Star Wars Ascension


[502] Au commencement n'était que le vide (evolet)

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Seigneur Noir des Sith
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  • Posté le Dim 11 Fév - 13:24

    Message n°6377 (1)

Au commencement n'était que le vide

Année 502, Jedha

Les voies de l’avenir sont impénétrables si on ne se laisse pas emporter par les courants de ces rivières invisibles, si on ne lâche pas prise pour accepter ce que la Force souhaite montrer. Et quelque chose s’était révélé au Seigneur noir des Sith, une perturbation sans doutes comme une autre, la plainte d’un profond chagrin avait déchiré le voile du temps pour s’imposer à sa méditation. Le sentiment, l’émotion vibrante de la perte d’un proche est une chose en somme très commune dans la galaxie et même dans Maloran et cette perturbation semblait si lointaine, si fugace, si insaisissable… Daleth aurait tout simplement pu l’oublier, ne pas y prêter attention mais en ce cas, pourquoi cette vision se serait-elle imposée à lui ? Un Sith, tout aussi puissant puisse-t-il l’être comme le Seigneur noir, ne peut se laisser aller à croire qu’il peut tout contrôler et certaines choses de la Force ne trouvent pas d’explication dans l’immédiat. En revanche, il est libre d’y accorder son intérêt ou non, et le libre arbitre est le meilleur moyen de saisir des opportunités.

Alors le voilà face à l’immensité désertique de Jedha, perché en haut d’une falaise qui domine la plaine gelée dont la poussière est balayée par les courants atmosphériques, formant des sculptures éphémères aux mouvements impalpables. Assis en tailleur au bord du précipice, recouvert de son long manteau qui ne laisse apparaître que ses mains pâles aux longs doigts terminés de serres rétractées, le visage caché de Darth Daleth se fend d’un sourire alors qu’à ses yeux se dérobe l’oasis abritant le temple Jedi, tandis qu’en réalité il se trouve juste là, en contrebas. Mais si le dôme occultant protège l’Ordre millénaire de la vue des importuns, il ne masque pas leur présence paisible et sans but dans la Force. Il faut admettre que l’illusion visuelle est admirable, mais ils ont négligé l’existence d’êtres bien plus capables qu’eux dans la perception de l’invisible.

Après une expiration sereine, le Seigneur noir ferme les yeux et étend son esprit aux formes de vie qui se cachent dans le temple secret. Si seulement les Jedi pouvaient savoir que les Sith connaissent déjà leur meilleure cachète… qu’il serait drôle de les voir se débattre dans leur peur. Attentif aux émotions qui émanent de toutes ces auras, il capte des bribes d’existence, des conversations sans intérêt, sa pensée accroche celle de jeunes initiés ou padawan qui se débattent dans le torrent de leurs frustrations quand ils ne parviennent pas à résoudre les exercices donnés par leurs maitres. Et puis d’un coup, la voilà. Seule, effondrée, victime de sa peine, de la souffrance, de la colère, de l’impuissance. Une jeune femme qui erre dans ce temple sacré sans avoir personne à qui se confier parce que personne, parmi ces soi-disant maitres, ne veulent comprendre ces émotions. On lui a sûrement dit de lâcher prise, de laisser les morts là où ils sont ou de réprimer sa peine et la brûlure de sa colère. Le stupide baratin habituel qui n’est en aucun cas une aide à l’aube de son deuil.

Son esprit suit la jeune femme dans ses pérégrinations au sein du temple. Que compte-t-elle faire, qui est-elle en réalité ? Pourquoi la Force l’aurait-il mené vers elle ? Que de questions pour l’instant sans réponses, dont certaines pourraient être facilement résolues en usant de sa capacité à lire dans les esprits. Mais que resterait-il alors de la surprise de la découverte si on se simplifiait tant les choses ? Attendant qu’elle se retrouve seule, le Sith finit alors par établir un faible lien télépathique, rien qui ne nécessite de forcer les barrières spirituelles de la jeune femme. Et c’est un simple mot qu’il fait alors résonner en elle, une invitation, une promesse d’apaisement et un mystère à résoudre. « Viens. » Comment retrouver la source de cette probable hallucination ? Il suffirait de chercher un peu mais c’est comme si l’aura de Daleth rayonnait tel un phare dans la nuit, uniquement pour cette initiée perdue dans les affres de l’existence.

