs un parfait exemple de cela. Quant à leurs descendants, ils pouvaient avoir toutes les difficultés du monde à réfréner leur amour naturel pour le pouvoir.

Fort de cette réflexion, Lysander acquiesça silencieusement les paroles de la Main Noire. Darth Sanguis semblait recouvrer un peu de calme et l’Apprenti préférait tenir sa langue pour éviter toute parole qui l’irriterait de nouveau. Ce n’était pas tant la crainte d’en prendre une que la manifestation d’une certaine prévenance vis-à-vis de son interlocuteur. Cela ne se voyait pas physiquement, mais, dans son attitude, son aura, son regard, le bras droit de Darth Daleth semblait épuisé. Le café qu’il se servait et sa constitution de Zabrak, en plus de la Force, étaient certainement les moteurs qui lui permettaient de garder l’esprit alerte. Les Hautes-Sphères de la Pyramide devaient être en surtension. Davoros n’avait vraiment pas choisi son moment pour dépasser les bornes.

Mais, tandis que Lysander partait dans des considérations qui ne le regardaient que très moyennement, Eryndal, lui, s’attarda sur les mots qui avaient échappé à l’Apprenti Vadith, dont le visage se mut en une moue sincèrement surprise.
Il ne se serait jamais attendu à ce que la Main Noire réprouve la « punition » que lui avait infligée son Maître. Et, lorsqu’il parla des conséquences, Lysander baissa la tête pour détourner son regard de celui d’Eryndal. Il était clair qu’il n’aimait pas se remémorer cet épisode.
« J’ai été présomptueux et imprudent. » répliqua-t-il avec moins d’assurance qu’à l’accoutumée.
Instinctivement, il glissa le bout de ses doigts sur la fine cicatrice qui fendait sa joue gauche, depuis sa pommette jusqu’à la commissure de ses lèvres. Un souvenir du passeur d’armes qui l’avait débusqué avant que Vadith ne le débusque. Au moins avait-on trouvé le Sith rebelle qui parvenait à faire entrer des armes blanches à l’intérieur du centre pénitentiaire.
Néanmoins, cette marque n’était rien comparé à la peur qu’il avait eu de finir enfermé à vie dans cette geôle. Il avait eu tôt fait de dénoncer ses complices à l'extérieur, d'après ce que lui avait raconté, plus tard, Gaben. Inutile de s'interroger sur le traitement qu'il avait reçu.

« Cela m’a appris l’humilité, et à mobiliser ma patience pour me sortir des situations qui paraissent inextricables, plutôt que de chercher simplement à briller. »
Ça, au vu du temps qu’il avait passé dans sa geôle, il avait pu la solliciter, sa patience… Au moins s’en était-il découvert une à une époque où il n’aspirait qu’à brûler les étapes. La Main Noire elle-même en avait été témoin à cette époque, lorsqu’il avait eu la prétention de croire qu’il parviendrait à s’infiltrer dans son dos pour accéder à des connaissances interdites.
« C’est ce jour-là que j’ai juré allégeance à l’Ordre, et ce jour-là que j’ai découvert être prêt à subir toutes les épreuves, toutes les souffrances qu’il me faudrait affronter pour traverser le chemin tracé par la Force. Je suis prêt à tous les sacrifices. »

Il avait l’air parfaitement sincère, se disant. Bien sûr, il était bien trop jeune, encore, pour mesurer la profondeur de ce qu’il venait de dire et ce que cela pouvait impliquer. Il avait tout le temps pour le découvrir, mais peut-être y serait-il confronté plus tôt que prévu.

