Star Wars Ascension


Deux chats, une souris et un toit [Sera Fyr]

Star Wars Ascension » Tatooine

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  • Posté le Jeu 11 Jan - 23:33

    Message n°4341 (1)

Kovi réhausse son col ; à Mos Espa, les nuits sont fraîches. La terrasse est absolument comme elle l'imaginait : pas trop grande, difficile d'accès, et parfaitement inoccupée. Elle s'assied, son fusil dans les mains. Loin en dessous, la ville fait semblant de dormir.

Elle ne pensait pas revenir aussi rapidement ; il n'y avait pas souvent de travail à Mos Espa, et elle s'était étonnée de son affectation. C'était un pilote de module, tout en gueule et pas très futé ; un travail facile, qui n'avait même pas requis de recherches particulières : une seconde, il y avait deux personnes sur le toit, et avant qu'on puisse cligner de l’œil, plus qu'une, qui avait tourné les talons d'un air nonchalant.

On avait retrouvé le cadavre dix jours plus tard, perché sur une corniche, sa tête pendant dans le vide, le visage à moitié dévoré par quelques oiseaux de passage.

Celui d'aujourd'hui serait un peu plus compliqué.

Shahar Tonori était presque inoffensif ; sans être une lumière, il avait servi comme comptable pour la Nébuleuse Noire durant plusieurs années, et faisait preuve d'une régularité plus qu'exemplaire dans la tenue de ses registres. Une régularité telle qu'elle avait dû finir par attirer l'attention de quelqu'un situé bien plus haut, qui avait mené sa petite enquête avant de marquer son nom sur une petite liste avant de le rayer plusieurs fois. Et maintenant, le petit comptable allait recevoir une visite de Kovi ; le seul problème, c'est que le bonhomme avait peur de son ombre et ne sortait presque jamais. Sauf pour se rendre aux convocations officielles.

Arranger une rencontre entre sa cible et  un sous-intendant avait été facile, mais coûteux ; Kovi n'aurait qu'une chance. Après cela, il lui faudrait attendre plusieurs semaines, quelques mois peut-être, avant que Tonori accepte de mettre à nouveau le nez dehors ; ordres ou pas, il trouverait excuse sur excuse pour se permettre assister aux réunions à distance.

Elle devrait donc le cueillir au moment même où il sortirait la tête de chez lui. Elle le voyait déjà se précipiter nerveusement vers le landspeeder qui l'attendait déjà dehors, se ruant presque à l'intérieur dans sa hâte de revenir à la sécurité d'un intérieur douillet. Elle avait pensé se faire passer pour son chauffeur, ou saboter le véhicule, mais la méthode classique fonctionnerait tout aussi bien, et peut-être même mieux ; en outre, Tonori semblait connaître ses employés de nom, et elle n'avait pas trouvé l'endroit où le véhicule stationnait d'ordinaire. Il fallait donc qu'elle attende, et ronge son frein.

Ce ne serait sans doute pas très long.

Dans l'inconfort relatif dans lequel elle se trouve, Kovi admire la vue. Au bout de quelques minutes, elle se met à fredonner.
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  • Posté le Ven 12 Jan - 0:49

    Message n°4350 (2)

Chaque fois que Sera se rendait sur Tatooine, elle se demandait s’il n’y avait pas quelque chose de pas net chez elle. C’était sur cette planète qu’elle était née et qu’elle avait grandie pendant 6 ans. Pourtant, elle ne ressentait pas la moindre étincelle de nostalgie. C’est à peine si elle se souvenait de la ville où elle avait grandi, en réalité. Par moment, en se baladant à Mos Espa, ou à Mos Eisley, ou n’importe quelle autre ville que la planète avait à offrir, elle avait l’impression de reconnaître un bâtiment, un angle de rue.

Comme ce soir.

Elle était montée sur les toits de la cité et l’horizon bleutée avait quelque chose de familier. Est-ce qu’elle avait déjà vu ça ou est-ce qu’elle l’imaginait ? En tous les cas, les senseurs de son armure lui donnaient la température, et elle était d’autant plus heureuse de la porter. Ce n’était peut-être pas du haut de gamme, mais le régulateur thermique fonctionnait bien. Dans un froid pareil, elle parvenait encore à être confortable. Et elle en aurait besoin.

Rajustant son fusil de précision, la sangle passant autour de son épaule, la Mando’ade se mit en route. Dans la nuit, elle pouvait entendre les légers cliquetis de son arme contre les plaques de son armure, et elle fit de son mieux pour les diminuer au maximum. Elle ne craignait pas vraiment d’être entendue – les habitants de Mos Espa savaient qu’ils valaient mieux prétendre ne rien entendre les nuits comme ça – mais il fallait qu’elle s’entraîne à être un peu discrète.

Une mission d’assassinat. Pas vraiment sa spécialité, mais elle n’était pas encore en position de faire la fine bouche. C’était quoi déjà le nom de la cible ? Elle avait bien mémorisé son visage, mais le nom… Sera faillit se mettre une baffe, elle avait vraiment du mal avec ça.

