Star Wars Ascension


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  • Posté le Dim 11 Fév - 13:46

    Message n°6380 (1)

« …Suite à la disparition de trois gardiens du centre pénitentiaire, une enquête vient d’être ouverte par le Triumvirat pour comprendre les circonstances de l’affaire. Les trois hommes auraient été aperçus pour la dernière fois par leur famille avant de se rendre sur leur lieu de travail, duquel ils ne sont jamais sortis… […] L’enquête révèle l’implication du directeur du centre pénitentiaire […] Gaben Davoros […] outrepassé les lois de notre Seigneur Noir […] jetant l’opprobre sur la fonction… »

La voix féminine déblatérant l’information dans l’appartement de Vadith n’en finissait pas. L’instant s’était figé tandis que la cuiller était restée à mi-chemin entre le bol et la bouche de Lysander et qu’il fixait ses yeux sombres sur l’holonet.
Qu’est-ce que ça signifiait ?! La nouvelle était telle que l’Apprenti de lord Davoros ne percutait pas. S’il y avait eu un témoin pour l’observer, sûrement aurait-il lu sur son visage le saisissement absolu qui le figeait, incapable de penser ni de bouger.
Et la journaliste s’étendait, s’étendait, s’étendait encore… L’angoisse perça les entrailles du jeune Sith. D’un geste nerveux, il éteignit l’holonet et laissa tomber sa cuiller dans son bol. Bondissant sur ses jambes, il fit les cent pas dans son studio, avant de rallumer l’holonet.
Il devait savoir. Savoir si son nom était déjà associé à celui de Gaben. Non, il n’avait pas encore été cueilli par le Triumvirat, les médias n’allaient pas encore parler de lui. Ce n’était sûrement qu’une question d’heures.
Il n’avait rien à cacher, contrairement à Gaben, s’il en croyait les médias. Cependant, si le Triumvirat s’occupait de l’affaire, Vadith pouvait être sûr qu’il s’assurerait de la sincérité de l’Apprenti… à sa manière.
Et son Maître, qui n’avait pas pris la peine de le contacter. Une colère sourde s’éleva subitement en lui. Il sentit sans pouvoir le contrôler la Force l’envahir, déferler dans ses veines, tourbillonner autour de lui en se nourrissant de sa colère. Pourquoi n’avait-il eu la grâce de le prévenir ? S’il était soumi à une enquête, son Apprenti allait forcément être mêlé à ça. Mais il l’avait laissé dans l’ignorance. Était-il déjà dans les geôles du Triumvirat ? Non, la journaliste n’avait rien dit de cela.

Tandis que les dernières news se diffusaient dans l’unique pièce, Vadith enfila une simple tunique noire puis tapota sur son comlink, dans lequel il adressa un message à l’Apprenti avec lequel il devait s’entraîner au maniement du sabre laser ce matin :
« Sarkin, j’ai un empêchement de dernière minute. Commence sans moi, je te rejoindrai peut-être dans quelques heures. »
C’était sommaire, mais il n’était pas en l’état de formuler quoi que ce soit d’autre. Sans laisser le temps à son interlocuteur de répliquer, il coupa la communication, sauta dans ses bottes et accrocha ses sabres laser à la ceinture qu’il ferma autour de sa taille. Dans un tourbillon de cape, Vadith sortit de son appartement. La porte s’ouvrit par la Force et se referma dans un claquement sec qui fit vibrer le chambranle.

Son aura était un tel fourmillement d’émotions incontrôlées que son arrivée avait dû se sentir à des centaines de mètres à la ronde. Le vertige dans lequel le plongeait la Force, cette Force qu’il ne contrôlait plus tandis que sa colère se nourrissait d’elle-même, l’empêchait de se concentrer et de se calmer alors qu’il le tentait en prenant une longue inspiration devant la porte de son Maître.
Une épreuve. C’était une épreuve, se répéta-t-il en boucle, comme une litanie. L’Apprenti inspira de nouveau, relâcha lentement l’air entre ses lèvres entrouvertes et s’annonça.

La porte ne tarda pas à s’ouvrir. Une part de lui aurait préféré qu’elle ne le fasse pas. Non pas car il craignait de se confronter à Gaben — ses émotions négatives étaient bien trop puissantes pour qu’il puisse ressentir ce genre de crainte — mais parce que l’absence de l’homme aurait pu être un début de justification pour son silence.
Mais il entrait, dans ce bel appartement si sobre, si propre et si épuré. Il vit le monde vivre par delà la grande baie vitrée du salon, et son Maître, debout devant lui, statue de marbre entouré de ce calme cotonneux, ce calme insupportable alors que la tempête couvait.
Il y avait un malentendu. Il y avait forcément un malentendu. Pourtant, malgré les lueurs tamisées du jour naissant et des quelques éclairages duveteux du loft, Vadith cru voir sur le visage de Gaben la marque d’un hématome. Les dents serrées, l’Apprenti se courba dans un mouvement sec et rapide à l’intention de son Maître.

« Que s’est-il passé… Maître ? »
Il s’était repris juste à temps pour ne pas avoir l’air parfaitement accusateur et impérieux. Ce n’était certainement pas une façon de s’adresser à Lord Davoros, mais c’était tout ce que Vadith était en mesure de formuler entre ses dents serrées, pour l’heure. Il se fichait bien des remontrances, de toute façon. Si tout ce qui se disait était vrai, la colère de Gaben en retour de son comportement serait le dernier de ses soucis.
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  • Posté le Lun 12 Fév - 17:06

    Message n°6414 (2)


Cela faisait quelques jours à présent que j'avais reçu la visite éclair de la Main noire dans mon bureau, mais l'hématome était encore douloureux sur mon visage. Cette douleur n'était pas ce qui m'attendait de pire car bien que ne pouvant que l'imaginer, j'étais certain de l'avenir sombre qui allait être le mien d'ici peu. J'avais exécuté trois gardiens car je ne pouvais tolérer d'autrui ce que je ne supporterais pas de ma part. Insubordination et manquement au devoir. Aux paroles du Darth Sanguis, c'était ce dont on m'accusais à présent.

