Star Wars Ascension


Par la grâce du Chancelier (Orcus)

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  • Posté le Dim 7 Jan - 18:10

    Message n°4177 (1)

Année 517, mois 6, début semaine 1


Il n’y avait pas de Vide, il n’y avait pas de métal, ni d’air, ni même de pensée. Simplement la pulsation. La pulsation fugace et infime de la vie, de la Force qui coulait en lui tantôt comme un torrent tantôt comme une rivière paisible. Petit à petit il se retirait, reprenait conscience du vaisseau autour de lui, mais c’était presque avec peine tant il était enfoncé profondément dans une méditation subtile. Avec délicatesse mais fermeté il étira ses jambes, se relevant d’une démarche souple, quasiment féline, éprouvant les sensations de ce corps qu’il lui semblait avoir quitté, tout au moins en esprit. Qin Vos revenait au monde.

Ou tout du moins revenait-il dans son vaisseau qui se dirigeait vers un monde. La chambre de méditation du Luminescent était d’une agréable sobriété, toute de bois et de matières naturelles, dénuée de tout aspect superflu, encourageant l’introspection. Il s’agissait d’une réplique de ses appartements de ce Temple à jamais perdu pour lui qu’il avait autrefois occupé. Pour l’heure cependant, la méditation et la sérénité d’une chambre vide devraient laisser place à de plus actives manigances, et c’est presque à regret que Qin quitta la pièce, avançant silencieusement dans les couloirs du vaisseau, saluant l’équipage de signes de tête plus ou moins appuyés.

Parvenant au pont de la corvette, un espace high tech mais de taille réduite – surface disponible du vaisseau oblige – il attira immédiatement l’attention des membres d’équipage qui œuvraient à déplacer le vaisseau en toute sécurité vers la planète capitale.

« - Maître Vos, fit le capitaine Janso, nous nous poserons dans l’aire sénatoriale numéro 515 d’ici quinze minutes. Les officiers de la République viennent de nous donner l’autorisation d’entrer en orbite, et nous subissons des scanners de proximité de la part d’un destroyer de garde. Rien ne devrait nous retarder et le planning prévu sera tenu. »

« - Excellent travail capitaine, répondit Quin de sa voix douce. »

Il vit l’homme, pourtant d’âge mur, le visage buriné par les aléas d’une vie de mercenaire à la retraite, se rengorger sous ces louanges. Un autre aurait pu concevoir un sentiment de supériorité et de mépris, mais Vos voyait simplement là le meilleur ordre des choses : l’œuvre utile de joie emplit le cœur, comme disait le philosophe jedi Yochil.

Mais une joie plus grande encore emplissait son cœur tandis que la corvette commençait à se positionner dans l’orbite surchargée de Coruscant et que la ville-planète se faisait de plus en plus visibles depuis sa position d’observation, seul le transpacier le séparant du vide spatial. Cela faisait presque trois ans qu’il ne s’était pas rendu en ces lieux, trop accaparé qu’il était par la migration géante qu’il organisait, et tandis que le vaisseau entamait son approche finale puis sa descente, il fut, comme à chaque fois, subjugué.

La beauté des spires élancées qui fendaient le ciel, le trafic ininterrompu de milliards de véhicules, les centaines d’espèces… Tout cela avait beau dissimuler misère, oppression, corruption, persécution et inégalité, seul un fou aurait nié l’incroyable majesté de Coruscant, et la présence dans la Force de ce monde était écrasante, phénoménale, renversante.

Mais à peine s’était-il accordé cet instant de contemplation que ses assistants, avisés qu’ils avaient été de sa sortie de méditation, arrivèrent comme un essaim de frelon. Il endura leurs attentions avec grâce, donnant ses dernières consignes.  Car, après tout, l’événement était d’importance : il se rendait en visite auprès du Chancelier Suprême Halcyon. Un homme à propos duquel Vos avait des sentiments mitigés et conflictuels qui passaient néanmoins au second plan face aux faits et à l’analyse calme et froid de l’ancien maître jedi, analyse qui n’avait pas encore rendue tous ses fruits. De fait, si Halcyon se présentait comme un politicien jeune, dynamique, plein de vertus et décidé à redynamiser la république, il n’était que le énième de sa sorte et jusque-là aucun n’avait tenus les promesses vides de sens d’un système illogique et inefficace. Qu’il soit un escroc comme tous les autres ou qu’il soit un idéaliste sans discernement, peu importait, Vos avait une longue expérience des politiciens et peu de nuances quant à leur appréciation.

« - Nous entrons dans l’atmosphère. »

Vos se tourna vers son droïde de protocole, HOI-10, acquiesçant. Sa perception surnaturelle le lui disait, la Force vibrait et s’agitait, il ne faisait aucun doute qu’ils étaient en train de pénétrer dans le cœur vibrant de l’activité galactique. La corvette avait été autorisée à se poser intra-Coruscant, sur une plateforme réservée aux vaisseaux principaux des sénateurs ou des invités de marque. Dans un sens c’était une concession plaisante et diplomatique, mais dans un autre c’était un excellent moyen de surveiller le personnel du projet Exodus et de maintenir le vaisseau sous le feu nourri de mille et un dispositifs de surveillance. Vos n’était dupe ni des pseudo amabilités de la République ni de sa fourberie habituelle.

Quelques minutes plus tard le vaisseau se posait sur le sol de la cité-monde, et la plateforme de débarquement s’abaissait majestueusement – après tout la corvette était certes d’origine militaire mais sa couleur était d’un blanc épuré et ses lignes joliment arrondies, particularité de la classe ambassador, destinée à la protection d’officiers du haut commandement ou de politiques. Vos fut le premier à en descendre, suivi de son personnel et de son droïde de protocole.

Il s’arrêta un instant, respirant. Sentant. Humant. Percevant avec la Force. Goûtant le micro univers qui se déversait ici. Puis avança. Avança vers la garde du chancelier, toute de bleue vêtue, dont les hommes se tenaient droits et ferme, le scrutant avec une méfiance toute professionnelle. Et derrière eux, élégant, charmant, impressionnant, puissant, autoritaire, ou tout au moins essayant d’être tout cela et plus encore : le Chancelier Suprême. Et son entourage pléthorique.

Vos s’avança jusqu’à lui et s’arrêta à trois pas des gardes. Avec un respect consommé de l’étiquette, il inclina respectueusement le buste.

« - Chancelier Suprême Orcus Halcyon, l’honneur que vous nous faites en nous accueillant ainsi sur le monde capital de la République est grand, et je me réjouis de vous rencontrer enfin. »

Allait-on lui demander de remettre son sabre laser ?  Ou allait-on le traiter comme un maître jedi sur le sujet et le lui laisser ? Ce serait un premier signe. Rien n’avait pas été évoqué à ce proposet il n’allait pas prendre l’initiative de le remettre aux gardes du sénat. C’était un premier test de l’attitude que voudrait adopter le Chancelier.
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Chancelier Suprême
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  • Posté le Dim 7 Jan - 22:35

    Message n°4196 (2)

« Monsieur le Chancelier, votre navette est prête. », résonne doucement la voix de Kalien, la secrétaire, à l’entrée du vaste bureau du Chancelier Suprême qui a parfois cette funeste impression de presque y habiter, sinon d’y mourir, étouffé par la charge. Moins d’une année après son élection vivement saluée par le Sénat – en sachant pertinemment qu’une grande partie faisait semblant d’applaudir – son visage s’est déjà creusé et ses traits autrefois joviaux et humbles se sont mués en un masque impénétrable et autoritaire, tandis que ses yeux sont plus perçants que jamais. Halcyon lève le nez de sa lecture, Le seul espoir des êtres évidemment, dont il se remémore certains passages gravés autrefois par sa mémoire d’exception. Il considère un instant la secrétaire, cette femme dévouée qui, elle non plus, ne compte pas les heures pour faire tourner la République, et lui offre un sourire aimable pour la remercier de cette attention. S’il y a bien une personne sur qui Orcus pourrait compter au point de lui confier sa vie, ce serait bien cette petite femme admirable dans la quarantaine, qui a vu de nombreux chanceliers défiler pendant sa longue carrière de fonctionnaire. Une des rares personnes, sans doutes, à pouvoir se targuer d’être si près des secrets du pouvoir républicain.