Du menu fretin en plus. Elle avait fait de son mieux pour se renseigner, puisque le client n’avait lâché que très peu d’infos. Un comptable, qui avait la mauvaise idée de passer du temps dans une certaine chaîne de casino. Et apparemment d’y gagner trop souvent. C’était sûrement ce qui avait motivé la prime. Mais en tentant d’en savoir plus sur lui, Sera s’était vite rendu compte qu’il cachait quelque chose de plus, même si elle n’était pas parvenue à déterminer quoi. L’homme trempait dans des affaires louches.

Son choix, après tout. Shahar Tonori, voilà, c’était ça son nom.

Une balle dans la tête, ce n’était pas la pire façon de mourir. Là encore, ce n’était pas la méthode favorite de la Mando’ade, mais c’était la seule option. L’homme ne semblait pas vouloir sortir de chez lui et elle n’avait plus de détonateurs thermiques à jeter dans sa maison. Les jours précédents, elle avait repéré l’endroit idéal pour tirer. Un toit qui ouvrait une ligne de mire parfaite. Pas facile d’accès, mais elle avait trouvé un chemin. Plutôt que de tenter l’escalade et de risquer de se faire repérer, Sera était simplement monté sur un toit situé bien plus loin.

Restait à faire le chemin à pied, et elle atterrirait en surplomb. Sur un autre toit plus haut mais qui n’offrait pas de ligne. Ensuite, il suffirait de sauter. Un jeu d’enfant.

Sauf qu’une fois arrivé sur le toit qui surplombait son point de tir, les senseurs de son casque l’informèrent d’un petit souci. Un son, en fait. Un fredonnement. Ralentissant encore la cadence, elle avança jusqu’à la corniche et jeta un regard aussi discret que possible, sa visière en T brillant légèrement dans la nuit.

Quelqu’un était là, habillé tout de noir et assis. En soit, rien d’illégal. Sauf que le quelqu’un en question était sur son spot. Avec un fusil.

La mercenaire reste immobile une seconde. Situation inédite, besoin d’improviser. Genre là, tout de suite.

Il me faut ce spot.

Ni une, ni deux, la Mando’ade exécute son plan et se lance dans les airs avec toute la grâce d’un marteau balancé du haut d’un ravin. Elle se réceptionne violemment sur la petite corniche, dans une pose qui pourrait être classe si elle n’était pas forcée de retenir la sangle de son fusil de précision. Dans la nuit, l’armure rouge et verte se redresse, le vieux vocodeur de son casque laissant échapper une voix déformée et menaçante.

« Qu’est-ce que vous faites ici ? »
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  • Posté le Ven 12 Jan - 15:49

    Message n°4385 (3)

Kovi attend depuis maintenant une heure, sans avoir rien d'autre à faire qu'écouter les insectes. Les quelques passants qui sont encore levés, souvent ivres, couvrent parfois leur bruit lorsque leurs pas résonnent sur les murs nus, où qu'ils trébuchent et tombent au sol dans un choc sourd. L'assassin connaît toutes leurs injures,  maintenant. Elle en apprécie une tout particulièrement, même si elle n'osera jamais la prononcer ; elle l'a quand même notée quelque part dans son datapad.

Toujours pas de trace de Tonori. En contrebas, le chauffeur s'est mis à faire les cent pas, son pad à la main. Parfois, il semble glousser ; Kovi est trop loin pour savoir ce qui se trame sur le petit écran.

Bercée par les crissements des insectes, partout autour d'elle, son imagination se met à travailler. Qui sait, peut-être que le chauffeur est, lui aussi, un assassin ? Peut-être est-il de mèche avec Tonori, prêt à faire volte-face et tirer droit entre les deux yeux de Kovi ; peut-être est-il lui-même Tonori, venu chercher une doublure dans le cadre d'un plan alambiqué ? Mais non : le chauffeur s'appelle Nils. C'est un crétin fini, qui passe trois soirs par semaine dans une salle enfumée où il enchaîne verre sur verre avec quelques amis ; et qui passe le reste du temps à parier sur des courses et à promener des huiles dans son vieux landspeeder, avant de retourner se fusiller le foie avec l'argent accumulé. « Vive la réalité », songe Kovi. Elle se relève un instant pour étendre ses jambes. Nils le chauffeur s'assied sur son capot.

Elle se rassied… et quelqu'un tombe du ciel. Le choc fait sursauter l'assassin. Dans la périphérie de son champ de vision, elle voit le chauffeur lever les yeux un moment, et faire quelques pas en direction du bâtiment en haut duquel, Kovi s'en rend compte à présent, elle est parfaitement visible.

« Qu’est-ce que vous faites ici ? »

Un vocodeur, bien sûr. Pas moyen de savoir qui c'est, pas le temps de réfléchir.