J'aurais pu crier à l'injustice, invoquer ma loyauté bien que désormais douteuse aux yeux de mes supérieurs, m'accrocher à mon poste et mon titre. Mais tout ceci n'aurait été qu'un masque, et celui que je portais lorsque je voulais rester incognito me suffisait. Je ne suis que peu attaché aux biens matériels et aux honneurs et la seule chose qui me blessera assurément lors de mon jugement sera la déception que j'aurais provoquée à notre Seigneur suprême.

Etait-ce dû à mon amnésie? Je l'ignorais sincèrement mais il représentait ma seule attache en cet univers et ma punition s'il décidait de ne point m'exécuter. Car plus que de perdre mon titre et mon poste et m'attirer le mépris de toute la planète entière, ce que je redoutais par dessus tout serait de ne plus pouvoir le servir. Le flegme qui avait tant irrité la Main noire était naturel chez moi et non un masque, quoi qu'il puisse en penser. Pour autant il faisait de moi ce que j'étais et s'imposait à mon emploi de la Force et à l'analyse de ce monde. J'allai probablement être torturé et peut-être même exécuté pour l'exemple après de longs moments de douleur intense. J'étais résolu à assumer mes décisions, toutes mes décisions.

Si mon esprit était plutôt apaisé, une interrogation en troublait pourtant la surface car une crainte en réalité prenait forme en moi. Si je n'avais pas peur pour mon avenir, je craignais qu'il encombre en revanche celui de mon apprenti. J'ignorais ce que mes supérieurs prévoyaient à son sujet, un changement de maître, semer des embuches sur le chemin de son apprentissage, ou encore supposer qu'il soit de la même engeance que moi. Le trouble dans la Force non loin m'indiquait justement son arrivée. Je n'avais pas souhaité le faire venir mais plutôt attendre qu'il vienne de lui-même. Notre rencontre ce jour allait probablement être la dernière épreuve que je lui prodiguerai avant un moment, peut-être même à jamais.


Bonjour Lysander. dis-je en guise de salut, calme et d'un ton neutre qui semblait agacer bon nombre de mes interlocuteurs.

Rien qui ne doive t'empêcher de poursuivre ta formation et rester maître de tes émotions. ajoutai-je comme s'il venait de m'interroger au sujet de la météo.

J'allai le confronter à une épreuve dont il devrait se tirer seul et sans moi. Je l'estimais parfaitement capable de parvenir à sortir vainqueur mais étais conscient des difficultés qui l'attendaient. Il pouvait tout aussi bien remettre en question tout mon enseignant, décider de le rejeter et même de me haïr. Même quelle que serait sa réaction, elle l'aiderait à s'affirmer et à repousser ses limites.


Aujourd'hui sera peut-être ta dernière épreuve venant de moi…

Mon avenir prochain sera assurément sombre et tempétueux, et éclaboussera probablement le tien. A toi de tirer l'enseignement de tout ce que j'ai pu te transmettre jusqu'à ce jour, car à partir d'aujourd'hui tes capacités de jugement et d'adaptation seront mis à rude épreuve. Pense et agis dans ton intérêt et ne te soucie pas de moi.
lui dis-je en lui intimant jusqu'alors de garder le silence d'un geste de la main.

Je vais t'autoriser pour la première fois à parler sans réfléchir, à cracher tout ce que tu as sur le coeur ici et maintenant afin que ce fardeau ne te sois imposé ensuite. dis-je enfin avant de me taire et de le fixer, me tenant prêt à accueillir sa réaction quelle qu'elle soit.

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  • Posté le Lun 12 Fév - 18:33

    Message n°6415 (3)

Ce calme, ce calme, ce calme… Ce calme en toutes circonstances, qu’elles qu’étaient les émotions derrière ce faciès insondable. Il tempérait d’habitude les affres de la jeunesse passionnée chez l’Apprenti Vadith, mais pas cette fois.
Les yeux sombres du jeune homme lancèrent des éclairs et ses sourcils se froncèrent quand il constata que son Maître lui faisait des mystères malgré la situation.
Réalisait-il ce qui se produisait au-dehors ? Réalisait-il que les conversations ne tournaient qu’autour de ça depuis ce matin ? S’il était bien responsable de la disparition de ces gardes, Lysander ne donnait pas cher de sa peau. La placidité avec laquelle il prenait la situation le dépassait.

« Ne pas me soucier de v… » amorça Vadith avec une pointe d’incrédulité et de reproche dans la voix, mais son Maître lui intima le silence. Par réflexe, et malgré l’impétuosité de ses émotions, Lysander se tut.
L’autorisation que lui fit Gaben eut le don en revanche de le surprendre. Si bien que, pendant quelques instants, l’Apprenti ouvrit et ferma la bouche sans savoir que dire. Cette réplique lui coupait manifestement la chique et, pour une fois que lord Davoros lui concédait le droit de répondre sans se soucier de ce qu’il disait, il ne trouva plus les mots. Certainement parce qu’ils y avait bien trop de pensées en train de se presser sur le bords de ses lèvres. Elles tambourinaient et Vadith avait l’impression désagréable que s’il l’ouvrait, elles sortiraient toutes en même temps, sa fureur avec. Prenant une inspiration, l’Apprenti Sith se remit à faire les cent pas, une lueur féroce irradiant son regard encore braqué sur Davoros.

« Vous ne pouvez pas réagir comme ça, pas cette fois ! Ne pas me soucier de vous ? J’imagine que je devrais m’en contenter, n’est-ce pas ? Me dire que vous feriez exactement cela si je me trouvais dans votre situation ? Permettez-moi de vous désobéir pour cette fois, Maître ! Vous n’avez pas terminé votre enseignement, n’escomptez pas vous débarrasser de moi aussi simplement. Quoi que vous ayez fait, il y a une différence entre assumer la responsabilité de ses actes et se résigner à subir les conséquences ! Et en parlant de responsabilités, vous en avez également envers moi ! Si vous devez être exécuté, c’est de ma main et pas de celle du Triumvirat ! »

Sa propre audace sembla le surprendre assez pour qu’il arrête de tourner comme un lion en cage. Un rien d’incertitude passa sur son visage, lorsqu’il se demanda comment son précepteur allait accueillir ce flot de paroles.