Quittant son bureau pour rejoindre rapidement la baie d’amarrage de la Chancellerie où il est attendu par son escorte mais également par de nombreux collaborateurs dont il se passerait bien de l’haleine véreuse et putride, Halcyon, de son pas vif et déterminé, rajuste sa tenue terminée par un long manteau anthracite bordé d’argent au drapé cintré. Saluant rapidement cet entourage de rapaces qui se disent conseillers, en accordant bien plus d’intérêt aux hommes de sa garde rapprochée à présent habitués à le suivre dans ses déplacements, le Chancelier prend place et incessamment, la navette s’insère dans la circulation infinie de Coruscant. Le spectacle de ces tours sans fin qui défilent pourrait être lassant mais Halcyon y voit là un moyen de se détacher des conversations sans intérêt qui fusent dans l’habitacle. L’on parle encore de l’augmentation du cours du duracier, du dernier scandale sexuel affectant un Sénateur qu’Orcus verra bientôt dans son bureau pour obtenir sa démission, mais, chose surprenante, le dialogue dérive alors vers l’objet de ce voyage.

Qin Vos, cet étrange énergumène qui aspirait à rencontrer le Chancelier de la même manière que lui-même souhaite le rencontrer. Ancien maitre Jedi, la seule chose qu’il aurait véritablement à lui reprocher, ayant quitté son Ordre pour des raisons qui ont, à l’époque, bien fait rire le gratin de la République, dont Halcyon ne faisait même pas encore partie. A présent, cet homme aux idées qualifiées de dérangeantes voire tyranniques est tout de même à la tête d’un mouvement qui rassemble de nombreuses personnes et de nombreux moyens, comme si l’espoir d’une utopie dans cette galaxie de moins en moins pourvue de rêves était un moteur suffisant pour ces hommes et ces femmes. Certains voient en Vos un escroc simplement avide de pouvoir qui abuse de la crédulité de ses partisans, d’autres un manipulateur aux antipodes des idées démocratiques qui animent le cœur de la République, d’autres encore un simple trublion sans intérêt. Et d’autres…

« Chancelier Halcyon, avez-vous vraiment autorisé cet homme à atterrir sur la plateforme réservée aux invités de marque ? » La déclaration interrompt les pensées d’Orcus, qui tourne alors la tête vers le concerné, un Pau’an qui a toujours connu les salons confortables des réceptions des riches coruscanti et le fiel mielleux des mauvaises langues qui aiment à propager toutes sortes de ragots. Pas vraiment un mauvais bougre en soi, juste un parfait produit d’une République trop embourgeoisée. « N’est-ce pas ce qu’il est ? Un marquis, ancien maitre Jedi, un invité de choix pour votre prochaine réception. », rétorque Halcyon en haussant un sourcil sarcastique. « Ce Qin Vos est dangereux, Chancelier. » Roulant les yeux vers la vitre donnant sur les airs embouteillés de la planète-capitale, Halcyon prend un air pincé alors même qu’il cache son exaspération. « Comme tous les hommes qui cherchent le pouvoir. », lâche-t-il alors que la plateforme approche et grossit dans son champ de vision.

Halcyon avait lu l’ouvrage de Vos à sa publication. Une œuvre inspirante pour qui s’avère essoufflé par la noirceur qui gagne peu à peu le système républicain et même tout système gouvernemental. Il ne faut guère se leurrer, travailler comme judiciaire à Corellia, où règne en maitre le Syndicat du métal, n’est pas une mince affaire et la frustration, la déception, la colère même qui ont découlé de ces années à enquêter pour parfois rien, se sont vues envolées par certains des discours de ce livre. Mais Halcyon est loin d’être d’accord sur tout ; s’il exècre la corruption, il est encore convaincu que le peuple peut encore se prendre en main et ignorer ceux qui tentent de le manipuler. La preuve en fut son élection comme Sénateur de Corellia, alors que rien n’aurait suggéré un pareil scrutin. En tout cas pas les sous-fifres du lobby qui fait manger dans sa main les plus grands chantiers spatiaux de la République.

Le timing est parfait et le long landspeeder se pose sur la plateforme alors même qu’un élégant vaisseau y amorce la lente manœuvre d’atterrissage. Sans attendre, le Chancelier s’extrait de la navette et observe la corvette tandis que son escorte se met rapidement en place et jettent des coups d’œil vigilants aux alentours. Le premier qui descend du vaisseau est indubitablement Qin Vos. Halcyon y pose son regard de rapace en ignorant les murmures discrets qui s’élèvent un court instant dans son dos et l’accueille avec un visage décontracté et respectueux. Il incline légèrement la tête pour le saluer. « Qin Vos, soyez assuré que le plaisir est partagé. J’espère que votre voyage fut sans encombres et que votre séjour ici sera à la hauteur de vos attentes. » Quelles qu’elles soient, songe-t-il avec ironie alors qu’il peut enfin l’observer en chair et en os. Une certaine sérénité de dégage de ses traits lisses et inexpressifs. Un calme certain alors même qu’il se sent jaugé de la même manière qu’il évalue son hôte.

Avant que Qin puisse avancer d’avantage du Chancelier, l’un des gardes du Sénat étend un bras pour lui barrer la route. « Monsieur, votre arme, je vous prie. », dit-il avec gravité. Halcyon porte doucement son regard vers l’officier, avant de reporter à nouveau son attention sur Vos. « Un instant. », dit-il en s’adressant au garde, avant d’avancer d’un pas et d’éclairer son visage d’un sourire aimable. « Puis-je ? Je n’ai guère eu l’occasion d’en observer, j’ai toujours trouvé cela fascinant. J’ai toujours cru que les anciens Jedi renonçaient à leur sabre, aussi ai-je été très surpris en apprenant que ce n’était pas votre cas. »
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  • Posté le Lun 8 Jan - 14:16

    Message n°4226 (3)

Quand tu regardes l’abîme, l’abîme regarde aussi en toi, disait le philosophe hutt Nietchus. Et tandis que Qin Vos était passé au crible par les regards vigilants de la garde sénatoriale et que différents dispositifs de sécurité high tech l’évaluaient – ne serait-ce que pour vérifier qu’il était bien lui et que son front n’avait pas été chirurgicalement rehaussé, sa mâchoire modifiée ou d’autres signes trahissant un imposteur sorti de chirurgie – lui-même évaluait attentivement, calmement, sans rien en laisser paraître. Avec la Force pour alliée il percevait plus que ces systèmes technologiques, il pouvait deviner sans risque d’erreur l’état d’esprit des membres de l’entourage du Chancelier, discernant ceux dont le sourire intrigué était sincère et qui éprouvaient une curiosité de bon aloi comme dont la méfiance politicienne tentait de se cacher derrière des airs cauteleux et une douceur feinte. Il y avait d’ailleurs l’un d’entre eux, un pau’an à l’air lugubre, comme tous les siens, qui vibrait de méfiance, d’inquiétude et de mauvais sentiments.

Et le Chancelier bien sûr était le plus difficile à percer à jour, car comme de juste – mais pas comme toujours – c’est le chef qui montre les plus grandes aptitudes. Il ne dégageait ni antagonisme particulier ni sympathie féroce. Cela pouvait être le fruit d’une neutralité de sentiments vis-à-vis de Qin Vos ou bien d’une autodiscipline farouche qu’avait adopté l’homme politique sous la houlette de ses experts pour ne rien laisser paraître. Il était certain que les épreuves subies par qui désirait s’élever au poste de Chancelier d’une république comptant des millions de milliards de milliards d’habitants n’avaient rien à envier à celles qui faisaient un maître jedi, même si elles étaient très différentes et que Qin était bien persuadé de la plus grande noblesse de la maîtrise des arts jedi, si fourvoyés que soient leurs principaux pratiquants.

Mais son sondage imperceptible fut interrompu quand s’avança le garde. Qin eut un sourire urbain. C’était évidemment une marque de méfiance mais il s’y était attendu. Seuls les maîtres du Conseil étaient certains de pouvoir conserver leur arme en présence du Chancelier tandis que lui, du point de vue de la République, officiellement – car officieusement il ne doutait pas que le redoutable SIS ait des monceaux de données de surveillance et foule d’holos rouge vifs à son propos – était marquis d’une planète lointaine des systèmes indépendants qui n’était reliée à la République que par des accords commerciaux très importants pour les deux parties. Bien sûr ce seul fait, associé à sa position dominante dans la noblesse d’Istria IV, lui aurait valu de figurer en bonne place dans l’ordre de préséance de tout un tas de réceptions mondaines et de sauteries idiotes.

Quoiqu’il en soit c’est avec grâce que Qin s’apprêtait à sortir son sabre laser, qui reposait confortablement sous sa bure – en effet Qin se vêtait encore comme un jedi, quand bien même les tons de ses bures étaient plus clairs, les matériaux un peu plus onéreux et l’ensemble coupé d’une manière plus civile – quand le Chancelier intervint.