L'assassin se jette sur l'apparition en armure et la tire violemment vers elle avant de la plaquer au sol, son visage furibond presque collé contre la visière de l'inconnu.

« Mais fermez la ! », murmure-t-elle dans un souffle.

En bas, le chauffeur balaie l'obscurité du regard durant plusieurs secondes avant de faire demi-tour.

Après un soupir de soulagement, Kovi reporte son attention vers l'autre personne, toujours coincée sous elle. Sans s'en apercevoir, sa main est allée chercher son couteau, qui est désormais plaqué sur la gorge de l'importun. Une brusque bouffée d'adrénaline parcourt la jeune femme. Est-ce qu'elle a raté quelque chose, est-ce qu'un élément lui a échappé ? Tonori n'avait pourtant pas engagé de mercenaires… peut-être est-ce quelqu'un d'autre ? Il y a autant de raisons que de gens qui pourraient vouloir se venger d'un de ses actes… quelqu'un qui passait par là par hasard ? Non, impossible, personne ne se promène sur les toits, pas en armure complète.

Luttant pour se maîtriser, Kovi demande d'une voix aux accents rapides et bien trop angoissés à son goût :

« Qui vous envoie ? Tonori ? Le Cartel ? Qu'est-ce que vous me voulez ? »
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  • Posté le Ven 12 Jan - 16:33

    Message n°4386 (4)

L’improvisation, Sera détestait ça. La Mando’ade préférait préparer ses missions avec minuties. Bien sûr, comme tout bon guerrier mandaloriens, elle essayait toujours de prévoir un plan B, mais c’était toujours en fonction des données qu’elle avait à disposition. De fait, il n’y avait qu’un moyen d’improviser sur lequel elle se reposait sans cesse, et c’était cogner tout ce qui bouge jusqu’à ce que ça ne bouge plus. Une méthode qui avait le mérite de régler la plupart des problèmes.

Quand on assassinait quelqu’un, cela dit, il fallait rester relativement discret. C’est bien pour ça que même si sa main est naturellement venue se poser sur le pistolet plaster à sa ceinture, elle ne l’a pas dégainé.

Du coup, la Mando’ade était perdue. Est-ce qu’elle devait attaquer cette ombre présente au mauvais endroit au mauvais moment ? Ce n’était peut-être qu’un citoyen ordinaire… disposant d’un fusil de précision, certes, mais était-ce réellement surprenant sur Tatooine ? Et si elle était là pour elle, aurait-il mieux valut attaquer avant de lui laisser le temps de réagir ? Sans doute. C’est d’ailleurs la dernière chose qui lui passe par la tête avant qu’elle ne soit brutalement tirée vers l’avant et plaquée au sol.

Un visage se plaque presque contre son casque, lui intimant – non, lui ordonnant – de se taire.

Il y eu un moment de blanc. Quelques secondes, pas plus, mais avec l’adrénaline qui bouillonnait pour les deux protagonistes, cela paraissait atrocement long. Sera pouvait entendre un léger bruit de pas, en contrebas, quelqu’un qui s’éloignait. Quelqu’un qui aurait peut-être put les apercevoir si elle n’avait pas été plaquée au sol ainsi. La Mando’ade n’avait pas l’habitude qu’on l’attaque ainsi, et peut-être encore moins l’habitude qu’on ose lui donner des ordres comme ça. Qui était cet inconnu ?

Dans le léger silence qui a suivi, la jeune femme put prendre conscience de sa nouvelle situation. Elle avait un couteau collé contre sa gorge, ou contre la pièce de cuir qui fait la liaison entre le casque et l’armure. Au-dessus d’elle, la silhouette humanoïde qu’elle avait vu sur le toit, beaucoup plus imposante que prévu, qui la maintenait au sol. Dans la pénombre, la légère lueur diffusée par sa visière se reflétait en T sur le visage de l’inconnu. Une peau rouge et sombre, tout en contraste violent. La Mando’ade l’observe un moment. Un Zabrak. Non… Une Zabrak, les traits sont différents. Une Zabrak assez forte pour la maintenir ainsi, et sacrément grande.

Sur quoi je suis tombée encore ?

Par réflexe, sa main s’est portée sur le bras de l’inconnue, l’empêchant d’aller plus loin dans son geste même si elle le voulait. Mais Sera ne la sentait pas forcer. Elle ne cherchait pas à l’égorger tout de suite en tout cas. Pire, elle profitait de la situation pour lui poser des questions. Tonori. Le nom n’était pas une coïncidence, mais ça n’aidait pas vraiment Sera à comprendre la situation. Une garde du corps peut-être ? Quelqu’un qui travaille pour lui mais qui s’inquiète de ce qu’il pourrait décider de faire ?

Non… Pourquoi ce quelqu’un se serait-il positionné sur la meilleure ligne de tir vers sa maison ?

Raffermissant sa prise sur le bras de l’inconnue, mais incapable de le repousser complètement, Sera choisit l’option inverse. Lentement, elle redressa la tête, jusqu’à ce que le métal froid de son casque ne vienne buter contre le front de la zabrak. La voix déformée retentit de nouveau, menaçante.