« J’ai consacré ma vie entière à l’Ordre Sith. Il n’y ait rien qui m’ait jamais détourné de la Force. Vous me devez des réponses, au moins à ce titre. Vous savez très bien que si ce qui s’est passé au centre pénitentiaire m’atteint, et cela arrivera, je ne recevrai pas que de simples éclaboussures. Je serai présumé coupable au même titre que vous. »

La seule pensée d’être cueilli par les frères et sœur du Triumvirat lui tira un pincement de lèvres effrayé. Jamais, même dans ces jeux d’Acolyte, il n’avait visualisé les larges portes de l’antre du trio comme aussi terrifiantes. Lui qui s'en gaussait autrefois, se sachant à l'abri de l'attention des exécuteurs, voyait à présent ses jeux d'enfants avec une cruelle ironie. Lui qui était le premier à oser s'aventurer à toucher la porte du Triumvirat serait probablement le premier de sa promotion à passer cette dernière. Et il ne savait même pas pourquoi.
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Lysander n'était pas n'importe quel apprenti, il était mon apprenti. A ce titre j'avais envers lui un devoir, celui de le former, de l'amener à se doter d'outils tels que l'analyse, le jugement lucide, la détermination, la remise en question de soi-même et l'humilité, des convictions fortes, et la responsabilité de ses choix. Je lui devais de ne pas lui mentir sur lui-même, et d'être honnête avec lui, même si j'omettais volontairement certains détails qu'il n'avait pas à connaître pour le moment. Tout n'est qu'une question d'échelle en vérité, il est des choses que l'on ne peut comprendre tant que l'on est incapable même de les appréhender car nous ne faisons pas partie de la même échelle. Un jour il sera en mesure de comprendre peut-être mes choix, aussi frustrants de mystère soient-ils ce jour à ses yeux. Du moins s'il poursuit son apprentissage dans les conditions requises. Le confort n'est pas toujours le meilleur moyen d'apprendre et de tirer des leçons.

La colère et la frustration que je pouvais percevoir en lui au-delà de son attitude même, je les comprenais. Je n'apportais que peu de réponses à ses questions qui devaient être légion. Comme je le lui avais indiqué, je le laissais parler de tout son saoul sans l'interrompre une seule fois. Je lui octroyais ce droit car la situation l'exigeait. A circonstances exceptionnelles sa réaction adéquate.


J'ai écouté tes paroles Lysander. lui dis-je d'un calme qui clairement ne lui plaisait pas le moins du monde.

Si nos situations étaient inversées, je ferais la même chose qu'en ce moment même. Je tirerais une épreuve de tout ceci pour t'amener à progresser sur la voie qui est tienne. dis-je cette fois en usant d'un ton un poil plus ferme mais sans hausser la voix.

Cette épreuve est l'une des plus difficiles que tu auras à endurer au cours de ta vie Lysander, quelle que soit l'issue de cette affaire. avais-je poursuivis avant d'opter à nouveau pour un ton plus calme. Je ne suis pas immortel Lysander. Aujourd'hui, demain ou plus tard encore, je vais mourir. Alors il te faudra poursuivre ton apprentissage sans moi, ne pas te constituer un fardeau de mon souvenir ou de mes actes mais bien une force pour avancer Lysander.

Qu'importe mon sort car le tien ne dépendra que de toi, même si mes décisions te doteront d'un lot d'embuches qu'i te faudra accepter comme tes prochaines épreuves. Il te faut t'y préparer sur le champ, car tu n'imagines pas ce dont le Triumvirat ou même notre Seigneur suprême sont capables.


Joignant mes mains dans mon dos, je fis quelques pas dans la pièce avant tout en poursuivant.

Il pourrait très bien t'être ordonné de m'exécuter, d'assister à ma déchéance ou à mon exécution dans d'effroyables conditions et qu'il te soit défendu d'intervenir. Ou bien l'inverse. Il est une chose que tu dois comprendre Lysander, jamais tu ne dois te détourner de notre Ordre, et ce quelle qu'en soit la raison. Notre Seigneur Daleth est notre guide suprême, tu lui doit la vie comme chacun de nous, et à ce titre tu dois avoir foi en son jugement sans condition.

Moi, j'ai foi en lui. Et ce quelle que soit la condamnation qui m'attend. Mon apprentissage de la Force m'a amené à ça Lysander, je le sers non pas par obligation mais par choix.

La paix est un mensonge. Il n'y a que la passion.
Par la passion, j'ai la puissance.
Par la puissance, j'ai la victoire.
Par la victoire, mes chaines se brisent.
La force me libèrera.
déclamai-je tout aussi calmement.

La Force m'a libéré Lysander, et c'est libre que j'ai choisi de servir notre guide suprême, Darth Daleth. Même si cela m'amène à mourir par son jugement. dis-je encore avant de me taire à nouveau.

Lysander avait besoin d'encaisser mes paroles, de pouvoir les digérer et un jour peut-être en appréhender le sens. Au regard de mes choix l'on allait m'accuser d'être arrogant, peut-être même fou ou fanatique. Il était probable que l'on m'accuse d'être un rebelle aussi. Peu importait car au fond la seule chose qui comptait c'était que je n'avais rien à cacher. Le Triumvirat pouvait bien retourner le peu de bien que j'avais, les dossiers de la prison et même mon esprit. De la même manière que je ne m'étais pas dérobé face à la Main noire, je ne comptais pas fuir mes responsabilités face aux exécuteurs et notre guide suprême. Je supposais qu'il pouvait très bien lire en mon esprit comme dans un livre s'il le souhaitait. Alors il verrait que je n'avais agit que par loyauté envers lui en chaque instant. Peut-être avais-je voulu trop bien faire, trop en faire. Un pet de cerveau comme l'avait dit à plusieurs reprises Lord Canem. Mais la loyauté sincère ne peut-être reniée. Je n'avais qu'un seul maître, Darth Daleth.