Au Seigneur noir d’attendre qu’elle décide de partir à la recherche de cet appel curieux, et de sentir bientôt, très bientôt sa venue sur ce plateau qui domine une grande partie de cette région froide et déserte. Sa silhouette est toujours aussi immobile, comme s’il méditait malgré le froid, le vent, la solitude et le silence et quand enfin la présence de la jeune femme se fait sentir derrière lui, seul un sourire se dessine sur ses lèvres voilée par son masque.
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  • Posté le Mer 14 Fév - 16:51

    Message n°6453 (2)

Elle aurait dû retourner tout de suite à Coruscant mais après le terrible décès de son père, Evolet avait simplement quitté Adarlon comme une âme en peine. Son premier réflexe fut de rejoindre Jedha, de retrouver ce temple où elle avait grandi. Dans sa quiétude, elle avait espéré si ressourcer, trouver de quoi apaiser son cœur, son âme mais ce fut en vain. Pires, les regards que certains lui jetaient étaient comme une myriade d'aiguilles dans le cœur. Son chamboulement émotionnel ne passait pas inaperçu, on s'inquiétait, comme si les émotions qu'elle véhiculait était une maladie incurable qu'elle pouvait transmettre. Comme elle pouvait les contaminer avec un mal terrible.

Pestiférée.

Il n'y avait rien pour elle ici. Il n'y avait jamais rien n’eut. Fort d'espoir vain et anéantit, d'une vie de patience à attendre qu'on veuille la reconnaître, elle et sa minable existence. Sa patience s'était effrité, tout comme son sourire. Depuis combien d'années n'avait-elle pas sourit ? Elle en avait oublié jusqu'au son de son propre rire. Ce malheur qui l’accablait, ce n'était pas juste le décès de son père, c'était un tout. Une boule de nerfs qui gonflait peu à peu, entravait sa respiration, sa façon de penser. Elle était à bout. La simple vue de ses comparses, lui donnait la nausée.

Viens.

La voix avait résonné en elle, comme une réponse tardive à ses appels au secours. Comme si après tout ce temps, quelqu'un avait enfin daigné l'écouter. Son être tout entier tremble à l'ombre de cette voix grave qui résonne dans son esprit et la jeune femme, mué par la perplexité, s'en va hors du temple. Elle délaisse les moins que rien sur son passage, les laisse à leur stupide méditation. Elle ignore les regards et si on la questionne, elle dira simplement qu'il est temps pour aller prendre l'air. Mais elle n'est pas assez importante pour que son soudain départ hors du dôme protecteur, puisse inquiéter qui que ce soit. C'est même mieux, sans doute. Elle n'est plus là pour empoissonner l'air de ses émotions négatives. Un soulagement pour eux, comme pour elle.

Elle a marché comme une damnée, la jeune Evolet. Affrontant le froid glacial de Jedha dans une marche lente. Elle a traversé les plaines, gravit les monts, suivant simplement cette présence étrange. Elle ne se l'explique pas et se demande si ce n'est pas juste un tour de son esprit. Combien de temps a-t-elle marché ? Sa menue silhouette affrontant le vent et le froid. Et la voilà qui arrive, juste derrière lui. Fragile demoiselle vêtue d'un long manteau blanc ourlé de fourrure, elle observe silencieusement la sombre silhouette près du précipice. Il fait tache dans le paysage. Il n'est pas comme eux. Il n'est pas comme elle non plus.

« C'est vous, n'est-ce pas ? » Minaude la jeune femme au faciès fermé, ses grands yeux bleus rivés vers l'inconnu. « C'était votre voix ? Dans ma tête... »

Son aura, sa prestance. Elle a quelque chose de familière avec ce son, cet unique mot qui l'a ébranlé jusqu'au plus profond de ses fondements.