« Je ne suis pas là pour vous. Laissez-moi et tout ira bien. »

A priori, elle n’est pas dans une position idéale pour menacer, mais ni Sera, ni cette inconnue n’ont utilisée d’armes à feu. Peut-être qu’elle pouvait la raisonner avant que cela n’aille trop loin. En attendant, elle prenait bien garde à maintenir sa prise d’une main, tout en se tortillant un peu pour libérer son autre bras.
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  • Posté le Ven 12 Jan - 19:12

    Message n°4405 (5)

Impossible de savoir qui se cachait derrière la visière teintée, mais la personne – en armure et sans doute armée jusqu'aux dents – n'était « pas là pour elle », selon ses propres mots. Kovi n'aimait pas ça : soit il s'agissait d'un piège, et on la retrouverait dans un caniveau le lendemain ; soit elle disait la vérité, et l'assassin avait tout intérêt à la laisser filer et passer à autre chose. Tonori allait sortir de chez lui d'une minute à l'autre, à présent ; il n'y avait pas de temps à perdre à réfléchir. Une goutte d'eau tomba sur la visière de son interlocuteur : de la sueur. La sienne.

Voyons… si Tonori survivait sans s'apercevoir de rien, il serait impossible à attraper pendant des mois ; tout le temps qu'il lui faudrait pour s'enfuir discrètement sur une autre planète, les poches pleines de crédits. Si il se rendait compte qu'il avait fait l'objet d'une tentative d'assassinat, les choses iraient encore plus vite : il disparaîtrait pour toujours, sans doute pour aller pleurer dans les jupes du Cartel. Elle n'avait pas le choix : il fallait qu'elle le tue maintenant. Impossible, avec cet inconnu dans les pattes.

Tout en gardant un œil sur l'entrée de la demeure du comptable, Kovi raffermit un peu sa prise sur son compagnon d'infortune, tout en assemblant les quelques éléments à sa disposition. La lumière se fit tout à coup sur un certain aspect de la situation, et elle chuchota, fébrile :

« Ne bougez pas. Vous n'êtes pas un assassin, pas vrai ? Vous n'êtes pas assez discrète ; sauter d'un toit comme ça, sérieusement ? »

Elle soupira, et reprit plus calmement, en essayant d'avoir l'air assuré, sans pour autant remporter une franche victoire dans la bataille interne qui se jouait avec ses émotions :

« Écoutez, je n'ai pas beaucoup de temps. Qu'est-ce que vous voulez? De l'argent, et vous n'avez rien vu ? »
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  • Posté le Ven 12 Jan - 19:33

    Message n°4406 (6)

Une chose était sûre pour l’instant : la personne au-dessus d’elle était tout aussi perdue qu’elle. Si ce n’est plus. Sera avait mis un peu de temps à s’en rendre compte, essentiellement parce qu’elle-même avait énormément de mal à garder son calme, mais après un certain temps, cela devenait évident. D’abord, il y avait eu cette goutte de sueur venue s’écraser sur sa visière. Rien de grave pour sa vision évidemment, mais qui donnait une assez bonne idée de l’état d’esprit de la zabrak. Il y avait ses fréquents coups d’œil vers… quelque chose. La Mando’ade ne savait pas quoi, puisque ce n’était pas dans son champ de vision, mais cette femme surveillait quelqu’un, ou quelque chose. Pas franchement une bonne idée quand on essayait de maintenir quelqu’un en place, mais Sera ne s’en plaindrait pas.

Et puis, il y avait ce ton, fébrile, presque paniqué. Sans doute proche de celui de Sera si la jeune femme n’avait pas appris à feindre le calme, et si elle n’était pas aidée par un casque fondamentalement incapable d’exprimer les émotions et un mauvais vocodeur. Peut-être même qu’elle avait l’avantage, pour l’instant.

Par contre, elle essayait de la vexer ? Son approche n’avait pas été subtile, mais c’était bien parce que cette fille était là ! Sera aurait sans doute fait plus attention si elle n’avait pas été obligée de s’approcher rapidement, justement pour surprendre cette femme en noire. Elle dut se mordre la lèvre pour s’empêcher de répliquer. Ce n’était pas le moment de laisser parler son ego.

Surtout que ses petites gesticulations avaient portées leur fruit, son bras était libre et prêt à l’action. Elle attendit d’entendre la proposition de la zabrak, et faillit ricaner. Heureusement que son casque restait impassible.

« Désolée… » commença-t-elle avant de se redresser brusquement, poussant la zabrak avec son bras gauche, pour l’empêcher d’appuyer sa lame dans son cou mais aussi pour la faire rouler au sol. La guerrière pivota à sa suite, se redressant une fraction de seconde pour regarder dans la direction où son ennemie regardait un peu plus tôt.

La baraque de Toroni. Et son chauffeur.