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  • Posté le Mer 14 Fév - 21:33

    Message n°6484 (5)

Il n’était pas d’accord. Tout ce que pouvait lui dire Gaben à propos de l’épreuve qu’il aurait à vivre dans les heures qui venaient, Vadith les désapprouvait. Tout son être se hérissait au même titre que ses cheveux se dressant sur sa nuque. Il avait le sentiment que les efforts produits depuis des années, les sacrifices qu’il avait fait pour le Côté Obscur étaient sur le point de s’effondrer pour une faute qu’il n’avait pas commise.
Personne n’était infaillible, son Maître était en train de lui prouver. Ce n’était cependant pas suffisant pour que Lysander accepte la situation. Une situation susceptible de contrecarrer des plans d’avenir soigneusement préparés depuis des années.
Son ambition ne s’arrêtait évidemment pas à servir lord Davoros. Cependant, si son Maître avait bien su lui transmettre un trait de caractère, c’était l’intransigeance. Du moins, cet état d’esprit, naturel chez le jeune homme, s’était-il renforcé au fil des épreuves auxquelles il avait été soumis. C’était pourquoi, il ne savait, en cet instant, quoi de sa déception ou de son incertitude quant à l’avenir alimentait le plus ses émotions négatives.

Le rappel des préceptes, cependant, parvint à maintenir l’aura bouillonnante de l’Apprenti, lequel conserva lèvres closes tandis que son Maître parvenait au bout d’un discours qui le laissait dubitatif. Il n’était pas dans la nature de l’Apprenti d’avoir une foi aveugle en un personnage, aussi puissant était-il, d’autant qu’il n’avait jamais eu l’honneur d’être confronté à lui. À ses yeux, Darth Daleth faisait presque office de légende. Il était, également, source d’envies, car le Maître de Maloran avait, semblait-il, atteint un rêve qui animait bien des êtres vivants, Vadith le premier : celui de repousser la mort.
Certes, Lysander se soumettait aux lois et aux préceptes de Daleth, mais rien dans son enseignement ne lui avait appris à avoir foi en autre chose que la Force.

Vadith, qui s’était immobilisé, refit quelques pas en quittant des yeux son mentor. Il lui fallait recouvrer son sang-froid. Et chasser de son esprit les scènes obscures que le discours de son Maître avait amené. Son attention se déporta sur la baie vitrée. S’avançant vers elle, il baissa le menton pour observer les véhicules aller et venir, les passants, minuscules depuis son point d’observation, déambuler comme ils le faisaient tous les jours. Le monde restait indifférent à ses tourments.
« Vous avez vraiment fait disparaître ces gardes, alors ? » demanda-t-il d’une voix basse, plus résignée qu’accusatrice. « Si vous avez décidé d’affronter seul le Triumvirat, alors soit. J’affronterai les conséquences de vos actes à ma façon. Il y a cependant une chose que je ne comprends pas… »

Ses mains s’étaient jointes devant lui, se tenant fermement l’une et l’autre tandis qu’il faisait volteface pour regarder de nouveau son maître.
« Pourquoi le Triumvirat se mêle-t-il d’une affaire aussi triviale ? Que cherche-t-il ? »
Les mots tabous ne passèrent pas ses lèvres, mais Vadith posait néanmoins la question de façon détournée. Que le Conseil soupçonne Maître Davoros de trahison lui paraissait complètement absurde. Pourtant, c’était la raison qui lui paraissait la plus probable. Quand bien même les lois de Maloran protégeaient les civils et que le manquement d’un Sith à ses devoirs de protection était plus gravement puni encore qu’un manquement d’un citoyen lambda, Vadith ne pouvait s’empêcher de juger comme excessif l’appel au Triumvirat. Certes, il n’était guère plus rassurant de comparaître devant le Conseil Noir, mais il lui semblait que, s’il n’y avait pas de soupçons plus graves que le crime apparemment commis, c’était face au Conseil que Gaben aurait dû se trouver.
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Lysander devait apprendre à se poser les bonnes question, à assimiler les émotions et sentiments qui pouvaient l'animer à l'annonce de n'importe quelle nouvelle et s'en servir pour garder la tête froide. Et présentement il n'y parvenait pas. Je ne pouvais lui en vouloir car au fond il était question de mes actes, et ce qu'autrui pouvait en penser était un prisme qui pouvait en décupler les conséquences.

Tu ne te poses pas les bonnes questions. lui dis-je en le suivant du regard tandis qu'il évoluait dans la pièce. N'interromps pas ton esprit critique à la première interrogation, et vois plus loin. Réfléchis comme tu t'exerces à l'emploi de la Force. dis-je posément avant d'entamer à mon tour une marche lente entre le mobilier de la pièce à vivre de mon appartement.

Voilà une seconde question plus intéressante, mais pour laquelle je ne peux t'offrir de réponse une fois encore. le congratulai-je à ma façon, sans effusion de sentiments, avant de claquer des doigts pour éteindre la lumière dans la pièce, et qu'elle ne soit plus éclairée que par les véhicules qui évoluaient en trois dimensions au dehors.

Observe attentivement Lysander. lui dis-je doucement en désignant de la main, paume ouverte vers le ciel mais le coude au corps, les véhicules vivaces malgré la nuit.

La nuit est avancée, et l'obscurité uniquement crevée par tous ces éléments et leurs lumières. Ton esprit ne peut s'arrêter pour autant, chaque parcelle d'obscurité peut s'éclairer par chaque pensée, chaque idée qui pourrait répondre à une question.

L'ai-je fait, n'est pas la bonne question. Pourquoi en est déjà une bien meilleure. Et la réponse ne t'est pas destinée. La frustration que t'apporteront mes paroles doit t'aider à travailler ta patience et ta persévérance. Bientôt toute la lumière sera faite, et peut-être alors serai-je en mesure de satisfaire ta curiosité. Ou un autre s'en chargera si je ne le peux.


Le Triumvirat n'allait pas être tendre avec moi, il n'y avait qu'à voir comme ils avaient si bien jouer le jeu à passer à tabac leur propre consoeur pour assoir sa couverture. A présent que sa mission était terminée, je m'interdisais toujours d'en révéler quoi que ce soit, même à mon apprenti en qui j'avais foi. Mon avenir proche allait assurément être douloureux, car si j'avais des réponses à apporter je n'avais aucune assurance qu'elles puissent suffire.