« Que me voulez-vous ? »

Méfiance, peu chaleureuse, Evolet ne s'embarrasse pas de mot. Elle n'est pas d'humeur, elle n'a pas le force de tenir tête à qui que ce soit. Juste envie de hurler sa haine à la face du monde, pleurer la perte d'un être cher. Mais elle n'a pas versé la moindre larme alors même que le sang de son paternel avait souillé ses mains. Il n'y avait aucun remède pour combattre ce qu'elle éprouvait. Le temps sans doute, lui accorderait un jour le repos, mais d'ici là, qui sait ce qu'il adviendrait de sa pathétique personne ?

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  • Posté le Mer 14 Fév - 20:44

    Message n°6474 (3)

L’attente aurait pu être longue pour qui ne sait contenir son impatience, mais le temps est une entité capable de se dilater ou de se comprimer, capable de s’étendre et de s’étirer comme de se faire minuscule. Pas besoin d’être un scientifique un peu fou dans son laboratoire pour exercer une certaine emprise sur sa propre perception des secondes qui s’égrènent lentement ou rapidement. Et quand enfin la présence de la jeune femme se fait sentir dans son dos, après sûrement une longue ascension dans ce froid ambiant que Daleth se contente d’ignorer, c’est une aura renfermée, anéantie par la souffrance qui se déverse des émotions incontrôlables, qu’il ressent en premier lieu. Se renfermer, l’étape juste avant celle d’exploser, peu importe de quelle manière.

Alors qu’elle s’adresse à lui d’une voix aussi chaleureuse que le climat environnant, le Seigneur noir se contente de tourner à moitié la tête, exposant simplement le profil de ce masque qui se cache sous l’épais tissu qui le recouvre. Les facettes métalliques se contentent de renvoyer les traits de lumière qui bondissent sur elles, ne renvoyant là que des reflets de multiples espoirs que les photons auraient pu traverser pendant leur long chemin jusqu’ici. « C’était moi. », se contente-t-il de répondre d’une voix parfaitement claire et d’un ton calme. Plus calme qu’un Maitre Jedi et pourtant il n’en est pas un, et pourtant derrière cette apparence se cache le tumulte du Côté obscur. Un petit sourire se dessine sur ses lèvres qu’elle ne peut voir, tandis qu’il continue de l’observer du coin de l’œil.

Que veut-il ? Très bonne question en l’état. Lui-même l’ignore encore, il est simplement venu en suivant son instinct, cet instinct guidé par la Force et ses tours souvent capricieux, qui incitent au questionnement plus qu’elle ne donne de réponses. La voie tracée n’est jamais simple, mais elle est toujours enrichissante avec le recul nécessaire. Son visage pivote à nouveau vers l’immensité qui s’étend face à lui, sans qu’il réponde immédiatement. La tourmente et la froideur se mêlent dans ce petit être qui a sans doutes déjà beaucoup vécu malgré son jeune âge. « La question serait plutôt : que veux-tu, toi ? », finit-il par lâcher, à la fois sérieux et amusé. Certes, il l’avait invitée à venir, comptant sur sa curiosité, ou la perplexité qu’elle aurait pu ressentir en entendant cette voix inconnue dans sa tête. Mais l’a-t-il obligée pour autant ? Si elle est venue, c’est aussi avec un objectif, quel qu’il soit, sans qu’elle en ait peut-être même conscience. Après tout, aurait-elle obéi s’il n’avait pas dit viens mais meurs ?

« Assieds-toi. », l’invite-t-il en dépliant le bras pour lui faire signe de la main de s’installer à côté de lui. Pas la peine de rester plantés là comme des radis, sauf pour se geler le bout des pieds. Des questions ne tarderaient sans doutes pas à surgir de cette verve amère, de la méfiance aussi, de la suspicion. Pas grand monde ne trainait dans les parages du temple caché des Jedi, n’est-ce pas ? Pas grand monde avec des capacités télépathiques en tout cas et qui ne soit rattaché à l’Ordre. Alors qu’une brise glaciale fait claquer doucement les pans de son capuchon, son regard se lève vers le ciel froid, déserté du moindre soupçon nuageux, patientant ce qu’il faut pour que la jeune femme daigne au moins s’approcher jusqu’à se tenir à côté de lui. « Tu sembles regretter d’être revenue ici. Peut-être que prendre un peu de hauteur te sortira la tête de cet océan étouffant. Qu’est-ce que tu vois ? »
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  • Posté le Mer 14 Fév - 21:10