Il ne regardait pas dans sa direction, mais Sera s’empressa de se baisser, son casque de nouveau tout proche du visage de la zabrak. En contrepartie, elle sentit de nouveau le couteau s’appuyer contre sa gorge, sans le moindre effort de la part de la cornue. Et merde.

« J’ai pas besoin d’argent, juste de ce spot. »

L’armure resta silencieuse un moment. On pouvait presque entendre les rouages tourner dans sa petite tête. Entre le regard de l’inconnue, sa position, son fusil. « Tu es un assassin, toi, non ? T’es là pour qui ? »
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  • Posté le Lun 15 Jan - 17:28

    Message n°4583 (7)

L'inconnu était rapide : Kovi n'avait pas eu le temps de réagir qu'elle se trouvait déjà  coincée sous lui. Elle pesta intérieurement contre son manque d'entraînement au corps à corps : sa taille suffisait d'habitude à jouer en sa faveur ; et puis, elle n'était pas habituée à ce genre de confrontation directe, de toute façon. L'autre était fort aussi, et il était trop proche. Au temps pour l'« avantage » de la portée…

Malgré tout, elle avait réussi à remettre son couteau en place. La situation n'avait pas beaucoup changé ; elle disposait toujours d'un semblant d'avantage, même si l'autre n'avait qu'à la rouer de coups pour la neutraliser.

L'autre avait aussi besoin la terrasse, apparemment. Qu'est-ce que ça cachait ? Kovi n'avait pas eu beaucoup de temps, mais elle avait cru apercevoir un fusil du même type que le sien ; est-ce que le mercenaire prévoyait de tirer sur quelqu'un d'ici ? La cible ? Si la Nébuleuse avait mis quelqu'un d'autre sur le coup, elle l'aurait prévenue, non ? Et ils n'avaient pas besoin d'un deuxième acteur pour éliminer un simple comptable…

Les scénarios possibles se bousculaient dans la tête de la jeune femme, chacun en remplaçant un autre jugé trop improbable, avant de replonger dans le magma en fusion de ses capacités cognitives mises à rude épreuve. Une chose était certaine, cependant : le mercenaire n'avait pas envie de la tuer, pas tout de suite en tous cas. Elle pourrait sans doute négocier quelque chose avec lui…

« T'es un assassin, toi, non ? T'es là pour qui ? »

Le monde se mit à flotter sur un petit nuage cotonneux.

Kovi mit un certain temps à assimiler le sens de la question. Les mots, une fois mis bout à bout, formaient un ensemble à la cohérence évidente, dont la direction était tracée dès leur naissance, mais ils semblaient s'être perdus en chemin dès le barrage des lèvres de son agresseur passé ; et le vocodeur n'aidait pas. A cause de celui-ci, les intonations semblaient toutes venir d'un autre endroit, assez lointain ; l'effet, d'une qualité discutable, pouvait sans doute marcher avec quelques phrases simples, des ordres, ou quelque chose du même acabit ; il n'avait sans doute pas été conçu pour que des petits malins s'amusent à formuler des questions pareilles.

La phrase, couplé à l'anxiété générée par la situation, fit lentement son office dans l'esprit de la jeune femme, prenant le contrôle de son esprit, poussant tous les boutons, tirant toutes les manettes et appuyant sur toutes les pédales régissant ses émotions.

Elle éclata de rire.

Au bout de quelques longues secondes, principalement passées à se mordre l'intérieur de la joue et à se frapper les côtes, elle parvint à se calmer. Le chauffeur avait sans doute tout entendu, mais il ne figurait plus vraiment parmi les préoccupations immédiates de l'assassin. Tentant de reprendre son sérieux, elle dit :

« C'est si évident que ça ? »
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  • Posté le Lun 15 Jan - 18:07

    Message n°4588 (8)

Sera avait regretté de poser la question presque immédiatement. Il n’y avait pas question plus stupide pour un assassin. C’était bien le genre de chose que personne n’aurait admis, en tout cas pas sans des conditions bien particulières. Est-ce que Sera aurait répondu à cette question si on la lui avait posée ? Probablement pas. Ce n’était pas toujours explicite mais la plupart des contrats qu’elle acceptait nécessitait une certaine discrétion vis-à-vis de ses employeurs. Et de ses cibles. Alors cette zabrak allait sûrement l’envoyer balader très vite.

La Mando’ade fut donc assez surprise de la voir un peu perdue pendant quelques secondes, comme si elle cherchait ses mots. Et puis, la réaction arriva. Encore plus surprenante. Un éclat de rire. Et plutôt fort en plus. Sera en resta bouche-bée pendant quelques secondes, et remercia le ciel qu’elle porte un casque. Elle devait avoir l’air d’une idiote, et cette femme était en train de se moquer d’elle. C’est d’ailleurs la seule chose qu’elle ressentit pendant un moment, un profond sentiment d’embarrassement.