Ces trois gardes n'étaient pas des saints, et je comptais bien le prouver à ceux qui me soumettraient à la question. Pour autant je ne pouvais le nier j'avais fait fi des lois et des protocoles, mais sur le moment j'avais jugé l'urgence de la situation prioritaire. Si je m'étais trompée, et bien il me fallait l'assumer et en subir les conséquences. Je me préparais personnellement à plusieurs alternatives du pire. La première étant de mourir mais pas forcément la plus douloureuse. Je pouvais tout aussi bien être banni et exilé, ou encore devenir l'un des pensionnaires de la prison que je dirigeais jusqu'alors. Je pouvais tout aussi bien être dégradé au rang d'apprenti voire même de simple citoyen ou encore d'esclave. L'on pouvait me retirer mon sabre et mon droit d'user de la force. La honte pourrait alors être pire que la mort. Et il y avait tant d'autres punitions possibles.

Bien sûr qu'une remise en question serait nécessaire si l'on épargnait ma vie, car l'on allait pas manquer de mettre en doute mon jugement et mes capacités de raisonnement. Et comme il me l'avait déjà été dit lors de mon entretien avec Lord Canem et la Main noire, je pouvais avoir l'imagination parfois trop fertile, et dans ce cas présent ce n'était pas un compliment.


Je suis le directeur de la prison de notre société. Je me dois d'être un exemple pour nos citoyens. Ma charge est de permettre la rédemption à ceux pour qui cela est possible, de les amener à évoluer, dans le but d'un jour pouvoir être réintégré parmi les citoyens.

La présence du Triumvirat est un message fort à l'attention de chacun de ceux qui foulent le sol de cette planète Lysander, nul ne peut se soustraire à nos lois.
dis-je d'un ton assuré avant de me taire un instant en croisant les bras dans mon dos.
Et surtout pas celui qui doit gérer ceux qui ont crut le contraire, en toute conscience ou non de leurs actes.
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  • Posté le Sam 24 Fév - 22:12

    Message n°6940 (7)

La remarque entraînée par la question rhétorique de Vadith fit grimacer le jeune homme. Il supportait mal qu’on remette en question ses capacités critiques, d’autant qu’il jugeait ce point plus pertinent que son Maître voulait bien l’admettre.
La colère, cette amie perfide et versatile, attendait le moindre moment pour s’éveiller de plus belle, plus ravageuse qu’elle ne l’avait été jusqu’alors. L’Apprenti inspira par le nez et ferma les yeux une seconde, pour mieux tenir en laisse cette émotion menaçant de se répandre comme un pus nauséabond sur son esprit. Si Gaben ne donnait pas de réponse à sa dernière question, c’était sûrement parce qu’il n’en savait pas plus que lui.

L’Apprenti de lord Davoros rouvrit les yeux au claquement de doigts de son Maître, et il s’étonna une seconde d’être soudainement plongé dans le noir. Naturellement, son regard se déporta vers la première source de lumière à sa portée : la ville, en contrebas. Quelque peu distrait, il sentit Gaben approcher dans son dos, jusqu’à le deviner à sa gauche, à la lisière de son champ de vision.
Sa mâchoire se crispa et il tourna lentement la tête vers Gaben Davoros. Il n’était plus un Acolyte. Il n’était plus un adolescent en pleine recherche de lui-même, curieux, têtu et imbu de lui. Or, il éprouvait avec une frustration immense le sentiment de n’être pas assez pris au sérieux pour partager les interrogations et les réflexions de son mentor.

Un mentor qui lui rappelait à présent l’importance des lois, auxquelles lui-même ne pouvait se soustraire. Des lois qu’il avait pourtant enfreintes sans émettre l’ombre d’une justification. Le regard de Vadith se fit plus insistant, et il finit par se tourner complètement face à Gaben, bras croisés.
« J’ai parfois le sentiment que vous me prenez encore pour le jeune Apprenti que vous avez accueilli sous votre enseignement, il y a cinq ans de cela. »
Mon esprit est une arme affutée. L’écho de sa pensée se superposa aux paroles qu’il venait de prononcer à voix haute. Je peux comprendre si vous m'expliquez vos raisons.
« Ne vous ai-je jamais prouvé ma loyauté et mon engagement ? Pour autant, vous me connaissez assez aujourd’hui pour savoir que je n’obéis pas aveuglément. Nous sommes des Sith, nous sommes libres. Nous sommes maîtres de nos choix. Vous ne pouvez pas me demander d’obéir aux lois de Seigneur Daleth et les enfreindre sans que je ne réclame d’explications. Je ne vous cacherai pas ce que je ressens, Maître… »

Pour autant, il se détourna de nouveau, regardant pensivement la ville en contrebas. Un soupçon de mépris, ou peut-être seulement de la circonspection, transforma l’expression tout à l’heure agitée de son visage.
« Je ne comprends pas qu’on vous tienne un tel procès. J’ai vu des acolytes mourir dans l’indifférence générale. Pourquoi laisser autant d’informations circuler librement dans Maloran ? Les citoyens n’ont pas à se mêler des décisions prises par les Sith. Surtout pas de leurs erreurs. Quand bien même ils désapprouvent, ils nous doivent leur condition. Nous aurions tout le loisir de les maintenir au rang d’esclaves et, pourtant, nous leur offrons l’opportunité de se distinguer. Nous grandissons dans la souffrance. Nous gagnons en force par les larmes, le sang et la sueur que nous versons. Certes, ils ne sont pas Sith. Mais n’est-ce pas une belle opportunité que nous leur offrons ?
Mais nous… Sommes-nous réellement libre, ou sommes-nous finalement asservis par nos devoirs envers la société Malorienne ? »