Qin plissa les yeux. Ce fut la seule expression de sa contrariété. Cet homme était-il donc finalement un paltoquet empreint de fatuité fasciné par les possessions des jedis ou des utilisateurs de la Force ? L’ancien maître connaissait les collections secrètes de riches personnages d’un peu partout dans la galaxie qui mettaient derrière des vitrines cristaux, sabres, blocs de données, parchemins… Et cela lui inspirait la plus vive des répugnances. Mais il ne pouvait cependant contrarier inutilement son hôte, et le sourire ne quitta pas son visage tandis qu’il attrapait son sabre machinalement et le tendait au Chancelier Suprême.

C’était un objet magnifique, comme tous les sabres laser. Sa garde coulait entre les mains de Qin Vos tant elle était parfaitement adaptée à la paume de sa main et constituait une extension de lui-même. C’était cependant une garde simple, dénuée d’excentricités ou de particularités notables. Elle n’était ni courbe, ni pointue, sa couleur était l’anthracite rehaussée par la présence de certaines pièces de métal argenté. Si Qin Vos  n’était pas le plus grand bretteur de son ancien Ordre et qu’il était universellement renommé, dans les bons cercles, pour sa maîtrise de la Force, il tenait néanmoins à ce sabre plus qu’il n’aurait pu l’exprimer. C’était un symbole, une allégeance, une preuve, une défense, un concentré de lui-même.

Malgré tout il tendit le sabre au Chancelier sans dévoiler une seconde, plus qu’il ne l’avait fait avec cet infime plissement des yeux, comme il était agacé par la demande. Il espérait néanmoins avec ferveur que le Chancelier ne tente pas d’appeler la lame émeraude. Un sabre laser générait un effet gyroscopique généré par le producteur de champ cyclique au milieu de la garde, et c’était cette particularité qui le rendait dangereux à manier pour un non jedi qui, eux, avaient le sens de l’équilibre inné permettant de passer outre. La Force seule savait ce qui se passerait si le Chancelier tentait d’agiter le sabre pour faire des moulinets de lame !

« - Certes, Excellence, quand j’ai choisi de quitter mon siège de Maître et mon ordre vénéré d’alors, j’ai aussi  renoncé au sabre qui était mien. Mais nombreux sont les ordres et les groupes de femmes et d’hommes sensibles à la Force qui ont porté le sabre laser, et même les jedis ne sauraient prétendre à l’exclusivité. Ce nouveau sabre est un reflet de ma personne et m’est plus adapté que celui que je portais à l’époque. Voici. »
conclut-il en le déposant dans la main ouverte

La voix de Qin, comme la plupart du temps, était douce, charismatique et pédagogue. Mais comment ce fol pourrait-il comprendre le lien entre l’homme et le sabre ? Pour lui ce n’était qu’un dangereux bout de métal mais Qin… il se souvenait de cette nuit il y a des années, sur ce planétoïde isolé, bercé par le chant des étoiles, les mouvements des cinq lunes jaunes, l’orage qui grondait… Quand il avait reforgé ce nouveau sabre, fait sienne une nouvelle identité…

Mais le moment n’était guère adapté à la nostalgie. Le vent glacé qui balayait la plateforme allait forcer tout ce beau monde à avancer vers le lieu de l’entretien, lieu dont Qin n’avait guère idée. Au sein du Sénat ? Ou un trajet en navette jusqu’aux bureaux du Chancelier ? Ce dernier était ici le maître, et Qin respectait la préséance du coruscanti en ces lieux où il était étranger. Il attendit donc,  scrutant tout de même l’air de rien son sabre entre les mains indignes qui l’enserraient.
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Chancelier Suprême
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  • Posté le Ven 12 Jan - 10:40

    Message n°4357 (4)

Seul un plissement de paupières exprime le désaccord évident que pourrait avoir Qin à la simple idée de présenter son arme à ce qu’il appellerait un profane. En soi, c’était ce à quoi s’attendait le Chancelier avec son étrange demande, volontairement maladroite. Si la politique a pu le changer quelque peu physiquement, en lui faisant adopter une attitude plus noble, plus altière, presque royale, le comble pour un homme à la tête d’une démocratie, Halcyon reste en son cœur un judiciaire, un enquêteur, un homme des forces de l’ordre, avec toutes les habitudes que cela comporte en matière d’interrogatoires. Car oui, au final, la politique, c’est une enquête constante, une recherche d’alliés, d’ennemis, de faiblesses à exploiter, qui ne s’interrompt jamais. Et déstabiliser un interlocuteur en lui demandant une chose qui va le répugner, c’est le meilleur moyen d’y voir plus clair dans ses intentions. En lui demandant ce sabre, il peut au moins s’assurer que cet homme est aussi maitre de lui-même qu’il s’en donne l’air, et n’a pas l’intention, ou du moins pas encore, de mettre à mal la République en tuant son Chancelier… indigne ? Mécréant ?

L’arme est finalement déposée dans sa paume tendue et Halcyon se contente de le tenir à son extrémité du bout des doigts, observant pendant plusieurs instants cette poignée épurée, plus légère qu’il ne l’aurait supposée. Un objet très simple en apparence, mais ô combien précieux, non seulement pour son propriétaire, il n’en doute pas une seconde, mais pour les plus grandiloquents des collectionneurs. Tout cela parce qu’il résulte d’un processus qui ne sera jamais faisable de façon industrielle. Halcyon n’a pas été très honnête à ce propos et a déjà pu observer des armes de Jedi en étant fort bien informé de ce qu’il en retourne, des reliques conservées au Temple Jedi du passé, jadis palais d’un despote, puis retourné à la République et désormais fermé, n’étant accessible que par le Chancelier pour protéger les secrets que ce lieu renferme encore. Ces vieilles archives que l’on croit oubliées ou perdues, et qui se contentent simplement de sommeiller en attendant d’éclairer la lanterne d’un novice.

Il relève un œil vers son hôte, alors que ses mots résonnent encore dans son esprit. Un Ordre vénéré… cela résume parfaitement l’état d’esprit des Jedi actuels, un état d’esprit des plus agaçants pour celui qui a perdu son épouse alors enceinte dans un attentat qui aurait pu être empêché si les Jedi n’avaient fourré leur gros nez dans cette affaire qu’il aurait pu mener lui-même. Ces gens-là ont toujours été des fanatiques au cœur rongé par l’orgueil, au point qu’ils sont incapables d’avouer leurs erreurs, et ne font qu’invoquer une soi-disant volonté de la Force. Des foutaises ridicules pour cet homme qui est parti de rien et qui s’est élevé seul, à la force de sa détermination et de ses compétences. « C’est une œuvre d’art. », reconnaît-il en lui rendant son sabre-laser. « Elégant, mais sobre, sans fioritures, j’y reconnais là la patte qui imprime également votre style littéraire. » Puis, Halcyon pivote légèrement la tête en direction de l’officier qui souhaitait confisquer le sabre-laser de Qin. « Ne vous inquiétez pas, capitaine, si Son Excellence désirait me tuer, il n’aurait de toute manière pas besoin de son arme pour le faire. »

Cette réalité n’est pas pour plaire à son chef de la sécurité, mais il n’en est pas dupe pour autant et se range de côté, le regard malgré tout inquisiteur. Amusé par le perfectionnisme maladif dont le capitaine fait preuve au quotidien pour déjouer toute tentative malveillante envers celui qu’il a juré de protéger, Halcyon y verrait presque son reflet, et invite Qin Vos à s’avancer à ses côtés vers le groupe hétéroclite qui l’accompagne et dont les membres s’inclinent légèrement pour saluer le prestigieux invité. « Puis-je vous présenter d’éminents conseillers de la Chancellerie, qui se feront un honneur de vous guider à travers les merveilles de Coruscant si vous le désirez. », énonce-t-il en observant son entourage un à un, posant un regard un peu plus long sur le Pau’an, avant d’inviter tout ce beau monde, d’un signe de tête, à embarquer dans la navette.

Pour recevoir cet homme aux projets bien plus ambitieux qu’il n’y laisse paraître, il aurait pu l’emmener au cœur de la République, dans son institution la plus sacrée, le Sénat, mais il va sans dire qu’il y grouille une pègre indigne qui laisse trainer ses oreilles un peu partout. La Chancellerie a l’avantage d’être son terrain et un lieu où la discrétion est permise. Prenant place face à Qin, la navette ne tarde pas à quitter la baie d’amarrage pour s’élever parmi la circulation de Coruscant. Laissant ses conseillers et les attachés sénatoriaux se présenter à l’ancien Jedi, le Chancelier observe en silence, avant que son regard ne dérive vers l’extérieur alors que la célèbre silhouette du Sénat se dessine sous ses yeux. L’immense bâtiment en forme de champignon s’agrandit, jusqu’à ce qu’ils passent à côté sans ralentir, ce qui révèle alors le vaste dôme qui abrite la Chancellerie.
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  • Posté le Ven 12 Jan - 21:13

    Message n°4412 (5)

« - Une offre fort gracieuse, Chancelier Suprême, je compte bien profiter de ce court séjour pour me rendre dans quelques lieux historiques fameux. J’ai ouï dire que la Sénatrice Offura, de Dankesh VII disposait d’une holothèque fournie en textes classiques rares et elle a daigné m’accorder le privilège de m’en faire la visite. »

Il fallait bien signifier au politicien que lui, Qin Vos, n’était certes pas un homme d’affaires et de ministères mais qu’il ne venait pas là totalement en novice et qu’il avait quelques appuis, quelques soutiens discrets mais significatifs.