Puis son cerveau se rappela la raison de sa venue ici, et la raison pour laquelle elle faisait tout pour rester à terre avec sa comparse depuis tout à l’heure. Quelqu’un était proche. Aussitôt, elle plongea la main, sans grande résistance puisque la zabrak était occupée à se frapper les côtés, jusqu’à poser des doigts gantés sur la bouche de l’assassin.

« Mais chuuuuuuteuh. » murmura-t-elle de son mieux. Elle n’osait même pas relever la tête, de peur que le chauffeur soit en train de regarder dans leur direction. Il fallait faire profil bas, très bas.

Sera fit bien attention aux bruits alentours, espérant que personne ne tente de grimper sur leur toit, ou de rejoindre le bâtiment où elles étaient installées. Puis elle constata que la zabrak avait terminé de rire et, doucement, elle retira sa main. La question posée presque aussitôt était peut-être encore plus vexante. Par chance, encore une fois, le casque empêchait de voir les émotions de la jeune femme. Et Kovi n’entendit qu’un grommellement étouffé par le pauvre vocodeur.

Ayant profité de l’éclat de rire pour écarter un peu le couteau de sa gorge, Sera avança encore un peu la tête, jusqu’à ce que la faible lueur de son casque apparaisse de nouveau sur les tatouages de la zabrak. Pas vraiment menaçante, mais lui intimant le silence, alors que le son provenant du vocodeur était maintenant plus bas, mais toujours aussi déformée.

« Tonori. C’est ça ? » Il n’était pas difficile pour elle de le déduire. Cette terrasse n’offrait pas une vue sur des millions de maisons, et c’était le seul endroit avec une ligne de vue parfaite sur cet homme. Et puis, si quelqu’un l’avait employée elle, on pouvait employer quelqu’un d’autre non ?

Ça paraissait logique, encore fallait-il que la zabrak confirme. Cela dit, avant qu’elle le fasse, Sera ne put s’empêcher d’ajouter. « Et oui. Ça se voit. Le noir, surtout. »
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  • Posté le Lun 15 Jan - 22:49

    Message n°4603 (9)

Son fou rire définitivement passé par dessus l'horizon et son cerveau redescendu à des altitudes acceptables, sinon pour les humains, au moins pour les goélands, Kovi lâcha son couteau et se plaqua les mains devant la bouche. Elle maudit son interlocuteur masqué pour avoir pensé à la visière intégrale avant elle ; éviter les situations embarrassantes devait être tellement plus simple lorsque le monde vous voyait comme une sorte de boîte de conserve inexpressive. Bon, peut-être pas si simple, songea-t-elle.

Pour l'heure, le visage de la boîte de conserve en question se trouvait bien trop près d'elle à son goût ; elle nota mentalement un autre bon point à attribuer au casque.

La crise avait au moins permis d'apporter une dernière touche à l'éclairage définitif de la situation : l'autre n'en voulait pas à sa vie. Elle avait eu toutes les occasions du monde de le faire durant les dix secondes qui venaient de s'écouler. A cette pensée, Kovi caressa un instant l'horrible idée de ramasser son couteau et de s'assurer d'effacer toutes les preuves ; elle la balaya rapidement. Un, elle ne savait toujours pas ce que l'autre voulait ; deux, elle risquait d'y laisser des plumes ; et trois… eh bien, justifier auprès de madame Al'Saalomon la découverte d'un cadavre perché à soixante pieds de haut, non loin de la maison d'un homme depuis peu regretté – c'était-un-bon-voisin-nous-sommes-très-attristés-de-sa-disparition-non-pas-de-fleurs-merci ; eh bien disons seulement que madame Al'Saalomon était célèbre dans le milieu.

Kovi fut interrompue dans le fil de ses pensées lorsqu'elle s'aperçut que le mercenaire tentait d'attirer son attention depuis quelques instants, en s'approchant encore plus, quitte à rayer la peinture déjà fatiguée de son casque sur les cornes de la zabrak ; tiens, oui, les cornes, comment faire ? Des trous dans la mousse, peut-être…

« Tonori, c'est ça ? » chuchota la voix. Ah, maintenant tout avait un sens…

La jeune femme, les mains toujours plaquées sur la bouche, hocha lentement la tête ; un petit bonhomme, dans sa tête, qui lui donnait des coups de marteau depuis le début de la conversation, lâcha son outil et leva les mains aux ciel en accompagnement du geste. Comment n'avait-elle pas pu s'en apercevoir par elle-même ? Tout collait, de l'emplacement jusqu'à l'horaire ; bien sûr que l'autre avait été surpris de sa présence : personne ne savait qu'elle avait organisé un rendez-vous fantôme ; cela avait simplement paru être le meilleur moyen de passer à l'action sans trop se compromettre…

Une petite parcelle de son être fut tout de même assez obstinée pour demander « Mais pourquoi vous l'avez pas dit… », avant que sa main ne revienne d'elle-même se plaquer sur ses lèvres.

Elle soupira, avant d'écarter doucement le mercenaire et de se redresser.