Ils pouvaient sûrement philosopher des heures sur cette question. C’était là ce qui le tenaillait, là ce qui le frustrait au plus haut point. Certes, exécuter des civils était contre-productif. Pour autant, laisser les médias et le commun dévorer l’honneur d’un Lord Sith était-il pour autant justifié ? Cela n’aurait-il pas pu être réglé dans la décence et la discrétion ?
Sûrement lui prêterait-on des accointances avec la rébellion, s’il osait formuler de tels propos en-dehors de ces quatre murs. Cependant, Lysander espérait de son Maître assez de finesse pour comprendre ce qui transparaissait à travers ses paroles. Jamais il n’avait sorti son sabre contre un citoyen trop faible pour se défendre. Il trouvait d’ailleurs la perspective particulièrement vulgaire. Cependant, il était dans sa nature de douter, et de remettre en cause ce qu'on lui présentait. Or, les évènements tels qu'il les vivait lui donnait plus que matière à s'interroger.
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Citoyen de Malachor
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  • Posté le Lun 26 Fév - 15:15

    Message n°7067 (8)


S'il était un avantage à avoir Lysander comme apprenti c'était que nos conversations étaient parées d'une certaine hauteur d'esprit, bien que ce soir était l'un des rares instants où je l'avais autorisé à parler plus librement que d'ordinaire. Non pas que j'avais l'habitude de le priver de s'exprimer mais ce soir je l'invitais à se libérer des carcans de son apprentissage pour un temps, à laisser ses émotions lui faire évacuer certaines choses.

Nul ne pouvait n'être que maîtrise constante et infaillible, en dehors de notre guide peut-être. Je n'étais pas compétent pour en juger. En revanche j'appliquais cette règle à moi-même et mon procès à venir, ainsi que "l'entretien" qui viendrait tout aussi surement avec le Triumvirat, allaient mettre en lumière que je n'étais pas une exception à cet état de fait.


Ne pense pas que je te sous-estime Lysander, débutai-je en me tournant à mon tour face à lui. tu es bien loin de cet apprenti, et que nous puissions avoir cette discussion ce soir en est l'une des preuves.

Evidemment qu'il avait fait de nombreux progrès en cinq ans. Pour autant mon intransigeance avait aussi pour but qu'il reste humble face à ses compétences, et le premier juge critique de lui-même. Etre stricte envers soi était le premier impératif pour pouvoir l'être envers autrui. C'était là un des enseignements qu'il pouvait tirer de cette situation qu'il ne pouvait maîtriser.
Ce que la Main Noire avait crût être du flegme, ne signifiait en réalité qu'une chose: j'avais pris une décision et devais en assumer les conséquences. Je ne pouvais qu'en expliquer les raisons, et que soit jugée mon choix. Si j'étais simplement pardonnée, cela induisait que nos lois ne s'appliquaient pas à tous, et ce serait la fin de notre société.


Tu as fait tes preuves Lysander, dans le cas contraire je n'aurais pas soumis ton nom au Conseil pour ta mission hors de notre planète. lui dis-je pour l'amener à y repenser, avant de poursuivre et réagir à ses paroles suivantes.

Nos responsabilités sont à la hauteur de notre statut. Nous sommes des Siths, mais sonde notre histoire. Toi mieux que quiconque sait que nous ne naissons pas tous Sith, mais le devenons par ténacité. La multitude qu'ils représentent pourrait nous terrasser s'ils se levaient contre nous soudainement. Nous sommes garants de leur sécurité mais eux de la nôtre en quelque sorte. dis-je avant de me taire un instant pour réagir à nouveau, mais cette fois-ci à propos de sa dernière phrase.

La liberté ne signifie pas se libérer de tout lien, mais bien de choisir auxquels s'attacher. ajoutai-je donc avant de reprendre finalement.

Un citoyen honnête ne doit pas redouter de périr de notre main. A moi de prouver que j'ai agi selon cette loi.

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  • Posté le Jeu 1 Mar - 21:17

    Message n°7262 (9)

Alors, si Gaben ne le sous-estimait pas, pourquoi faisait-il autant de mystères ? Avait-il des raisons si graves qu’il réservait leurs explications à son procès ? Pensait-il que son Apprenti les rapporterait à ses détracteurs ? Pendant un instant, ses pensées se tournèrent vers Ashan. Il devrait lui apprendre la vérité sur son Maître avant que quelqu’un d’autre ne le fasse. Tenterait-elle de lui soutirer des informations inédites ? C’était probable.
Un soupir échappa à Lysander. Peut-être était-ce effectivement plus sage qu’il reste, pour l’heure, dans l’ignorance.

Laissant Gaben lui répondre, Vadith détailla son visage d’un air peut-être un peu critique, ou scrutateur. Pensait-il réellement les civils capables de se soulever et de balayer plus de mille Sith ? Maloran comptait environ cinquante mille citoyens, c’était vrai. Mais, hormis des couteaux, hormis les flammes et les cris de protestation, quelles étaient leurs armes ? Pourquoi ne s’étaient-ils pas, alors, déjà soulevé contre eux ? Étaient-ils si satisfaits de leur Seigneur et Maître Daleth ?
Le monde n’était pas un joli jardin de fleurs. Vadith ne pouvait pas croire que la seule sympathie suffisait à museler une cité entière. Il y avait, parmi les citoyens, des ambitieux autant que chez les Sith. La peur les tenait autant que la propagande.
Même la façon dont Lord Dementis maintenait mystère et distance derrière son masque en témoignait. Leur puissance leur conférait le privilège de se tenir au-dessus de la population.
« En somme, nous redoutons la société que nous avons créé autant qu’elle nous redoute. » conclut-il, comme si Gaben avait eu les moyens de suivre le fil de ses pensées.