    Message n°6480 (4)

C'était de loin l'échange le plus étrange auquel Evolet avait participé. Il n'y avait entre eux aucune forme de politesse, juste deux inconnus dans une situation incongrue. Il est aussi sombre qu'elle est claire, comme le jour et la nuit. Son large manteau noir arrache un frisson à la jeune femme dont la pâle chevelure est fouettée par le vent glacial de Jedha. Elle ne bouge plus, reste là, stoïque à l'observer. Méfiante, Evolet l'est comme jamais. Pourtant bien vite, sa voix s'élève à nouveau, froide et mielleuse, le ton cependant accusateur.

« C'est vous qui avez fait irruption dans ma tête. Ce n'est pas à moi d'exprimer un quelconque souhait... »

Pour l'heure, Evolet avait juste la haine au bord des lèvres, l'envie de hurler, de griffer, de mordre. Cet accès de violence, ce besoin farouche de faire mal. Peu importe qui, ou quoi. Rien ne lui semble plus important que de trouver un moyen d'exulter ses sinistres émotions de son être. Le besoin de se purger. Elle se sent souillé, la guérisseuse aux airs chastes et fragiles. Alors quand l'homme ordonne de s'assoir, la jeune femme baisse le visage, toisant d'un regard plus austère que jamais. De quel droit ? Et si ce n'était pas un ordre, mais une invitation ? Car aussi sinistre soit sa silhouette, elle ne décèle en lui, aucune forme d'amertume. Du moins, pas à son égard à elle. Evolet fait un pas en avant, lentement, puis un second. Sous ses larges manches évasées, ses mains gantées se referment, se crispe. Pourquoi ne peut-elle pas s'empêcher d'être méfiante ? Ici où les gens suintent de lumière, il fait atrocement tâche. Et ce masque d'où rien ne filtre si ce n'est cette voix rauque et probablement déformée. Pourtant Evolet garde courage, s'approche encore mais au lieu de s'asseoir, se contente de rester debout aux côtés de l'inconnu. Elle est mieux ainsi et en cas de besoin, il sera toujours plus aisé de fuir, en étant debout sur ses deux pieds.

« Rien. »

Siffle la femme pour répondre à la question du sombre inconnu. Voilà ce qu'elle voyait. Les monts désertiques et froid de Jedha, l'absence de vie en dehors du dôme protecteur du temple. Rien. Cet endroit n'apportait rien. Il n'avait rien pour lui. La jeune femme reste là, digne et droite à fixer l'horizon, les yeux humides à cause du froid qui fouette son visage et fait rougir ses joues de porcelaine.

« Tout est... si froid. »


Et son cœur l'est bien plus encore. Elle est incapable d'exprimer avec des mots ce qu'elle éprouve. Evolet baisse le regard, incline le visage vers son interlocuteur. Un manipulateur de la force, évidemment. La question ne se pose même pas, il n'y a même pas besoin de faire usage de la perception. C'est comme si... Il ne se cachait pas, tout en se cachant tout de même. Elle ne sent pas la force, mais elle sait qu'il la possède et ce, pas seulement parce qu'il avait fait irruption dans son esprit. Bien étrange sentiment que voilà.

« Et vous, que voyez-vous, voyageur ? »

Elle retourne sagement la question, gardant son regard tourné vers lui, observant ce masque qui renvoie la lumière comme une lune en pleine nuit. Finalement elle reporte à nouveau son regard vers le décor peu chaleureux de Jedha et susurre, la gorge nouée.