La Chancellerie, donc. Qin Vos était satisfait d’un choix qui trahissait les manières directes du Chancelier Suprême et éviterait une foultitude de questions et de discussions oiseuses avec les ambitieux et les solliciteurs qui infestaient le Sénat comme autant de mouches sur une plaie purulente. Néanmoins… l’homme était fin et habile. Faisant mine d’appuyer la demande de son homme puis manipulant son sabre laser, le Chancelier avait placé Qin dans une position où toute protestation serait mal perçue et fort peu diplomatique. Puis son sabre lui avait été rendu sur un mot de son hôte, manière subtile et sans aucun doute voulue d’affirmer qui était ici chez lui et qui était l’invité venant en position de faiblesse.

Qin pensait à ces manières habiles en échangeant avec l’entourage du Chancelier. Là un Bothan à la peau grasse lui exprimait tout le bien qu’il pensait de son ouvrage, nuançant immédiatement son compliment en invoquant un point de vue parfois trop sévère et biaisé. Là un Muun à la tête aussi longue qu’elle était remplie de perfidie lui posait des questions sur ses projets, l’air de ne pas y toucher, en lui conseillant divers lieux à ne surtout pas rater sur Coruscant. Il était difficile de savoir quelles attributions réelles se cachaient derrière les titres de conseiller spécial, d’attaché culturel, d’expert auprès des affaires économiques de la Bordure… Ces dénominations sibyllines pouvaient signifier ce qu’elles exprimaient mais pouvaient aussi vouloir dire que l’ancien maître jedi avait affaire à un espion, à un stratège politique…

Tous, d’ailleurs, ne cachaient pas bien leurs émotions. Tandis que la navette volait vers la Chancellerie, l’hostilité du pau’an qu’avait déjà remarqué Qin semblait s’accentuer. La perception du marquis lui permettait de sentir ce ressentiment aussi clairement que si l’autre l’avait insulté, et quoiqu’il n’en montre aucun signe il ressentait ces vibrations comme une démangeaison irritante. Il faudrait qu’il fasse mener des investigations pour comprendre ce qui pouvait bien se cacher derrière autant d’idées préconçues et de rancœurs. Dans la mesure du possible.

Mais la navette de commencer les procédures d’atterrissage. Les choses se précisaient, et Qin redoubla d’attention tandis que la procession se dirigeait vers l’Office du Chancelier, notant les observateurs sur le trajet, percevant le plus gros de l’ingénieux dispositif de sécurité, notant les scanners sous les tapisseries et les secrétaires qui dissimulaient des blasters sous leurs tuniques. Comme toujours l’ancien maître approuvait l’efficacité, le dévouement et l’exemplarité, des vertus présentes au plus haut point chez ces professionnels de la sécurité qui avaient probablement une haute conception de leur mission.

Finalement tous parvinrent jusqu’au salon de la Chancellerie où l’entretien était visiblement programmé. Tout le monde s’installa selon un ordre des plus précis, le Chancelier face à Qin puisqu’ils étaient les deux interlocuteurs principaux, les autres un peu en retrait, certains membres des deux équipes se rendant dans d’autres pièces pour parler de détails techniques ou programmatiques.

« - Permettez-moi à nouveau de vous redire combien je goûte le privilège d’être ici avec vous Chancelier. Je suis déjà venu dans cette même pièce il y a quelques années pour les nécessités de ma charge de Maître, seulement j’avais derrière moi tout le poids de mon ordre d’alors, et me voici traité presque à l’identique d’autrefois quand bien même je ne suis plus un jedi, cependant que je suis celui qui a sollicité cette rencontre, et je vous en sais gré. »

Savourant un caf qu’on venait de lui apporter bien fumant, Qin espérait que le Chancelier ne voyait pas dans ses propos une tentative de flagornerie. Ce qu’il disait était on ne peut plus sincère. Après tout il désirait s’entretenir avec l’homme et si ce dernier ne lui avait proposé qu’une rencontre secrète dans une antichambre il aurait quand même accepté, de sorte que le geste du politicien était réellement plaisant. Même s’il en faudrait bien davantage pour que Qin baisse sa garde.

« - Cela étant dit… comme vous le savez ma principale motivation est d’obtenir de vive voix votre position, celle de la République, sur le projet Exodus et, à court terme, sur la fondation d’Utopia qui en résultera dans cinq ans tout au plus. J’ai foi en notre désir mutuel d’apaiser toute tension et d’aplanir d’éventuelles difficultés, et votre accueil renforce cette conviction. »

On y était. Encore assez vague dans le propos, mais la discussion n’allait pas manquer de commencer. Bien évidemment, Qin connaissait plus ou moins les idées préalables de la République à son sujet et il savait grossièrement quelles pourraient être les options qu’allait choisir le Chancelier. C’est le problème avec un politicien devant assurer sans cesse des déclarations devant les médias, il peut difficilement faire quelque chose d’absolument opposé à ce qu’il a dit la veille.

Néanmoins le vrai enjeu c’était le détail. Accord de reconnaissances mutuelles, statut juridique, souveraineté, bref le concret. Voilà pourquoi Qin était là, voilà quels étaient les sujets qu’il voulait aborder, mais il allait d’abord falloir en passer par des principes et des échanges de vues plus vagues, sans doute. Qu’importait. Le Temple lui avait appris la patience et c’était une leçon qu’il n’avait pas renié.
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  • Posté le Lun 15 Jan - 23:36

    Message n°4607 (6)

Le Chancelier note mentalement les noms, les détails, les allusions et les expressions. Tout s’inscrit dans sa mémoire eidétique que son ancien métier avait contribué à lui faire maitriser pour le mener à faire de bonnes choses, du moins c’était ce dont il était persuadé à l’époque. Enquêter sur des crimes, rendre justice aux familles de victimes, au final, rien qu’une goutte d’eau dans ce monde rongé jusqu’à la moelle. Ainsi donc cette vieille radasse d’Offura se pavanait d’accueillir le marquis à la tête d’un ambitieux projet. Halcyon n’est guère le genre d’homme à se repaitre de ragots croustillants, mais force est d’avouer qu’à cet instant-là, la nouvelle ne le surprend même pas.

Laissant Qin et ses conseillers faire plus ample connaissance à coups de courbettes et de faux semblants pour certains, le Chancelier se contente d’un silence songeur en observant simplement les grands espaces défiler sous son regard alerte, se contentant de temps à autre d’exprimer une opinion quand elle est sollicitée, et lors de leur arrivée au bâtiment abritant son territoire, son bureau, il se sent enfin bien moins à l’étroit. Diantre ce que les conversations sans fond et sans fin pouvaient être agaçantes. C’est comme si dans les couloirs de l’office de la chancellerie, Halcyon se sent comme chez lui, pas encore tout à fait dans l’intimité de ses quartiers privés où son moi profond a tout le loisir de s’exprimer et de penser à voix haute ce qu’il veut, mais en moins d’une année, il est surprenant de constater à quel point il s’est acclimaté aux lieux, aux gens, aux protocoles, aux traditions.

Adressant de temps à autre un sourire poli mais éminemment sincère aux employés qu’ils sont susceptibles de croiser, le voyage s’achève enfin dans cette grande pièce à la baie courbée qui offre une vue imprennable sur le Sénat d’abord, et sur les beaux quartiers de Coruscant ensuite. Ce dôme est comme une prison dorée, cette vitre un écrin aux barreaux invisibles pour ne pas voir ce qui se cache sous le luxe et le bonheur apparent des plus hautes classes sociales, de la même manière que les tours sans fin de la planète-capitale se sont barricadées pour empêcher les miséreux des bas-fonds de voir la moindre lumière naturelle.