Si son expression était un peu moins fermée que lorsqu’il avait passé le pas de la porte, Lysander s'assombrit lorsque Gaben parla d’attachement. Il balaya aussitôt qu’il se présenta le visage enfantin d’une petite-fille et de ses parents. Il ne regrettait pas d’avoir décidé de briser ce lien, mais commençait à regretter d’en avoir choisi d’autres. Le procès à venir lui donnait le sentiment d’être face à un précipice.
Car, un lien, il en avait finalement tissé un. Cinq années passées sous l’enseignement de Lord Davoros l’avait changé, profondément marqué. Oh, bien sûr, il n’irait pas dire que Gaben faisait office de figure paternelle. Cinq ans, c’était beaucoup, et ce n’était rien à la fois. Lysander avait été arraché au microcosme familial dix ans avant que son Maître ne le prenne comme Apprenti, et l’adolescent qu’il était alors était plus en recherche de lui-même que d’un modèle. C’était en tout cas ce qu’il se disait. Il ne s’était pas rendu compte, jusque là, de la sincérité de son attachement à son précepteur. Un attachement qui rendait la déception d’autant plus douloureuse.
« Quelque chose m’a manifestement échappé, au centre… J’espère que vous parviendrez à le prouver. Je n’en attends pas moins de vous. Le mal est fait, mais je me prête à penser qu’assez de sang a coulé pendant cette affaire. »
Surtout, il apprécierait que celui de Davoros reste dans ses veines. Vadith ne supporterait pas l’idée d’une fin aussi pathétique pour son Maître.
« Pour ma part, j’irai de moi-même à la rencontre de la Main Noire. Je refuse de rester terré en attendant que l’attention se déporte finalement sur moi. Quitte à subir les évènements, autant les prendre de face. »
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Lysander ne comprenait pas la raison de mon mutisme à son égard, tout comme bon nombre d'individus qui étaient venu me questionner. Pouvais-je le lui reprocher? Nullement et à plusieurs raisons. L'expérience en était la première, avoir un apprenti était la seconde. J'avais des responsabilités à son encontre et d'aucun jugerait que je les avais trahis pour mon propre compte en exécutant ces gardes. Il était facile de juger sans savoir, bien plus que de comprendre sans réponse.

Nous ne redoutons pas cette société Lysander, mais la déception. Celui qui ne tient ses promesses, présentement la sécurité, la justice et l'ordre, perd toute crédibilité. lui dis-je en désignant de la main la vision qui s'étendait au-dehors face à nous. Un mouvement global constitué d'individualités multiples mais nécessaire à maintenir l'ensemble.

C'est pas faux. acquiesçai-je mon son affirmation quant à son constat personnel vis-à-vis du centre. Quelque chose lui avait échappé, mais comment pouvais-je lui en vouloir moi qui n'avait pas vu la rébellion s'infiltrer, maquiller et croitre dans mon propre établissement carcéral?

J'apporterai les réponses dont je suis détendeur, mais rien ne m'assure qu'elles satisferont mon auditoire. lui dis-je un brin pensif à ses paroles plutôt paternalistes à bien y penser.

C'est là une sage décision Lysander. Prendre l'initiative est une bonne stratégie de ta part, étudie tes options et ton objectif. Je ne doute pas que tu sauras tirer profit de cette situation. Tu es mon apprenti après tout, je sais quelles sont tes compétences. lui adressai-je en esquissant un léger et fin sourire.

Ne redoute pas ce qui t'attend Lysander car cela te sera formateur. Ton esprit critique et de jugement va être mis à l'épreuve, bien plus que jusqu'à présent. N'omet rien et analyse, si je survis à cette histoire, nous en parlerons à nouveau et ferons le point sur ce que tu auras su en tirer. Telle est ta prochaine épreuve. lui dis-je en le fixant de mon regard.


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  • Posté le Sam 3 Mar - 3:22

    Message n°7337 (11)

Craignait-il de décevoir la société de Maloran ? On pouvait lui poser la question. Lysander connaissait la réponse, et n’accorderait la vérité de celle-ci qu’à quelqu’un susceptible d’entendre son point de vue. Maloran… Ses objectifs, ses rêves allaient bien au-delà de Malachor V. Il rêvait de voir les étoiles, les vraies, pas celles artificielles qui peignait la voûte artificielle de la ville pour ne pas rendre ses citoyens fous d’être plongés dans une obscurité constante.
En donnant son nom au Conseil, Gaben avait offert l’occasion à son Apprenti d’accomplir un rêve qu’il nourrissait depuis sa plus tendre jeunesse. Celle de quitter Malachor V à bord d’un vaisseau spatial. Le monde était si vaste, et cette ville tellement étriquée.
Malgré tout, il craignait de décevoir, oui. Mais de décevoir l’Ordre Sith avant de se soucier sincèrement de l’avis du quidam moyen. Les enseignements civiques avaient peut-être été de ceux qui n’avaient pas très bien accroché l’intellect du jeune Sith. Il entendait pourtant ses devoirs de protection, comme une attribution qui allait avec le privilège que son taux de midi-chloriens lui avait attribué.

L’encouragement de Davoros eut le don de distraire Lysander de ses pensées, auxquelles s’associait le trouble de n’avoir manifestement pas su voir quelque chose d’importance au sein de la prison.
Pour toute réponse, le jeune homme eut une légère inspiration alors que le jour se levait péniblement, transformant l’indigo tâché de lumières jaunes, rouges et blanches par une aura orangée.
« Hm. » soupira Lysander lorsque son Maître énonça l’éventualité de sa mort. « En attendant, je vais p’t’être aller me recoucher, moi… »
Il lui renvoya un regard où se lisait quelque chose d’assez inédit à l’égard de son Maître : de la réprobation. Lysander détestait le fatalisme. Et, accéder si placidement la potentialité de son exécution en était sans l’ombre d’un doute.
« J’ai déjà quelques idées de quoi tirer de cette épreuve. »

Lysander n’en ajouta pas plus et, après un dernier regard appuyé, s’éloigna de quelques pas, en direction de la sortie. Cependant, il s’arrêta à mi-chemin, hésita une seconde et se retourna, le regard brillant.
« Serais-je ici si je m’étais résigné à me soumettre à la punition que vous m’aviez infligée, lorsque j’ai moi-même échoué ? » Malgré l’interrogation dans sa voix, il n’attendait manifestement pas de réponse. Plutôt un appel à la réflexion. « Vous avez jusqu’alors été un modèle pour moi, Maître. »

Il en disait peu, mais il en disait assez. Vadith s’inclina avec autant, si ce n’était plus, de solennité que d’habitude. Puis, se relevant, il rabattit sans empressement sa capuche au-dessus de sa tête. Avant que son regard ne soit plongé dans la pénombre de son capuchon, il scruta son Maître, d’un œil où miroitait un sentiment douloureux. C’était un adieu. L’adieu à un temps qui serait révolu lorsque Vadith passerait cette porte.
Son regard avait changé, irrémédiablement. Lysander le sentait, ce temps qui le séparait de la vérité allait mettre non seulement son honneur, mais sa loyauté, son admiration pour son Maître à rude épreuve. L’image parfaite de Davoros s’était déjà effritée, le modèle menaçait de perdre pied et s’écrouler. Le silence face à son incompréhension l’abandonnait à ses incertitudes. C’était seul qu’il devrait se faire un avis sur tout cela. Et c’était seul qu’il devrait décider comment affronter ce qui venait.