« Il n'y a rien... Pas de chaleur, pas d'espoir... L'amertume d'une solitude, la tristesse d'une lune brisée. C'est tout ce que je vois... Le froid, le vide, l'indifférence. »
Soupir, son regard se durcit, ses poings se serrent. « Je... N'en peux plus... »
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  • Posté le Mer 14 Fév - 22:09

    Message n°6485 (5)

La remarque est légitime, quoiqu’un peu agressive et peu ouverte aux concessions, ce qui provoque un léger sourire en coin tandis qu’un ricanement vaporeux s’échappe du masque métallique. « Certes… C’était un peu plus efficace que de rechercher ton numéro pour te contacter sur ton holocom. », rétorque-t-il avec nonchalance, comme si cette discussion et les circonstances de cette rencontre des plus déconcertantes étaient parfaitement normales. Tout est une question de point de vue, et il pourrait y avoir pire comme manière de rencontrer quelqu’un. La jeune femme approche à nouveau, se tient au bord du vide au côté du Seigneur noir sans se douter un seul instant de la véritable nature de son interlocuteur, et sans pour autant concéder à s’asseoir. Courageuse, mais pas téméraire. Prudente ou trop sur ses gardes ?

Son regard se tourne alors doucement vers la silhouette qui se tient debout à ses côtés. Ce long manteau clair qui contraste terriblement avec sa propre carcasse vêtue de nuit, l’on aurait dit que la dualité de la Force s’est rassemblée ici et maintenant, en cet endroit des plus cocasses. La lumière qui vient à la rencontre de l’obscurité. Qui saurait happer l’autre ? La seule part qui semble colorée dans l’apparence de Daleth, en dehors de ses mains pâles, c’est son masque, ce masque qui renvoie la lumière sans l’absorber. Aux mots de la jeune femme, il ne réagit pas. Ou du moins il n’en laisse rien paraître et c’est d’autant plus difficile de déceler quoi que ce soit quand on ne peut apercevoir son visage. Un léger tic secoue les extrémités de ses lèvres avant que ce sourire fugace disparaisse. Rien. Oui, évidemment. Elle ne voit rien parce qu’elle ne souhaite rien voir, ni à l’extérieur, ni à l’intérieur. Et ce qu’elle décrit de Jedha… inutile d’être devin pour deviner qu’il ne s’agit pas réellement de la planète dont elle parle. Ou du moins, pas uniquement.

Ne répondant pas immédiatement à la question qu’elle vient de lui retourner, il se contente de répliquer : « C’est ton reflet que tu vois, qui cache cette infinité en déformant certains pans de la réalité. J’aperçois des vies lointaines, qui fourmillent dans cette poussière environnante sans que qui que ce soit ne s’en préoccupe. Je sens le battement chantant des cristaux vivants en formation dans les mines non loin d’ici, les flots invisibles et capricieux qui les traversent, gorgés de vie et des espoirs qu’elle va inspirer. Je sens aussi cette petite âme perdue dans son long manteau blanc. » Et bien d’autres choses encore qu’il aurait pu lui décrire mais qui ne l’intéresserait pas outre mesure. Un léger soupir s’échappe tandis que Daleth sent toute la peine qui suppure de la jeune femme. Et la colère, toujours, ardente, tremblante, qui tend tous ses petits muscles et qui suinte à fleur de peau, prête à se déverser de manière incontrôlée. Un chemin direct vers le Côté obscur, quoique pas le meilleur pour être sain.

Et alors, le Seigneur noir s’interroge à nouveau : pourquoi la Force l’a-t-elle montrée, elle, cette initiée, ou padawan, ou quoiqu’elle puisse être dans ce temple Jedi ? Qu’a-t-elle à offrir que ces vieux coincés n’auraient pas aperçu ? En sondant son aura, il peut estimer qu’elle détient une puissance somme toute très moyenne dans la Force, et bridée, timide qui plus est. Ce n’est sans doutes pas ce potentiel-là qui est le plus intéressant chez cette jeune inconnue. Qu’importe, quelque part au fond de lui, il sait qu’il n’a pas l’intention de la tourner vers les Sith. Pour l’heure, il s’agit d’une âme en peine qui ne peut même pas l’exprimer en étant comprise. « Alors libère-toi de ce qui te fait mal. », dit-il doucement. « Laisse-toi aller à écouter les supplications que lancent tes muscles, tes entrailles, ton cœur. Déverse ce que tu ne peux plus supporter : hurle, cours, frappe, saute si ça te chante. L’existence ne sera pas plus simple pour autant, mais déjà plus légère à porter. »
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  • Posté le Jeu 15 Fév - 16:48