S’installant dans le fauteuil qui lui est dédié, face à Qin, le Chancelier lui offre un visage compréhensif. Après tout, il n’allait tout de même pas l’accueillir dans une ruelle sombre comme un criminel dont on aurait honte… « Les Maîtres Jedi sont rarement aussi bienvenus que vous en ce jour, Monsieur Vos. Du moins voilà ce que pourrait en dire les employés les plus anciens de cette maison. » Lui-même n’ayant jamais eu à inviter quelque Jedi que ce soit dans ce lieu, bien trop préoccupé par sa tâche de nettoyer la fourmilière républicaine que d’échanger courbettes et hypocrisies avec l’Ordre millénaire. Pas de doute qu’il connaitrait déjà l’issue d’un échange avec ses membres concernant leurs interventions sur certains territoires républicains. L’impasse serait de mise entre deux partis plus obstinés l’un que l’autre…

Mais là n’est pas la question, et son invité quant à lui est présent pour bien d’autres choses. Aussi Qin n’attend-il guère plus longtemps pour aborder ce sujet qui doit certainement lui tenir à cœur. Halcyon lui accorde toute son attention, et esquisse un petit sourire de circonstance face à la requête. Une position officielle ? Celle-ci ne sera tranchée qu’après de nombreuses discussions avec le Sénat et les hauts fonctionnaires de l’exécutif. Les coudes posés sur les bras de son siège, il croise les mains devant lui avant de se pencher légèrement en avant, son regard perçant braqué uniquement sur Qin. « Techniquement… La République n’a pas l’autorité légale de vous condamner et de vous empêcher de construire votre projet. Mais elle sera tout à votre écoute si vous souhaitez tisser des liens entre Utopia et elle autres qu’une simple neutralité où nous nous ignorons. » Même si d’ici, peut-être ne sera-t-il plus au pouvoir lui-même et que les conceptions de la République auront radicalement changées. Il ne l’espère pas, en tout cas.

« Tout dépend également de votre propre position officielle concernant la République. », ajoute-t-il en esquissant un sourire narquois. Halcyon n’engagerait certainement pas des démarches amicales envers une jeune nation qui ne fera que décrier les République. Il est toujours simple de critiquer, ça ne l’est jamais d’apporter des solutions pour rénover un système qui s’avachit, ni de renforcer ses fondations.
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  • Posté le Mer 17 Jan - 10:51

    Message n°4698 (7)

Quand Qin Vos avait fait part de ses intentions, beaucoup avaient tout d’abord ri. Naturellement ! Un individu connu et respecté par certains certes, mais disposant d’appuis encore limités avec pour seul fait d’arme politique ses interventions diplomatiques comme Maître Jedi… prétendait bâtir une nouvelle nation galactique forte et puissante dont il ne cachait pas qu’à terme il espérait la voir éclipser tous les autres systèmes ? Une ambition démesurée et guère concevable, avaient convenu les experts politiques sur de nombreuses chaînes de l’holonet. Vos se souvenait avec une certaine aigreur du passage de Kodal Semot, l’un des représentants du projet Exodus, sur NOPCI, un show populaire d’une des stations les plus en vues du réseau. Là les chroniqueurs, les stars, tous avaient rivalisé de mépris et de condescendance.

Et puis en quelques années à peine, tous avaient dû revoir leur jugement. Les capitaux affluaient, des planètes se déclaraient intéressées puis désireuses de faire partie d’Utopia, des colons vers Minos devaient être réfrénés tant l’initiative soulevait d’ardeur, notamment chez les classes moyennes de la Bordure, désabusées par les promesses de gouvernements locaux incompétents ou corrompus. Pour sa part, Vos n’avait jamais douté de la justesse de sa vision et s’attendait à ce que, proposant autre chose, une chose radicalement différente, un gouvernement inspiré par la Force pour la justice et le bonheur de tous, il rencontre une adhésion quoiqu’il soit difficile d’en prédire l’ampleur.

Restait cependant les tentatives des tenants de l’ordre établi – sans parler de l’Ordre avec un grand O – pour déstabiliser cette construction. Il y en avait eu. Des sénateurs aux invectives publiques jusqu’aux manœuvre s de groupes criminels d’ampleur galactique désireux de tirer parti de cette activité frénétique pour s’insinuer et corrompre l’édifice par tous les moyens. Et cela se produisait encore, de sorte que tous les responsables de la branche politique du projet, Qin au premier chef, vivaient dans la suspicion et le doute, à fortiori quand ils entendaient de belles promesses.

La République, cependant, avait reconnu Utopia. Une « jeune nation » comme disait le Chancelier. Ce fut un pas décisif parce qu’il aurait été possible et probable que la République se contente de prendre acte et de refuser de reconnaître officiellement le gouvernement en formation et encore moins une « nation » à part entière. Mais c’était fait, pourtant. Si ce n’était pas la preuve que la Force elle-même guidait Utopia… Prudence cependant était mère de sûreté, car si tout se passait mieux qu’escompté ce ne pouvait être qu’un prélude à quelque trahison ou manipulation.

« - Je vous avoue, Chancelier Suprême, que je n’avais pas conscience de m’être attiré autant de sympathie au sein de la République et dans cette maison dont vous parlez, considérant les fondations sur lesquelles va reposer Utopia et la démarche philosophique qui a dicté sa création. Je suis admiratif devant autant de largeur d’esprit de votre part et de la part de votre administration… »

Pour l’instant Vos ne relevait pas l’allusion du Chancelier aux jedis. Mais il avait noté sans rien laisser paraître cette pique contre son ancien Ordre et se demandait dans quelle mesure cela confirmait les rumeurs de dissensions de plus en plus importantes entre la République et les jedis, et de quelle manière Utopia pourrait en tirer parti.

« - De la même façon je reste humble face à la puissance de la République. Certes vous n’avez pas… légalement le pouvoir d’empêcher Utopia de voir le jour mais toutes sortes d’options auraient pu et peuvent encore être utilisées par la République pour contrarier l’édification d’une nouvelle société. Outre la reconnaissance politique pour laquelle la question est réglée, vous demeurez et demeurerez pour longtemps la première puissance commerciale et économique de la galaxie et votre influence est immense. Je comptais m’enquérir de vos intentions quant à l’utilisation de cette puissance, quant à votre position sur le commerce avec les planètes ayant adhéré à Utopia, si nous devions nous attendre à des restrictions, à une politique de taxation particulière, en somme à ce que la République pèse de son poids pour freiner notre développement. Mais devant votre ton amical et votre sincérité, je crois comprendre que ces craintes n’étaient pas justifiées… »

Bien sûr Qin ne croyait pas un mot de ce qui sortait de la bouche du Chancelier. Ou plutôt il ne le croyait pas sur parole. C’était très encourageant et très agréable à l’oreille que ces mots d’apaisement, mais quand viendraient les questions techniques et monétaires, quand viendraient les premières et inévitables querelles avec les systèmes voisins d’Utopia, là on verrait ce que vaudraient ces belles déclarations d’intention…

« - Et je voudrais donc prestement apaiser les doutes légitimes que vous pourriez concevoir, monsieur le Chancelier. Il est exact que je rejette, ainsi que tous ceux qui ont adhéré à ma vision initiale, l’ont enrichie et en ont fait la leur, le fonctionnement de la République. Néanmoins désormais une société va voir le jour, bâtie sur les principes que nous défendons, une alternative en somme. Je crois fermement que, dès lors que deux visions cohabitent et que tout à chacun peut adhérer librement à l’une ou l’autre, alors il n’est nul besoin de mots acides et d’attaques. Bien entendu si la République s’en prenait à Utopia, nous répondrions avec toute la mesure de nos moyens encore modestes, si, par exemple, une planète se trouvait empêchée de nous rejoindre par quelques manœuvres… Cependant puisque ce genre de tracasseries entre nous semble exclu, je vois la République comme un partenaire avec qui mener une pacifique et paisible coexistence galactique pour nous améliorer réciproquement par émulation. »

Bien sûr il s’agissait là d’une vision à courte vue. Certes, il était probable que Qin Vos meure avant qu’Utopia ne puisse vraiment faire de l’ombre à la République et la concurrencer. Mais dès lors que ce serait le cas, dès lors que – et il croyait que cela arriverait un jour, il avait en lui cette foi – la République verrait ses intérêts menacés de ne plus prévaloir face à ceux d’Utopia, alors le Chancelier au pouvoir à ce moment-là ne tiendrait plus les mêmes discours qu’Orcus. Mais ce dernier ne croyait sans doute pas possible un tel futur, de sorte que son attitude magnanime ne coûtait pas grand-chose. L’ancien maître jedi eut un sourire bienveillant, cachant ces pensées en son for intérieur.