« D'accord », dit-elle.

Un petit détail la taraudait, cependant.

Elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
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  • Posté le Lun 15 Jan - 23:20

    Message n°4606 (10)

La zabrak avait hoché la tête, sans grande surprise. Tout s’emboîtait parfaitement maintenant. Ceci n’était qu’une gigantesque coïncidence et deux personnes avaient été envoyés s’occuper de la même cible. Quant à savoir si c’était par le même employeur, sans doute que non, mais cela n’importait pas tant que ça. Tonori était suffisamment difficile à coincer pour que ce toit paraisse la seule option à deux personnes utilisant une approche similaire. Et maintenant… Qu’est-ce qu’elles étaient sensées faire dans un cas pareil ?

Sera n’était même pas un vrai assassin. Elle était juste une mercenaire qui acceptait les boulots un poil plus bizarre.  Nul doute que son client aurait déboursé beaucoup plus en prenant quelqu’un de discret comme cette fille, mais d’un autre côté, le travail aurait peut-être mieux fait. A moins qu’un autre Mando’ade ne vienne gâcher ses efforts en sautant de toit en toit. La perspective la fit ricaner, ce qui se traduisit par un son de rire assez sinistre qui s’échappait du casque.

Lentement, la guerrière se laissa repousser et retomber sur le dos, assez doucement pour ne pas faire trop de bruit. Elle resta là, couchée sur le toit, pendant que sa collègue – ou sa concurrente – se redressait. La visière toujours dirigée vers elle.

« Comment j’étais sensée savoir ? Qui vous envois d’ailleurs ? » demanda-t-elle tout naturellement, avant de se rendre compte que c’était encore plus stupide que de demander le nom de la cible. Elle avait déjà bien assez piétiné le code des assassins ce soir-là. S’ils en avaient bien un. « Laissez tomber. Je ne le dirais pas non plus. »

Un soupir audible échappa du vocodeur. Les bras croisés sur la poitrine armurée, Sera tourna la tête vers son fusil tombé au sol, puis vers celui de la zabrak. « Sniper hein ?  On avait eu la même idée. »

Malgré la qualité du vocodeur, on pouvait nettement percevoir le sourire dans la voix de la jeune femme. Plus qu’embarrassée, la jeune Mando’ade trouvait ça drôle. D’autant plus que, au vu de leur situation actuelle, il y avait fort à parier que cette rencontre fortuite aurait put terminer de façon bien plus tragique. D’ailleurs, elle n’était pas encore terminée. Non pas qu’elle ait la moindre envie d’attaquer cette femme. Elle n’était pas dans le contrat et, tout comme elle, ne faisait que son boulot. En plus, la Mando’ade n’était pas certaine d'avoir le dessus.

Elle est sacrément grande quand même.

« On fait quoi maintenant ? La première qui le touche gagne ? »
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  • Posté le Sam 20 Jan - 18:26

    Message n°4915 (11)

Assise à côté du mercenaire allongé, se mordant la joue, ignorant ce que l'autre avait à dire, Kovi cogitait.

Comment sauver la situation ? L'arrivée de l'autre avait failli ruiner l'intégralité de son plan ; par chance, le chauffeur n'avait rien remarqué. Elle jura à voix basse : pourquoi n'avait-elle pas songé à cette éventualité ? Une petite voix lui répondit que ce genre de chose n'arrivait jamais, que ce genre de chose n'était jamais arrivé. Cette assignation était supposée être simple : attendre une ou deux heures, tirer, s'enfuir. Pas un meurtre parfait, mais un travail correct. Le but était de toute manière de créer un exemple, adressé à la Nébuleuse par la Nébuleuse : « Ne nous doublez pas. »

Ses supérieurs lui avaient laissé le champ libre ; elle avait détesté cela. Ce n'était pas à elle de prendre des initiatives concernant la politique intérieure de l'organisation : elle était supposée obéir aux ordres, rien de plus. Elle avait néanmoins réfléchi, pesé le pour et le contre, et décidé qu'il serait plus simple de laisser le cadavre pourrir en pleine rue. De plus, elle n'aurait qu'à disparaître sans avoir à s'occuper de rien.

Baissant les yeux sur ses mains, elle poussa un autre juron à demi étouffé : elles tremblaient. Pourquoi fallait-elle qu'elle stresse autant ? Inutile d'essayer de tirer dans cet état : elle raterait. Mais que faire, alors ?

Aux orties, donc, l'approche discrète. Elle ne pourrait tuer Tonori qu'en s'approchant de lui : des risques supplémentaires, donc. Dès qu'elle le verrait, il ferait volte-face pour se barricader chez lui ; il serait inutile d'essayer de le suivre : la porte était blindée. Elle avait vérifié elle même : la maison du comptable était une véritable petite forteresse ; une grande partie de son argent sale avait été englouti en systèmes de sécurité. Avec un bon hackeur, elle aurait pu s'en tirer, mais aucun n'avait été mis en contact avec elle. Pas plus qu'on ne lui avait fourni de matériel supplémentaire.