    Message n°6519 (6)

La comparaison lui arrache un sentiment de dégoût. Il parlait et la jugeait comme s'il la connaissait. La voyait-il vraiment à travers ce paysage ? Peut-être bien, au fond. Pourtant tout ce que cet homme décrit, elle ne le sent pas. Elle voit et ne ressent aucune de ces vies, aucun de ces cristaux qui se forment. Evolet est fermé. La frustration lui fait serrer la mâchoire, elle se reconnaît bien là, inutile, incapable, impuissante.

« Eh bien ravie de voir que vous êtes aussi ouvert sur ce qui vous entoure. Tant mieux pour vous, j'imagine. »


Elle l'envie, je jalouse. La bile lui monte jusqu'à la gorge. Elles les détestaient tous ces forceux pompeux qui parlaient constamment de la façon dont il percevait ce qui les entourait, parler de la force comme si cela les rendait supérieurs. La jeune femme observe le ciel un instant, tachant d'aller outre ce sentiment de haine qui l'envahit peu à peu. Que fait-elle encore là ? C'est idiot de rester ici avec cet inconnu, l'écouter baver ses mots. Cela n'a aucun sens. Mais tout était bon pour ne pas être là, en bas, sous ce maudit dôme.

Alors libère-toi de ce qui te fait mal.

La réplique est comme un coup de marteau à l'arrière du crâne. Evolet ouvre grand les yeux, comme si ce simple fait, cette simple vérité, était quelque chose auquel elle n'avait pas accès. Son regard clair vrille et se tourne vers l'étrange voyageur dans son long manteau sombre crier, pleurer, sauter. Avait-elle seulement le droit de se plaindre de ce qui lui faisait mal ? Lui offrait la possibilité de le faire comme si ce comportement était normale, mais chez les Jedi, on aurait attendu d'elle un self contrôle exemplaire. Se sentir plus légère . Oui, elle avait besoin. Elle lève ses mains devant son visage, observant ses gants de laine. Elle revoit le sang de son père et celui d'autres qu'elle n'avait pas pu sauver. Ses lèvres tremblent, ses yeux humides tardent à laisser choir un flot salé. Et enfin le sanglot. Les mains d'Evolet retombent mollement le long de ses hanches alors que sa petite voix fluette s'élève, brisée par les pleurs qui lui échappent. Elle a l'air d'une enfant apeurée, malheureuse. Au fond, c'est ce qu'elle est.

« J'ai si mal... Et je ne sais même pas pourquoi je vous le dis... »

Elle ignorait même son nom, son visage, tout. Lentement la guérisseuse tourne sur elle-même, tournant le dos au vide. Ses frêles épaules secouées par ses sanglots discrets, la jeune femme recule d'un pas. Pas un mot de plus et sans même réfléchir à son geste, son petit corps chute brusquement. Il tombe, virevolte dans le vide. Et à chaque instant qui s'écoule, du haut de la falaise, la silhouette de cet étrange inconnu diminue.

Rattrape-moi.

Ne peut-elle s'empêcher de penser. Pitié, que quelqu'un donne enfin un sens à sa vie, qu'elle ne se sente plus comme une poussière invisible dans cet immense univers. Qu'on la sauve, qu'on lui dise que sa vie aussi avait de la valeur. Evolet veut qu'on brise ses chaînes, qu'on la regarde, qu'on l'écoute. Qu'on la comprenne, au-delà de tout.