« - Pour tout vous dire, j’espérais convenir avec vous d’un geste fort d’entente entre la petite et récente Utopia et la grande et forte République. Je serais honoré si vous, héritier par l’élection de plusieurs millénaires d’histoires, acceptiez de nous rendre visite sur Adarlon un jour prochain, afin de montrer à toute la galaxie notre mutuelle bonne volonté… »

Vos fit silence, savourant avec un amusement contenu l’agitation que venait de faire naître sa proposition au sein du corps diplomatique républicain. La chose avait été prévue de longue date et que l’offre soit acceptée ou déclinée, il en tirerait de précieux enseignements sur la position réelle de la République.
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  • Posté le Mer 24 Jan - 9:28

    Message n°5329 (8)

La sympathie. C’est un grand mot, songe le Chancelier en considérant son interlocuteur avec le même calme impassible que depuis leur rencontre. En soi, la République n’a aucune sympathie pour quelque système que ce soit différent du sien, et ses vieux bourgeois, bien contents de pouvoir évoluer dans une atmosphère qui leur soit si propice et avantageuse, ne risquent pas d’éprouver l’envie soudaine de soutenir une démarche qui critique leur mode de vie avec tant d’acidité. Halcyon, en revanche… il est méfiant, bien sûr, car cela risque de disloquer la République, la fractionner si des membres viennent à vouloir quitter la fédération, une démarche très difficile mais démocratiquement possible. Mais d’un autre côté, Utopia ne sera pas du genre à s’associer avec des organisations criminelles du genre du Cartel et sans doutes Vos réprouve-t-il le bellicisme mandalorien. Alors, pour le moment, c’est sans doutes le moins pire des acteurs galactiques.

Mais le Chancelier ne peut se contenter d’un projet à court terme, il a besoin d’une vision plus étendue, à plus long terme même si la majorité des politiciens feraient tout l’inverse et ne se préoccupent pas de ce qui peut se passer après leurs mandats. Orcus ne peut se permettre pareille stratégie, car s’il voit en Utopia de belles promesses pour un avenir meilleur, épuré des viles exploitations qu’on peut faire des espèces intelligentes, centré sur le développement culturel et personnel, il y voit également une oligarchie basée non pas sur le mérite, ni sur les véritables capacités personnelles, mais uniquement sur un don attribué de manière aléatoire – à défaut d’avoir une meilleure théorie à ce sujet – et qui pourrait tout aussi bien se transformer en une tyrannie de nouveaux fanatiques contre laquelle la République avait déjà combattu quatre millénaires auparavant.

Or, Halcyon est un démocrate convaincu. A ses yeux, chacun devrait être en mesure de s’élever par ses propres moyens comme il a réussi à le faire alors que rien ne le destinait ni à la politique ni à son poste de Chancelier. Et c’est pour redonner à la République ce souffle de possibilités et de véritable équité qu’il travaille d’arrache-pied. Sans doutes n’y arrivera-t-il jamais… Cependant le doute était exclu de ses pensées. On aurait pu l’accuser aisément de n’avoir pas encore fait grand-chose de son mandat, en dehors de quelques petits coups d’éclat, d’être aussi passif que ses prédécesseurs et pourtant, c’est justement en donnant ce sentiment que tout va bien et de cours d’eau tranquille à l’assemblée du Sénat, qu’il peut tout à loisir consacrer son attention sur des projets qui avancent en parallèle et qu’il sera judicieux de révéler dans très peu de temps. Les principes de la République vaincraient à nouveau, coûte que coûte et vaille que vaille.

Un léger sourire vient orner les lèvres du Chancelier alors qu’il secoue doucement la tête. La question de la reconnaissance politique est loin d’être réglée. « Je vous ai donné mon opinion personnelle quant à la poursuite de votre projet. Mais ce sera au Sénat de décider si la République reconnaît Utopia comme un potentiel partenaire ou comme un non-sens politique qui n’a pas lieu d’être. » Quant au reste… voilà le sujet qui fâche, les questions économiques qui se profilent et qu’Orcus n’apprécie pas vraiment de devoir aborder, non pas par méconnaissance du sujet – comment aurait-il pu être élu Chancelier, sinon ? – mais parce qu’il sait pertinemment que quoiqu’il arrive, il y aura toujours des industriels et des investisseurs qui se frotteront les mains. Haussant un sourcil, il rétorque sur un ton affable : « L’exécutif ne voit pas pour l’instant d’intérêts à proposer un texte de loi sur la taxation d’Utopia, ni contre quelque autre système indépendant. Mais comme vous le savez, les membres de la République sont libres d’appliquer les restrictions qu’ils souhaitent aux flux de personnes et de marchandises qui traversent leur territoire, quand il ne s’agit pas de républicains. » Là est tout l’intérêt d’avoir créé un pacte de libre-échange et de libre circulation rien que pour les systèmes du Sénat…

Quant au discours qui suit, Halcyon n’en gobe pas un mot. Faire cohabiter deux visions radicalement différentes dans la galaxie n’a jamais duré et mène toujours au conflit, de quelque forme qu’il soit. Même s’il aurait aimé y croire, le Chancelier n’y voit là qu’un mensonge bien risible. Si Vos n’avait si violemment attaqué le système démocratique dans ses livres, peut-être qu’il aurait pu avoir l’air sincère. Mais d’une façon ou d’une autre, et Orcus peut le pressentir dans son instinct qui fait vibrer jusqu’à ses os, cet homme, ou ses suivants – et quand le maitre ne sera plus là pour les guider, les élèves deviendront une véritable menace – trouvera un moyen de réduire la République à un vieux souvenir. Son Amiral, si réfractaire aux gens utilisant la Force, lui aurait conseillé de tout simplement raser cette Utopia. La solution la plus simple et la plus efficace pour ne plus se tracasser, c’est certain. Un sourire torve s’étire sur les lèvres du Chancelier, qui n’apprécie guère qu’on le prenne pour un imbécile trop naïf. « Vous semblez avoir une grande confiance dans les qualités pacifistes de la nature humaine, monsieur Vos. Il est difficile d’imaginer que, dès lors que deux systèmes, deux visions différentes veulent gagner de l’influence ou avoir un rôle prépondérant sur la scène galactique, celles-ci puissent coexister en toute quiétude. Du moins est-ce là ce que nous enseigne quelques millénaires d’histoire, et malheureusement, bien qu’il me serait cher de briser ce cercle, nous ne serons sans doutes plus là pour être les artisans de cette émulation pacifique. Qui sait ce qui se passera alors. »

Le regard du Chancelier se tourne lentement vers les mines fermées ou méfiantes de ses conseillers alors qu’un léger murmure fait suite à la proposition de Qin Vos. Une invitation empoisonnée, en quelque sorte, si bien qu’Halcyon doit réprouver son envie de rire jaune. Evidemment. S’il refuse, il passera pour un hypocrite qui approuve à demi-mot Utopia mais qui dans ses actes la réprouve. S’il accepte, il donnera un coup de projecteur bien trop important sur le projet. « C’est trop d’honneur, monsieur Vos. », susurre-t-il avec un sourire charmant. « Je ne voudrais pas être la cause du moindre problème dans la sécurité d’Adarlon, cependant… » Tournant la tête vers son entourage dont certains froncent les sourcils, Halcyon jauge la tendance qui flotte parmi eux. Certains sont mitigés, tout comme lui à vrai dire, mais la question ne peut accepter un « peut-être » en guise de réponse. « Cependant c’est avec plaisir que je viendrai m’enquérir des avancées d’Utopia. Il vous faudra être simplement patient, j’ai un planning chargé pour les mois à venir. » Et d’ici là, au vu de ce qu’il prévoit pour la République, il verra si Qin Vos est toujours aussi enthousiaste à l’idée de l’accueillir.
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  • Posté le Jeu 25 Jan - 11:48

    Message n°5412 (9)

D’un geste machinal, Qin Vos lissa sa barbe poivre et sel, écoutant le Chancelier Suprême. Un de ses anciens maîtres avait coutume de dire : « en toutes occasions sois comme au fond de l’océan ». Le jeune padawan d’alors n’avait pas compris, mais bien plus tard, alors qu’il était devenu un maître et qu’il s’était rendu dans les ruines d’une ancienne civilisation pré républicaine sur une planète océanique, la sagesse de l’observation du maître selkath lui était apparue. Au fond d’un océan il n’y avait que le bourdonnement du supra organisme qu’était la planète, il n’y avait que la paix et la sensation écrasante de faire partie d’un tout immense et indiscernable, il n’y avait que l’avancée vers un objectif dont on discernait qu’il ne constituait qu’un point dérisoire dans un système immensément complexe de formes de vies variées.

Alors que Qin Vos analysait ce qu’il entendait il percevait en arrière-plan le bourdonnement de Coruscant, les speeders qui fonçaient dans les airs, les unités de judiciaires qui jaillissaient toutes sirènes hurlantes, l’excitation de milliards de vies qui prétendaient toutes à plus que ce qu’elles avaient, qu’il s’agisse de possessions matérielles, de santé ou d’espérances. L’homme en face de lui avait beau être le Chancelier Suprême, il ne ressentait pas tout cela comme Qin, et les hommes privés de la Force n’avait, à l’avis de l’ancien maître, pas la même conscience de la valeur inestimable d’une seule vie dont chacune était un réceptacle précieux et merveilleux pour la Force et permettait de lier toute la galaxie.