Le jeune Apprenti releva les yeux sur Darth Sanguis et répondit à son sourire, avant d’incliner respectueusement le buste.
« Merci. » répondit-il simplement. S’il estimait que la Main Noire n’avait à s’excuser de rien, Lysander appréciait pour autant l’attention. Il n’était certainement pas le seul à avoir vu son quotidien chamboulé par ce qui s’était passé, malheureusement.
« Si je peux être utile en quoi que ce soit au Conseil ou à vous-mêmes, je me tiens prêt à répondre à vos ordres, Darth Sanguis. Je ne suis pas Lord, mais je serais honoré de servir le Conseil d’une façon ou d’une autre. »

D’autant que, ses fonctions au pénitencier ajournées pour le bien de l’enquête et ses relations plutôt refroidies avec son Maître, Lysander désespérait d’avoir de quoi meubler ses journées. Par chance, on ne lui avait pas retiré sa mission pour Dantooine, dont la préparation mobilisait une partie de son temps.
Comme Darth Sanguis lui avait signifié qu’il pouvait se retirer, le jeune homme fit deux pas en arrière mais, avant de se détourner, il eut un moment d’hésitation. La question, impérieuse, vitale, venait de surgir de plus belle dans son esprit, et elle dépassa ses lèvres avant même qu’il n’ait songé à la meilleure façon de la formuler :
« Darth Sanguis… Il y a peu de chances que Lord Davoros reste mon Maître, n’est-ce pas ? …Qu’adviendra-t-il de moi… ? »
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  • Posté le Mer 18 Avr - 19:53

    Message n°9368 (10)

Un mince sourire se dessine sur les lippes du zabrak pour accueillir l’aveu de l’apprenti concernant son expérience des geôles de Maloran. Il est certes vrai que chaque Sith a eu son lot de mésaventures soi-disant pédagogiques ou simplement des punitions bien corsées, les amenant à se forcer à en tirer des conclusions et des enseignements… mais il n’y avait pas une seule et unique voie d’apprentissage, et par expérience, Eryndal songeait que tout ce qui pouvait s’amener à une quelconque forme de châtiment n’était pas forcément la meilleure des leçons. Relevant un œil méfiant vers Lysander alors qu’il ajoute que c’est à cette occasion qu’il s’est découvert sa loyauté envers les Sith, le zabrak reste ainsi immobile pendant quelques secondes avant de grimacer une moue qui oscille entre un sourire dépité et une expression songeuse. « On ne peut jamais être sûr d’être prêt jusqu’au jour où une telle situation se présente… », murmure-t-il avant de considérer sa tasse de café.

Elle est belle, cette volonté de fer, cette envie de bien faire, et sans le dire, Eryndal serait bien le dernier à lui reprocher quoi que ce soit le jour où elle viendrait à s’effriter face à la demande d’un sacrifice trop grand. Lui qui en avait concédé beaucoup, n’était pas certain de les réitérer tous si d’aventure il lui fallait revivre le passé. La véritable force de caractère ne se découvre qu’au moment de faire les choix les plus difficiles, n’est-ce pas ? Hochant doucement la tête à la proposition du jeune homme quant à être disposé à aider le Conseil noir et l’Ordre Sith d’une quelconque manière, le zabrak penche légèrement le visage, observe l’apprenti en levant un sourcil et s’accorde un petit sourire en coin en guise de remerciement face à cette preuve de bonne volonté. « C’est noté. », se contente-t-il de conclure en pensant là qu’ils en auraient ainsi terminé de leur entrevue… un peu musclée.

Aussi est-il un peu surpris de voir l’apprenti hésiter quelques instants pendant le silence qui suit. Levant un œil de braise vers la silhouette qui reste face à son bureau, il plisse légèrement les paupières, se demandant s’il a pris racine ou s’il a oublié de dire quelque chose. Aussi, lorsque la question fatidique tombe, la Main noire semble comme figé, plus par la réflexion que par une quelconque crainte de ne pas avoir la réponse. « Non, en effet… », souffle-t-il finalement. Au vu des événements, il serait bien difficile à Davoros de garder son statut actuel et malheureusement Lysander en pâtirait. Mais peut-être que c’était une épreuve qui s’avèrerait positive pour lui finalement… ? Un soupir soulève les larges épaules quand il relève la tête en direction de l’apprenti.