Sauve-moi.
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  • Posté le Dim 25 Fév - 1:39

    Message n°6953 (7)

« Il n’en a pas toujours été ainsi. », rétorque simplement l’homme au masque en haussant doucement les épaules. En grandissant au sein d’une société qui, en dehors de son élite choisie pour décrypter des visions qui doivent se réaliser, ou exercer des talents de guérison, abhorrait toute utilisation de la Force, il aurait été bien difficile d’imaginer qu’un jour, Daleth deviendrait ce qu’il est aujourd’hui. Un sourire vient orner son visage caché, la jalousie est une émotion touchante, qui n’invite guère à la modestie. Mais c’était aussi une infime porte ouverte vers la rage de vaincre, l’envie de progresser, quand on ne se laissait pas abattre par elle. Mais c’est une émotion, un calice interdit chez les Jedi, un poison dans leur doctrine dépassée. Comme sa proposition de se laisser aller, juste pour se décharger de ce qui l’emprisonne.

Immobile face aux sanglots qui s’échappent enfin de la jeune femme, le Seigneur noir semble fixer l’immensité infinie face à lui alors que derrière le masque, les yeux sont clos, l’attention est tournée entièrement vers la détresse de cette jeune inconnue qu’un dogme délétère empêche de faire son deuil. « Le dire, c’est déjà partager un fardeau pour mieux s’en décharger. », souffle-t-il d’une voix lointaine, portée par le vent qui appose son souffle dans la vallée. Il sent déjà ce qu’elle compte faire, et les secondes à suivre vont déterminer les années à venir. Le point critique s’annonce mais Daleth ne s’en émeut pas. Il n’espère rien, n’attend rien, car il n’est venu que grâce au murmure de la Force, sans vouloir s’attendre à quoi que ce soit. L’espoir construit sur du néant amène à la déception, et quoi qu’il puisse se passer alors que la jeune femme est en train de tourner le dos au vide, Daleth ne peut rien regretter.

Et, quand d’un coup, le corps bascule vers l’abime, pas un mouvement ne fait tressaillir le Sith. Il semble observer la chute inéluctable sans s’émouvoir outre mesure, assis en tailleur, imperturbable. Mais en réalité, c’est son esprit qui accompagne la jeune fille, lié à elle dans ces derniers instants, où sans le savoir, et probablement pour la première fois de sa vie, elle n’est réellement pas seule. C’est d’une longue expiration que Daleth accompagne la disparition de la silhouette, jusqu’au moment où sa respiration se bloque, et la chute cesse brusquement à peut-être un ou deux mètres de l’impact. Ses doigts, toutefois, se serrent imperceptiblement, se referment sur les paumes alors qu’il absorbe l’énergie du choc soudain qui aurait dû avoir lieu. L’appel lointain et secret a été entendu au-delà de toute mesure, semble-t-il.

Dans un soupir, l’esprit de Daleth virevolte avec la Force qui remonte la jeune désespérée jusqu’à sa hauteur. Suspendue au-dessus du vide, face au Seigneur noir, il peut enfin l’observer à loisir, son masque miroitant à hauteur de son visage. Un visage poupin, un regard céruléen saisissant malgré les larmes qui l’ont rougi avant de dégringoler sur ses joues rosées. « Toi seule peux briser tes chaines, jeune fille. », dit-il en répondant à ses pensées qui se sont enchainées si vite pendant la chute. « Mais je peux t’aider. Parce que moi, je te vois. » Pas comme les crétins là en bas, sous-entend-il silencieusement.
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  • Posté le Sam 17 Mar - 11:51

    Message n°7985 (8)

Où est la peur ? Elle sent le vertige, l'attraction qui l'attire à une vitesse alarmante et fait frémir son corps. Mais pas de peur. Juste le soulagement à l'idée que tout cela sera bientôt terminé. Evolet a hâte que son corps touche le sol, que ses os se brise, que son cœur cesse de battre et qu'elle ne soit plus qu'un amas de chair perdue dans les canyons glaciaux de Jedha. Pourtant, au fond, son appel au secours persiste, elle a toujours ce besoin que quelqu'un la sauve. Et soudain, son corps cesse de tomber, il n'y a aucune douleur, aucun craquement d'os, pas la moindre giclure de sang. L'étau invisible qui se resserre autour de son corps l'élève, encore et encore, lui faisait faire le chemin inverse jusqu'à la ramener à son point de départ. Et lui se tient là, sombre inconnu qui semble avoir entendu ses pensées et alors qu'elle lévite au-dessus du sol, ses cheveux fouettés par le vent froid de Jedha, elle susurre.