Quelque part, Kovi soupçonnait Al'Saalomon d'avoir mis son nez dans ses affaires, d'avoir limité ses options. Comme ça, juste pour s'amuser : bénéficier de l'attention de l'intendante n'était pas toujours une bonne chose.

L'assassin fut stoppée net dans ses réflexions par une réplique du mercenaire ; ou, maintenant qu'elle s'en apercevait, de la mercenaire. Un autre inconvénient de la visière, nota-t-elle : tout le monde vous genrait au petit bonheur la chance…

« On fait quoi maintenant ? La première qui le touche gagne ? »

Kovi sentit les engrenages de son cerveau se mettre en place. Elle se mit à sourire dans l'obscurité : plus bas dans la rue, Nils-le-chauffeur avait rangé son holopad avait allumé le moteur de son landspeeder ; il tournait le dos à l'immeuble sur lequel elles se trouvaient. Elle aurait sans doute juste le temps…

L'assassin se pencha par dessus le bord de la terrasse et entama sa descente. Juste avant que sa tête disparaisse, elle lança :

« Non. Vous allez le faire. Je m'occupe du chauffeur. »

Après réflexion, elle ajouta :

« Rejoignez-moi après, d'accord ? »
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  • Posté le Dim 21 Jan - 11:01

    Message n°4979 (12)

Sera faisait de son mieux pour ne pas soupirer trop fort, mais elle commencerait presque à s’ennuyer. A côté d’elle, l’assassine zabrak n’avait pas l’air très motivée pour la causette. Evidemment, il ne venait pas à l’esprit de la Mando’ade que ce n’était sans doute pas le meilleur moment pour ça. Ou pire même, qu’elle l’ait dérangée et que ça ne lui plaise pas. Bien sûr qu’elles s’étaient mises dans une situation idiote, mais ça n’empêchait pas de parler un peu non ? C’était peut-être même l’occasion d’apprendre pour la jeune femme. Elle voyait bien que cette femme-là était un peu plus portée sur la discrétion qu’elle.

Cela dit, si cette discrétion s’étendait aussi à sa capacité de répondre à des questions simples, alors ce n’était pas drôle.

Elle finit tout de même par faire réagir la zabrak. En reparlant du contrat, évidemment. Et sa réponse était assez inattendue. D’abord Sera crut qu’elle s’en allait simplement, se préparant à descendre mais elle s’adressa à la Mando’ade une dernière fois. Le chauffeur ? Mais qu’est-ce qu’il avait fait le chauffeur ? Et pourquoi ce serait à elle de s’en occuper d’ailleurs ? L’armure s’était naturellement tournée vers Kovi, sa visière inexpressive camouflant l’air perdu de la jeune femme à l’intérieur.

« D’accord. » Puis l’assassine disparut dans la nuit, laissant la mercenaire à son sort. Rejoignez-moi. Facile à dire. La rejoindre où ? Enfin, Sera ne manquerait sûrement pas l’occasion si elle se présentait, en attendant.

Roulant sur le toit, elle attrapa son fusil et s’installa, un peu comme elle avait prévu de le faire depuis le début. Son fusil pointé sur la maison de sa chère cible, son corps un véritable prolongement de l’arme, son œil dans la lunette. Un temps, elle s’était demandé si elle ne devait pas s’amuser à chercher la zabrak, mais elles avaient déjà perdu beaucoup de temps. Tonori pouvait sortir à tout moment, et elles devaient être prêtes. Alors Sera s’occupait de la partie un peu chiante de son travail.

Méthodiquement, lentement, elle régla son arme, vérifiant sur le viseur que tout allait bien. Pour l’heure, elle avait en ligne de mire la porte. A l’instant où le comptable ouvrirait, elle pourrait sans doute faire feu. Elle connaissait sa taille après tout. Ce devrait être la tête, si tout se passait bien.

Dans cette position, il lui était impossible de voir le chauffeur ou la zabrak qui devait sans doute se diriger vers lui, dans les ombres. La Mandalorienne tenta bien de relever la tête, mais c’est à peine si elle pouvait distinguer la silhouette de l’homme. Il ne se doutait de rien. Puis elle vit du mouvement en direction de la porte et replongea vite la tête pour se concentrer sur le viseur.

Une seconde. C’était bien Tonori. Pile à la bonne hauteur. Sera appuya sur la détente. Elle n’était pas suffisamment loin pour qu’il y ait une autre seconde de battement. Dans la lunette, elle vit distinctement le crâne de sa cible exposer partiellement. Du sang et de la chair brûlée se répandirent dans l’encadrement de la porte, alors que la détonation retentissait.

Hum. Moins difficile que prévu en fait.

Déjà, la Mando’ade tentait de tourner son fusil pour voir le chauffeur dans la lunette de visée. Avec un peu de chance, elle verrait la zabrak arriver. Ou alors, il serait déjà mort. C’était fort probable.
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