« Je suppose que tu te retrouveras sans maitre pour quelques temps… Ce ne doit pas être considéré comme une punition mais sans doutes comme… une transition. Qui sait, sans doutes serait-ce là l’occasion d’apprendre plus que jamais ? Le Conseil noir t’a donné une mission, preuve de sa confiance en tes capacités, à toi de t’en acquitter et de faire au mieux et… et si tout se passe bien, tu te rapprocheras plus que jamais des dernières épreuves pour devenir Lord. »

Car après tout, ces épreuves sont menées seul, et Lysander était apprenti depuis de nombreuses années déjà. L’apprentissage se poursuivrait tout au long de son existence mais sans l’épaule d’un maître sur laquelle se reposer. « Ton avenir te semble incertain, c’est compréhensible. Mais tu es capable de surmonter ce qui se présentera à toi, j’en suis certain. », conclut le zabrak de sa moue boudeuse habituelle, tout en reprenant déjà ses activités qui attendent encore d’être traitées.





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  • Posté le Mer 18 Avr - 23:09

    Message n°9380 (11)

Lysander redoutait ce « non » autant qu’il s’y était attendu. Une résignation morose se peignit sur son visage et il détourna furtivement le regard, la gorge nouée.
Il était préparé à se séparer un jour ou l’autre de son Maître. D’ailleurs, plus les mois passaient, plus il avait su se rapprocher de cette échéance. Cependant, la façon dont cela se produisait n’était pas ce qu’il avait imaginé. S’il ne faisait pas partie de ces Apprentis qui rêvaient de mettre à mort leur mentor, au contraire, Vadith aurait tout de même apprécié un cheminement plus traditionnel. Se voir présenté au Conseil par Lord Davoros, passer les épreuves pour devenir Lord avec l’assentiment de son Maître. C’était peut-être absurde, mais à l’instant où, en un mot, Eryndal l’avait définitivement privé de cette perspective, cela lui parut important. Les sourcils du jeune homme se froncèrent un instant, puis son visage se lissa alors qu’il étouffait rudement ses sentiments.

Il se redressa et releva un regard déterminé, lorsque la Main Noire parla de tirer profit de ce temps en solitaire.
« J’y compte bien. » répliqua l’Apprenti avec un maigre sourire.

Darth Sanguis n’avait pas tort. Le Conseil lui avait confié une mission, et il devait l’honorer sans se laisser distraire par ces chamboulements. Il n’eut pas le temps d’y songer plus, qu’une phrase de la Main Noire coupa court aux battements de cœur de l’Apprenti. Ainsi, cette mission était un test ? Il aurait dû s’en douter. Lord Davoros l’avait d’ailleurs laissé entendre, il le réalisait à présent. Néanmoins, l’entendre de la bouche du Darth rendait la perspective bien plus réelle. Et autrement plus intimidante.
Était-il prêt ? Il n’en savait plus rien, à présent. Hier, il aurait été certain que non. Mais à présent, son environnement et sa zone de confort bouleversés, Vadith pressentait bien qu’il s’agissait de la fin d’un parcours. Et du début d’un autre chemin.

Avec sa mine ombrageuse, l’encouragement d’Eryndal sonnait presque comme une remontrance, mais Lysander l’apprécia à sa juste valeur. Quand bien même le Darth ne lui prêtait plus attention, l’Apprenti inclina la tête et se recula.
« Merci de m’avoir consacré de votre temps, Darth Sanguis. »

Reculant encore de quelques pas, il se détourna quand il fut à une distance respectable de la Main Noire et sortit. Lorsque la porte du bureau se referma derrière-lui, le jeune homme pris une grande inspiration. Il avait beaucoup trop de choses à digérer en trop peu de temps. Mais au moins avait-il à présent l’assurance de ne pas subir le déshonneur de son Maître, du moins aux yeux du Conseil. C’était tout ce qui importait, pour l’heure.
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    Message n°0 (12)