« Moi aussi, je vous vois. »


Et la voilà qui s'abandonne à ses émotions, Maelström de tristesse, de colère et de frustration. Son visage poupin se couvre de larmes, véritable rivière salée qui dégringole, entrecoupé de sanglots douloureux. Assez de chercher à faire bonne figure, d'avoir à rester forte et digne, d'avoir ce total contrôle sur ses émotions. Elle veut vivre autant que mourir. Une délicieuse contradiction qui avait un goût sucré et amer à la fois.

« Oui, aidez-moi... »


Murmure Evolet qui darde son regard clair et larmoyant sur le grand et sinistre homme qui la tient toujours enfermé dans cet étau de force. Suspendu au-dessus du vide, la pâle créature envelopper de tristesse et d'innocence tend les bras vers lui, laissant ses larmes lui échapper toujours plus.

« Aidez-moi. »

Renouvelle-t-elle, la supplique brisée par une voix légère et enrouée. Malade de désespoir, la douce enfant lui ouvre les bras, attend qu'il l'attire à lui, qu'elle puisse s'agenouiller devant son maître. Est-ce que c'est qu'il allait devenir ? Car cette aide, il n'en précisait pas l'enjeu ni les limites. Pourtant à travers les larmes de la jeune Evolet, il y a une détermination farouche qui persiste, s'obstinent et lui redonne force et espoir.

« Pitié, je ferais tout ce que vous voudrez. »


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  • Posté le Dim 18 Mar - 16:25

    Message n°8043 (9)

Le corps en suspension au-dessus du vide semble être aussi léger qu’une plume pour l’étrange inconnu. Sa dextérité et sa maitrise de la Force auraient de quoi se faire poser des questions aux plus grands maitres Jedi actuels, mais encore devaient-il se rendre compte de la présence d’un tel personnage. Penchant légèrement la tête sur le côté, le Seigneur noir observe la jeune fille qui laisse enfin exprimer ses émotions, pour les vivre pleinement et non pas en être la prison. Un premier pas, non pas vers le Côté obscur, mais vers une existence équilibrée avec un sens et des saveurs. Aussi quand lorsqu’elle ouvre les bras, tant pour le rejoindre sur le sol que sans doutes pour s’abandonner dans les siens, sur ce chemin qu’il lui propose, Daleth se relève souplement puis consent enfin à faire avancer le corps suspendu dans le vide jusqu’à la terre ferme pour la déposer avec délicatesse.

Il la toise un instant sans qu’elle puisse voir le sourire qui s’est dessiné sur son visage masqué, puis il entoure le menton de la jeune fille du pouce et de l’index pour lui faire relever doucement la tête. « Bien. Une longue route nous attend. » Mais avant de pouvoir la débuter, avant de pouvoir réellement devenir son maitre, il lui faut être dans de meilleures dispositions. Evolet avait déjà besoin d’accepter son chagrin avant de retrouver une quelconque forme de sérénité plus propice à la discussion et à l’apprentissage. « Avant tout, prends soin de toi et, quand tu seras prête, retrouve-moi dans les ruines de l’ancien temple, là-bas. », dit-il en pointant son index vers une montagne au loin, dont une entrée monumentale, ancienne, sculptée et usée par le temps et le vent se dessine dans la roche. « Je t’y attendrai. », ajoute-t-il d’une voix chaleureuse, posant une main sur l’épaule de la jeune fille avant de tourner les talons pour traverser le plateau rocheux, avant de s’évanouir dans une brume qui n’a rien de naturel.

Dans une longue inspiration, le Seigneur noir reprend conscience dans son corps assis en tailleur, engourdi par les heures à rester ainsi immobile. Ouvrant les yeux sur l’obscurité ambiante de la pyramide, il renverse la tête en arrière dans un sourire. Il comprend à présent. Et il sait ce qu’il doit faire. L’entreprise est ambitieuse, sans doutes est-ce du jamais vu, mais il ne fera pas de cette jeune fille un Sith. Et elle ne sera pas un Jedi non plus…

– SUJET TERMINÉ –
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