Et de ces vies Qin avait vu moult variétés et apprenait encore et toujours à les distinguer et à les évaluer. Celle du Chancelier Suprême était une vie forte, intense, puissante, capable, déterminée. Dans l’océan il aurait été un grand requin fixaran de Manaan ou un ibresh argenté à longs crocs de Kethula. Il était donc assez amusant de le voir se diminuer ainsi, et, par habileté politicienne, de tenter de faire accroire qu’il n’était qu’un pantin sans guère d’influence, balloté par les vents contraires du Sénat de la République. Pourtant bien sûr l’ancien jedi n’était pas dupe de ces ruses, il connaissait toute l’habileté qu’un homme comme le chancelier pouvait déployer, fût-ce dans un système qui se prétendait démocratique.

« - Monsieur le Chancelier, nous appellerons bientôt au vote du Sénat quant à la reconnaissance d’Utopia comme un état souverain indépendant par la République, sans qu’il soit par ailleurs question, bien sûr d’évoquer une coopération ou un partenariat dans la foulée. Nous sommes confiants mais nous ne sous-estimons pas votre capital politique qui vous aurait sans doute permis de compliquer les choses si vous l’aviez voulu. La bienveillance que vous avez exprimée est la seule garantie dont j’ai besoin quant à la pureté de vos intentions envers nous. »

Il n’était pas un sénateur que Qin ou ses représentants n’avait approché. La reconnaissance politique était une formalité en réalité et même si le Chancelier l’avait voulu il n’aurait rien pu faire contre, puisque, après tout, la République reconnaissait chaque jour moult gouvernements et entités politiques, de la bande de terre sur une petite planète de la Bordure qui s’érigeait en république au nom ronflant, jusqu’aux Marquisats Unis de la propre planète de naissance de Qin Vos, reconnu comme gouvernement légitime d’Istria IV quelques siècles auparavant. Mais le Chancelier aurait pu inventer un million de façons différentes de ralentir le processus par toutes sortes de tracasseries et d’agressions procédurales et c’était ce que Qin était satisfait d’avoir évité.

« - De la même façon je repartirais satisfait de savoir que votre administration ne désire pas entreprendre de politiques particulière quant à la taxation des routes commerciales de l’Amas de Minos, et comme en toutes occasions Utopia usera du dialogue et du compromis s’il devait y avoir le moindre litige commercial avec des planètes frontalières de la République, je vous l’assure. »

On verrait dans quelques décennies quelles seront alors les dispositions de l’exécutif, songeait Vos. Rien de tel que de déclarer que telle ou telle route spatiale devait faire l’objet d’une fiscalité particulière pour tuer un concurrent par trop importateur, pratique que la République n’avait jamais dédaigné.

« - Quant à ma confiance dans la nature humaine… Je crois que tout être, qu’il soit ou pas humain, a droit au bonheur, à l’épanouissement intellectuel et à la sécurité. Cependant je ne mésestime pas la violence des menées qui peuvent s’opposer à ces desseins légitimes, mais dans le cas qui nous occupe je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas espérer une cohabitation amicale et harmonieuse. Il est toutes sortes d’exemples de civilisations d’envergure plus modestes que la République qui cohabitent avec elle depuis des millénaires. Par exemple Hapès, où mes émissaires officient en ce moment même. Alors bien sûr on peut toujours présumer de tout et il est possible que nos successeurs manquent des vertus qui feraient d’eux des hommes de paix, mais qu’entreprendre si nous sommes en perpétuelle désespérance devant le futur ? Comme vous le dites, qui sait. »

Bien sûr Hapès n’avait aucun désir d’expansion là où Utopia, du point de vue de Vos, avait vocation à lentement s’étendre à toute la galaxie. Mais cela il ne l’avait écrit nulle part ouvertement et se garderait bien de le partager avec d’autres que ses fidèles plus proches qui connaissaient sa pensée publique et ce qu’elle recelait aussi de non-dits et d’omissions. De toute façon… Qin eut un sourire plein d’aménité, sentant une vague d’énergie positive l’envahir. Il était éminemment satisfait de la réponse du Chancelier qui venait d’accepter officiellement – et la chose avait été notée, enregistrée et consignée – de se rendre sur Adarlon.

Une rencontre dont le Chancelier Suprême ne tirerait rien, mais qui profiterait considérablement à Utopia d’un point de vue diplomatique et qui permettrait de pousser des mondes hésitants vers l’entrée du nouveau royaume stellaire en se parant de la considération attentive d’une République considérée même par ses ennemis comme celle qui crédibilisait ou décrédibilisait les politiques galactiques.

« - Monsieur le Chancelier, je suis honoré et heureux que vous acceptiez mon invitation, et plus encore que vous envisagiez de la concrétiser dans l’année. Bien entendu je laisserais mon équipe régler les détails de calendrier avec la vôtre et aucune annonce ne sera faite sans votre aval. »

Aucune annonce officielle, mais des fuites ça oui. Qin s’était déjà arrangé pour qu’une source interne au Sénat apprenne ce qui se serait dit à l’instant et fasse parvenir l’information à un grand média de l’holonet. Difficile ensuite pour le Chancelier de démentir… Vos regrettait d’avoir recours à de telles fourberies politiciennes mais il fallait en toutes choses voir ce qu’exigeait le bien commun.

« - Sur un autre point de vue il y avait une question que je désirais vivement vous poser. Je ne vous en tiendrais certes pas rigueur si vous estimiez qu’il valait mieux garder la réponse pour vous, néanmoins… En tant qu’ancien maître du Conseil et utilisateur de la Force, je ne puis m’empêcher de me poser des questions. J’ai entendu bien des rumeurs sur les relations conflictuelles entre votre administration et les jedis, et vous avez encore au cours de cet entretien fait comprendre que vous n’étiez pas exactement débordant de bienveillance à leur endroit. Accepteriez-vous, monsieur le Chancelier, de partager avec moi vos pensées et vos intentions à leur propos ? Il se pourrait que je puise vous donner une autre perspective, n’étant plus des leurs mais pas étranger non plus à leurs vues… »
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  • Posté le Lun 5 Fév - 9:26

    Message n°6120 (10)

Alors que Qin s’embourbe dans un discours qui a tendance à devenir quelque peu redondant à certains moments, Halcyon se contente d’écouter d’une oreille et en profite pour s’emparer de sa tasse de thé qui a pu refroidir suffisamment pour être à son goût. Le regard happé par les tourbillons turbulents qui se forment sous l’impulsion du mouvement de sa petite cuillère, il a l’impression d’avoir face à lui un Jedi qui s’essaie à la politique comme un singe-lézard kowakien s’essaie à la politesse : il y a quelque chose qui sonne faux. Ou irréaliste, plutôt. Tous ces mots… confiance, bienveillance, pureté, harmonie, vertu, paix… Pas étonnant que tant de monde ait été séduit par ses discours et sans doutes Halcyon aurait-il pu l’être aussi à une époque, à cette sombre époque de perdition avant qu’il ne retrouve pied et un objectif dans son existence ballotée.

Le Chancelier reste cependant vigilant quant aux allusions évasives d’un nous généralisé de cette entité qui semble s’étendre comme une pieuvre ou une toile d’araignée travers toute la galaxie et même les institutions de la République. Si évoquer Hapès est l’argument le plus stupide qu’il ait jamais entendu alors que l’Amas vient seulement de s’entrouvrir après des millénaires à exister dans son coin sans rien demander à personne, pas même la moindre reconnaissance de son entité étatique venant de la République, Halcyon en vient à se demander combien, au sein du Sénat, ont pu succomber au chant des sirènes. Au vu de la corruption qui règne dans les sièges de l’assemblée, autant dire que ceux habitués à recevoir un joli versement ne risquent pas d’apprécier un système qui ne leur permettrait plus de s’enrichir ainsi au détriment de leur devoir. Alors il lui faudrait tourner son regard vers son propre clan politique, ceux qui luttent contre la décadence et le comportement scandaleux de ces parvenus. O trahison… celle-ci vient toujours de ceux qui baissent les bras en premier. Ah, quel agacement que de devoir travailler avec des gens habitués à se plaindre plutôt qu’à se remonter les manches.