Spoiler:

Et bim ! Sinon, c'est "manifestement" que t'as pas compris ?!
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  • Arrivé(e) le : 06/11/2017

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  • Posté le Mar 13 Mar - 11:40

    Message n°7823 (12)


Le doute pouvait être une chose saine à condition de ne pas vous ronger. Comme tout sentiment il devait être maîtriser et utilisé à bon escient, et non devenir le maître. Mes choix avaient d'ors et déjà des conséquences, pour moi, pour lui, et pour d'autres encore dont d'aucun n'avait pas forcément conscience. Alors qu'il venait de tourner les talons pour s'en aller, puis de s'arrêter avant parler, je pris la parole à mon tour.

Lysander… dis-je en préambule d'une remarque qu'il n'allait peut-être pas apprécier à sa juste valeur, voire même s'en contrarier. Toutefois elle était nécessaire, pour son présent et son avenir.

Le plus grand ennemi de toute ton existence, sera toi-même. Ton analyse, ce que tu croiras comprendre, ce que tu ignoreras. Garde toujours à l'esprit que tes certitudes peuvent être balayés en un instant. En revanche, une constante doit demeurer. Tu devras toujours rester maître de ton esprit ET de ton coeur. Qu'aucun de ces deux-là ne prenne un jour le pas sur tes décisions. lui dis-je d'un ton plus solennel que je ne l'aurais souhaité.

Lysander était capable de se montrer compétent mais je percevais en lui certains reflets qui pourraient un jour le mener sur un chemin tortueux jusqu'à sa perte si alors ses émotions devenaient le maître.


Je ne suis pas résigné. Un jour peut-être il te sera donné de comprendre les nuances qui aujourd'hui te font douter. lui précisai-je avant de parler une dernière fois.

Jusqu'à ce que mon procès futur soit terminé et mon jugement énoncé, je te confies une chose. dis-je en lui tendant mon masque par la force, sans le toucher, en le faisant venir face à lui à une longueur de bras de lui.

Conserve le et quand ma sentence sera énoncée, tu décideras de son sort car il sera alors le symbole de notre lien. Détruis-le pour prendre ta liberté, conserve-le dans les conditions de ton choix pour te souvenir, ou porte-le pour l'héritage. Pour ma part, je devrais en choisir un nouveau car je vais devoir évoluer et ce quel que soit mon sort.

Qui n'évolue pas, meurt.
dis-je pour conclure notre entrevue en le fixant de mon regard, mes yeux plongés dans les siens. Je ne le reverrai plus avant que mon procès soit terminé. D'ici là les choses auront changé, et je lui offrais à présent de prendre une décision importante pour son avenir. Poursuivre son apprentissage avec moi, ou prendre une autre voie. Il comprendrait sans doute qu'aucun retour en arrière ne serait possible après ce choix.
En revanche je n'avais aucune assurance quant à son interprétation de ce que je venais de lui opposer. Je ne me détournais nullement de lui mais je lui imposais de choisir: s'il acceptait de poursuivre son apprentissage avec moi, nul doute ne lui serait permis quant à mes choix le concernant, et ce même si le modèle que je représentais jusqu'alors à ses yeux n'était plus le même.


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  • Posté le Mer 14 Mar - 1:15

    Message n°7858 (13)

La casque lévita en douceur jusque devant Lysander. Il hésita, la surprise adoucissant un faciès jusque là bien sombre. Lequel du cœur ou de la raison menaçait de renverser l’autre ? Était-ce un avertissement ? Le visage contrarié de l’Apprenti se refléta dans la visière diaphane du masque de son Maître alors qu’il approcha d’un pas. Puis, avec une lenteur un peu superstitieuse, il prit le masque entre ses mains. Un sentiment étrange l’étreignit alors, comme un serrement de cœur qui lui fit froncer les sourcils. De la peine ? Non, il fallait continuer.
Quelle drôle d’ironie, tout de même. On aurait pu penser que Gaben l’avait fait à dessein, ce jour où il avait reprit le masque de son Apprenti. Comme si tous ces changements se marquaient de symboles forts.

Si, pour l’heure, il ignorait ce qu’il ferait de ce lien le moment venu, il était certain d’une chose. Il était sensible à l’allégorie. Pourtant, ou peut-être justement pour cette raison, le casque lui semblait étrangement lourd, alors qu’il ne le retenait plus que d’une main.
Relevant les yeux vers Gaben, il lui rendit un regard brillant d’un trouble perceptible. Quel que serait sa décision, il ne pourrait accepter un autre Maître. Il était désormais trop âgé et trop peu malléable pour se soumettre à l’enseignement d’un nouveau précepteur. Nul n’aurait plus sa confiance comme Lord Dementis l’avait eue, quand bien même cette sordide affaire avait fissuré l’image de son modèle. Si Lysander aurait voulu le lui dire, les mots ne passèrent cependant pas ses lèvres. Il ne se sentait tout simplement pas capable d’exprimer ouvertement ses sentiments.
Alors, il baissa le bras, le poing fermement serré sur le masque de Davoros et inclina la tête.
« Que la Force soit avec vous, Maître. »
Il en aurait besoin, pour affronter les semaines à venir… Pensa Vadith, en quittant l’appartement de Davoros, l’esprit et le cœur chargés.
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