Haussant un sourcil feignant la surprise alors qu’il relève le regard vers l’ancien Jedi, voilà Orcus qui aurait bien pu s’étouffer s’il avait été en train de siroter son thé. Comme il est amusant de voir Qin déjà épris de ces habitudes politiciennes à toujours entendre ce que l’on veut dans un discours qui en dit le contraire. « La fin de l’année ? Je n’ai rien dit de tel, monsieur Vos. », susurre-t-il d’une voix trainante en connaissant déjà son planning jusqu’à la fin de l’an. Au crépuscule du huitième mois, l’entrée de Dantooine dans la République et à partir de là… Du coin de l’œil, il observe cet entourage politique qui croit pouvoir le manipuler au lieu de le conseiller comme il se doit. A partir de là, il prévoyait certaines réformes, un joli ménage pour pouvoir fêter le nouvel an dans un air un peu plus pur. A tel point que les médias auront déjà oublié sa visite d’Utopia avant même qu’il n’ait foulé le sol d’Adarlon.

Pinçant légèrement les lèvres à la question plutôt déplacée de l’ancien Jedi, le visage du Chancelier n’exprime rien qui puisse s’attribuer à une quelconque émotion. « Au cas où vous n’y auriez guère prêté attention lorsque vous étiez vous-même un Jedi, ces relations peu amicales perdurent depuis bien longtemps… depuis la fondation de la République fédérale, il me semble. Pas grand-chose n’a changé, hormis le fait de recevoir le Conseil avec un sourire hypocrite comme c’était le cas de votre temps. » A une époque, effectivement, l’exécutif tentait de montrer sa foi en la vérité et sa lutte contre la corruption en invitant le Conseil Jedi pendant la semaine qui précède les vœux de la nouvelle année du Chancelier, voire pour d’autres occasions encore. L’arrivée d’Orcus aura au moins eu le mérite de mettre fin à cette comédie où le Conseil ne servait que de joli pot de fleur. Pas besoin de ces illuminés pour lutter contre quelque chose qu’ils ne vivent même pas au quotidien.

Quant à exprimer les raisons de ce peu de foi en l’Ordre Jedi, comment dire… même pas en rêve ? Tournant légèrement la tête vers son équipe de conseillers, Halcyon reste silencieux un instant avant de prendre une légère inspiration. « Laissez-nous, je vous prie. » Bien que polie et formulée d’un ton aimable, la demande émane plus d’un ordre cinglant. Attendant que la pièce se vide peu à peu pour ne laisser que les deux interlocuteurs face à face, le Chancelier finit par se pencher vers Qin. « Monsieur Vos… au fond de vous-même, vous restez un Jedi. Je doute que vous puissiez apporter quoi que ce soit de neuf à leurs discours quant à leurs motivations. Et je doute que vous puissiez aussi comprendre les miennes. Quoiqu’il en soit, permettez-moi de vous demander ceci : croyez-vous sincèrement que votre ancien Ordre soit plus à même de réaliser le travail de gens formés, qualifiés et expérimentés qui connaissent leur rôle, leurs attributions et le terrain qu’ils foulent à longueur de journée ? Avez-vous déjà pensé que les ingérences Jedi dans le fonctionnement de certaines institutions de planètes puissent être nocives pour tous ces gens qui essaient de faire leur travail correctement ? » Quand les Jedi sont appelés pour jouer à attraper de vilains criminels, terroristes ou comploteurs… Quelle vaste plaisanterie.
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  • Posté le Mer 7 Fév - 11:30

    Message n°6229 (11)

« - Oh je vous prie de m’excuser Chancelier, nous avons dû mal nous comprendre… »

En réalité Vos n’avait qu’exploiter la petite maladresse de langage d’Orcus qui invoquait un planning chargé en parlant de mois, cela aux fins que cette échéance, quand bien même le Chancelier venait de la démentir, soit rapportée dans les médias et qu’on dise qu’il en avait été question. La simple évocation de la chose mettrait une petite pression supplémentaire pour voir l’engagement du Chancelier se concrétiser. L’ancien jedi eut un sourire matois, ses yeux brillants d’une lueur malicieuse.

Il assista au départ quelque peu empreint de mauvaise volonté de l’entourage du Chancelier, certains lui jetant un regard peu amène au passage. Décidément les hommes étaient tous les mêmes quel que soit le secteur de la galaxie ou l’espèce, à s’agglutiner autour d’un puissant en essayant de grappiller une part de son influence, perpétuellement jaloux de ce qui pouvait s’interposer entre eux et le prince qu’ils flattaient, quand bien même en l’occurrence ledit prince avait moins de pouvoirs sur ceux qu’il régissait que les potentats mégalomanes de la Bordure Extérieure.

Les questions d’Orcus, qui suivirent, ne manquaient pas d’intérêt. Oui Vos était au courant de l’opinion de son vis-à-vis sur l’Ordre mais cela était une chose de se fier à des rapports d’agents lointains et à des suppositions médiatiques, une autre d’entendre l’homme lui-même exposer ses vues clairement et sans fard avec une sincérité évidente. Dans un sens cette intimité, voire même ce futur antagonisme entre l’Ordre et la République ne pouvait qu’être une bonne chose. En des temps lointains les deux forces étaient presque fusionnées et l’une aurait pu influencer l’autre à l’encontre d’Utopia mais désormais il semblait bien qu’aucune union ne serait possible entre les deux.

Et sans le support de la République et les passes droits qu’ils avaient il y a plusieurs siècles et qui avaient construit l’imaginaire jedi et ses modes d’action, l’Ordre ne pourrait que stagner et décliner et puis, finalement, changer. Et à ce moment-là la voie tracée par Qin apparaîtrait, lumineuse et évidente. Décidément les événements s’enchaînaient d’une façon qui n’était pas pour déplaire à Vos. Que la République le sous-estime, au final il était convaincu d’avoir choisi le bon chemin, quand bien même manifestement ledit chemin laissait son vis-à-vis sceptique.

« - Oh je suis d’accord avec presque tout ce que vous venez dire, si ce n’est que je ne suis plus un jedi et que c’est en essayant d’apporter une vision nouvelle que je me suis trouvé forcer de les quitter. Je pense que vous avez tout à fait raison à leur propos. Voyez-vous dans la République les jedis ne peuvent pas intervenir efficacement et à propos. A mon sens soit ils sont une force permanente et intégrée au gouvernement et peuvent alors être sur le terrain et prendre des décisions qui tiennent compte de l’ensemble de la situation des citoyens de la République en compréhension et en collaboration avec ses agents, et vous excluez cette façon de faire, soit ils sont complétement en dehors. Cependant à l’heure actuelle ils aimeraient être un peu dedans, un peu dehors, tout à la fois, ne pas être responsables des échecs de la République et de la souffrance de nombre de ses habitants mais malgré tout donner des leçons et intervenir quand bon leur chante.

Cette manie de cultiver la distance et de refuser toute responsabilité restrictive en prétendant redresser les torts, d’arriver sur une planète et de repartir aussitôt, ces touches cosmétiques qui ne changent rien aux problèmes, c’est précisément ce que j’ai dénoncé. Il est d’ailleurs assez amusant que vous me voyez tant comme un jedi alors qu’eux même me voient à tout le moins comme renégat, si ce n’est comme un fou dangereux. »


Vos ne pouvait qu’imaginer à quel point certains de ses anciens collègues du Conseil avaient dû, en dépit de leur impassibilité de façade, fulminer d’entendre parler de cette réunion avec le Chancelier Suprême qui sans aucun doute s’était encore plus déconsidéré à leurs yeux en acceptant de donner du crédit à l’infâme perturbateur Qin Vos qu’ils auraient bien aimé enfermer dans une cave scellée si le droit leur en était donné.

« - Quoiqu’il en soit, monsieur le Chancelier, je crois que nous avons avancé aujourd’hui. Nous sommes d’accord pour coexister paisiblement, votre exécutif ne tentera pas d’attaquer le projet que j’anime et moi-même je vous redonne l’assurance de ma volonté d’apaisement et de coopération avec la République. Je crois, en vérité, que les bonnes résolutions prises aujourd’hui vont permettre d’aspirer à une relation saine et plus sincère peut-être qu’entre mon ancien ordre et la République. »

Il y eut encore bien des discussions techniques sur des questions frontalières, le cours de la monnaie utopienne à venir fut évoquée, mais l’entretien s’acheminait vers sa conclusion. Vos avait été parfaitement sincère quand il s’était félicité du bon déroulement de la rencontre. Il était bon de savoir que le Chancelier, s’il ne pouvait être qualifié d’allié, n’était pas un ennemi résolu de ses projets et qu’il ne devrait probablement pas se défendre contre des manœuvres parties de ces bureaux, ou au moins rien qui dépasse la mesure.

Quelques temps plus tard, quand on le raccompagna à sa navette et que d’ultimes salutations furent échangées, Qin Vos arborait un sourire confiant, lissant sa barbe poivre et sel, observant la Cité-Monde s’éloigner avec émotion. Qui sait s’il y reviendrait un jour en des circonstances aussi favorables ? Néanmoins la Force avait été avec lui aujourd’hui et il n’avait aucune raison de croire qu’elle allait l’abandonner de sitôt.
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